<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Romantisme Noir &#187; Musique</title>
	<atom:link href="http://www.romantisme-noir.net/category/musique/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.romantisme-noir.net</link>
	<description>Un blog utilisant WordPress</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Jan 2012 20:10:53 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>La Maison des 1000 Morts</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/78/la-maison-des-1000-morts/</link>
		<comments>http://www.romantisme-noir.net/78/la-maison-des-1000-morts/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2008 11:08:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[video]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.romantisme-noir.net/?p=78</guid>
		<description><![CDATA[Du sang ! de l’actiooon ! du suuuuuspens ! du sexe ! des larmes ! Des nymphomanes quinquagénaires ! des blondes armées d’une hache ! des savants fous morts-vivants ! Du gore et du latex ! Des rednecks maniaques du couteau !  Entrez entrez messieurs dames dans le repaire du clown psychopathe ! Et n’oubliez pas de goûter à notre poulet frit !... Une bande de jeunes s’arrête dans un relai routier tenu par un clown extraverti... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-80" title="devils_rejects" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2008/06/devils_rejects-150x150.jpg" alt="devils_rejects" width="150" height="150" />Du sang ! de l’actiooon ! du suuuuuspens ! du sexe ! des larmes ! Des nymphomanes quinquagénaires ! des blondes armées d’une hache ! des savants fous morts-vivants ! Du gore et du latex ! Des rednecks maniaques du couteau !  Entrez entrez messieurs dames dans le repaire du clown psychopathe ! Et n’oubliez pas de goûter à notre poulet frit !&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Une bande de jeunes s’arrête dans un relai routier tenu par un clown extraverti qui leur fait visiter son train fantôme et leur glisse en passant la légende locale, l’histoire du Docteur Satan, psychiatre dément pendu dans les environs (derrière les arbres, là-bas…) par la population fatiguée de retrouver des malaxés du cortex armés de tronçonneuses dans leurs salons. Les jeunes en vadrouille ont évidemment envie de voir ça de plus près et partent en quête de la potence. Un pneu éclate – pas de chance ou alors des clous, mais survient une blonde pulpeuse à couvre-chef de cow-boy qui leur propose le gite et le couvert. Et les voilà tombés dans un nid de redneck psychopathes…</p>
<p style="text-align: justify;">Premier long métrage du métalleux Rob Zombie, <em>La Maison des 1000 Morts</em> tient le pari risqué du montage passé à la moulinette façon vidéo-clip, du scénario en tiroirs et d’un visuel risque-tout oscillant entre gore, fétichisme &amp; fête foraine pourrissante. L’édifice tient comme un château de cartes, en se payant le luxe d’un crescendo. Chapeau bas pour la cascade. Car il faut avoir avalé quelques centaines de séries B, les avoir compris en profondeur et digérées, pour réaliser un tel patchwork sans se mélanger les coutures. <em>La maison des 1000 Morts</em> est par excellence un film de fan, ultra-référentiel, jonglant avec les styles et les audaces et qui, miracle, réussit brillamment son numéro d’équilibriste.</p>
<p style="text-align: justify;">L’aventure débute en 2001 lorsque les gérants de la New Line voient débarquer dans leur bureau monsieur R. Zombie en personne, un projet de film déjanté sous le bras. Étant donné la réputation du bonhomme et son expérience des clips vidéo qu’il réalise lui-même depuis plusieurs années, ils décident de lui faire confiance, d’autant que le budget qu’il réclame est fort modeste.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais sans doute qu’ils sous-estiment la créativité de leur interlocuteur, au point de lui foutre absolument la paix durant le tournage. Lorsqu’ils découvrent le résultat, et par la même occasion, comprennent que Rob zombie s’est torché le croupion avec le cahier des charges du studio qui préconisait un produit calibré tout public pour Halloween, les pontes de la New Line ont comme des vapeurs… Ils refusent de distribuer le film qui sera finalement récupéré par Lion Gate’s et sortira tamponné d’une interdiction au moins de 17 ans en 2003.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc un film d’auteur, loin du conformisme des studios hollywoodiens que propose <em>La Maison des 1000 Morts</em>. Et bien que Rob zombie ait négligé de mettre des gants pour manier la tronçonneuse, on peut quand même trouver ça beau. A condition évidemment d’être sensible à la poésie d’un slasher déjanté mettant en scène des pecnots sanguinaires, un savant fou mort-vivant looké fetish, des meurtres et des tortures en veux-tu en voilà, le tout orchestré par un clown maléfique…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2008</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.romantisme-noir.net/78/la-maison-des-1000-morts/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Seigneurs du Chaos, par Michael Moynihan &amp; Didrik Soderlind</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/314/les-seigneurs-du-chaos-par-michael-moynihan-didrik-soderlind/</link>
		<comments>http://www.romantisme-noir.net/314/les-seigneurs-du-chaos-par-michael-moynihan-didrik-soderlind/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 11 Aug 2007 20:27:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.romantisme-noir.net/?p=314</guid>
		<description><![CDATA[Moynihan et Soderlind sont des auteurs atteints, comme beaucoup d’autres, par la manie de la filiation patchwork, figure de style apparemment incontournable dans le rock, qui donne l'impression de se retrouver à une cérémonie des Césars. Les quatre premiers chapitres sont ainsi consacrés aux racines du genre. On y apprend que le guitariste Robert Johnson l'un des pères du blues... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-316" title="pentagramme" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/08/pentagramme-150x150.jpg" alt="pentagramme" width="150" height="150" />Le Black Métal dans tous ses Eddas</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Moynihan et Soderlind sont des auteurs atteints, comme beaucoup d’autres, par la manie de la filiation patchwork, figure de style apparemment incontournable dans le rock, qui donne l&#8217;impression de se retrouver à une cérémonie des Césars.</p>
<p style="text-align: justify;">Les quatre premiers chapitres sont ainsi consacrés aux racines du genre. On y apprend que le guitariste Robert Johnson l&#8217;un des pères du blues était suspecté d&#8217;avoir vendu son âme, que les Stones sont forts inquiétants de même que Led Zep et Deep Purple&#8230; On regrette que les auteurs aient oublié de mentionner Annie Cordy qui nous a quand même offert le blasphématoire et antichristique La bonne du curé. En l&#8217;écoutant à l&#8217;envers, on pourrait sûrement déceler « viole et tue Bécassine ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Que le Black Metal s&#8217;enracine dans la tradition du blues n&#8217;est pas faux si l&#8217;on déploie l&#8217;histoire du rock mais l&#8217;historique en question est inutile et parfois inexact. Cette longue introduction n&#8217;a en réalité comme mérite que de souligner une dialectique ambiguë filée tout au long de l&#8217;ouvrage : les auteurs reprennent d&#8217;une main ce qu&#8217;ils donnent de l&#8217;autre. Je m&#8217;explique : dès la préface Moynihan et Soderlind annoncent un parti pris d&#8217;objectivité. On leur aurait même reproché leur complaisance : « <em>Il faut dire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un livre radical, radical au sens propre du terme (qui provient du mot latin &#8216;radix&#8217; signifiant racines). Il explore les racines du sujet de manière objective. Il n&#8217;est pas de notre devoir de porter des jugements sur les sujets abordés [...] Cette réticence à critiquer ouvertement les personnes dont nous parlons et que nous avons interviewées a parfois consterné les critiques&#8230; </em>»</p>
<p style="text-align: justify;">Or, s&#8217;il est vrai que d&#8217;un côté, l&#8217;ouvrage laisse la parole aux musiciens et aux incriminés, évite autant que possible les raccourcis et les explications faciles, multiplie les points de vue et les interviews, d&#8217;un autre côté, il aurait pu s&#8217;intituler « Faits divers plus ou moins rattachés au BM » avec une église cramée en couverture, celle de Fantoft. Les chevaux tirent la carriole à hue et à dia. La prétérition, la prudence et la multiplication des points de vue côtoient un champ lexical où impie, mal, satanique, etc. viennent truffer le texte comme des fruits confits.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai même pensé vous pondre la critique dans la même tonalité, quelque chose comme : « <em>Les deux auteurs au style ampoulé et racoleur parviennent à rester objectifs et honnêtes. Du bon travail. Ce pavé voyeuriste s&#8217;applique en effet à envisager différents angles d&#8217;approches. On pourrait bien sûr dire que c&#8217;est un monument de désinformation où l&#8217;on oublie la musique pour satisfaire un public nourri au scabreux mais nous nous garderons bien de le dire </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Une mention spéciale pour ce passage : « <em>Le black metal reprend la structure de base du heavy metal le plus violent et le transforme en un pur mélange de haine musicale. Afin d&#8217;embrouiller encore plus les auditeurs imprudents, certains groupes de black metal se sont mis à enregistrer de la musique qui pourrait être qualifiée à juste titre de &#8216;belle&#8217;&#8230; </em>». Oooh les fourbes ! Faire de la belle musique pour embrouiller le public !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong>Varg Vikernes, sa vie son œuvre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Un gros tiers de l&#8217;ouvrage est consacré à Vikernes au point qu&#8217;on finit par se demander si après avoir été un groupe à lui tout seul, les auteurs ne tendent pas à en faire l&#8217;incarnation humaine et unique du BM. Pour ceux qui auraient raté cet épisode pourtant fort médiatisé :</p>
<p style="text-align: justify;">En 1984 le guitariste Oystien Aarseth fonde son propre groupe de Métal : Mayhem, et change son pseudo de Destructor pour Euronymous (le prince des morts). A cette époque, Mayhem qualifie sa musique de « Total Death Metal ». Les membres optent pour le look porc-épic et le maquillage panda. Le succès est local mais immédiat.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En 1991, le chanteur, Dead, se suicide en se faisant sauter la cervelle. Il laissera un mot devenu légendaire « désolé pour le sang ». C&#8217;est Euronymous qui découvre le corps. Avant de prévenir les autorités, il prend des clichés du cadavre pour « les utiliser dans le prochain album de Mayhem ». Sur sa lancée, il récupère quelques bouts de crânes pour faire un collier et prélève de la cervelle pour goûter.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire fait le tour du milieu BM norvégien. Le ton est donné et la mort de Dead recyclée en coup médiatique. Dans les interviews, Euronymous prétend que Dead s&#8217;est suicidé à cause de l&#8217;évolution de la scène Death et Black, devenue trop « à la mode ». Il proclame qu&#8217;il faut faire une séparation entre les groupes de vrai Black Metal, et les « poseurs » qui ne respectent pas l&#8217;esprit réellement violent du Metal. Remotivé, il se recolle à son label de disque, qu&#8217;il rebaptise <em>Deathlike Silence Productions</em>, et ouvre également son propre magasin de disques, Helvete, une petite boutique qui sert aussi de point de rencontre à tous les amateurs de Black Metal en Norvège. Le noyau dur des habitués sera appelé le Black Circle.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pendant ce temps, un certain Christian Vikernes (qui fera changer son prénom en « Varg ») monte sous le pseudo de Count Grishnackh sa propre formation, Uruk-Hai. Il rejoint le Black Circle d&#8217;Euronymous avec lequel il sympathise, change le nom du groupe en Burzum, signe avec Deathlike Silence Productions, s&#8217;installe au sous-sol du magasin avec son nouveau pote. Tout se passe bien un temps si ce n&#8217;est que ces joyeux drilles se montent la tronche contre le christianisme et décident de jouer de l&#8217;allumette.</p>
<p style="text-align: justify;">La première église à brûler sera celle de Fantoft, près de Bergen, mais d&#8217;autres suivront. Il faut savoir qu&#8217;en Norvège, la plupart des églises sont en bois &#8211; ça flambe bien, le bois. Euronymous se vante de connaître les auteurs des incendies. Il est arrêté puis relâché faute de preuve, et démontre une fois de plus que tout est recyclable en publicité. Mais ils en font trop. Vikernes et Euronymous donnent ensemble une interview au magazine anglais Kerrang !, dans laquelle ils expliquent ouvertement les activités de l&#8217;Inner Circle, et se définissent même comme faisant partie d&#8217;une organisation nommée « Satanic Terrorists ». Finalement Euronymous sera obligé de fermer sa boutique Helvete.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le 11 août 1993 Oystien Aarseth alias Euronymous est retrouvé mort dans l&#8217;escalier de son immeuble le corps transpercé de 23 coups de couteaux. Après quelques jours d&#8217;enquêtes et de dénonciations Varg Vikernes et son complice Snorre (Thorns) sont arrêtés. Les raisons de ce meurtre restent encore inexpliquées. D&#8217;ailleurs Varg s&#8217;occupe depuis à réécrire l&#8217;histoire, changeant de version tous les deux ou trois ans suivant le fil de sa propre évolution. En 1994, à l&#8217;issue de son procès, Vikernes qui a plaidé l&#8217;auto-défense est condamné à 21 ans de prison pour meurtre avec préméditation, Snorre à 8 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les incendies et les profanations de tombes qui les ont accompagnés véhiculent une idéologie antichrétienne, ce n&#8217;est pas le cas du meurtre d&#8217;Euronymous, règlement de compte personnel, qui a bien entendu était identifié par la presse comme « sacrifice sataniste ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Fidèles à leur parti pris d&#8217;objectivité, nos deux auteurs explorent les motivations de Vikernes, plantent le contexte, donnent la parole aux protagonistes, présentent divers versions, précisent bien que le meurtre d&#8217;Euronymous n&#8217;est pas imputable au BM ni à la religion, qu&#8217;il faut faire la part des choses&#8230; Pour quelques pages plus loin le qualifier de crime « sataniste inhérent au black metal ». It makes me wonder&#8230; Comme dirait le diabolique, impie et maléfique Robert Plant.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong>Satan reconnaîtra les siens</strong></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">En prison Varg Vikernes &#8211; oui, encore lui, entreprend de rédiger le <em>Mein Kampf </em>norrois : <em>Vargsmal</em> (la chanson de Varg), fonde le Front Païen Norvégien, et fait changer son patronyme pour Quisling, le nom du chef d&#8217;état norvégien allié d&#8217;Hitler. Il déclare adorer désormais Odin et&#8230; Vouloir rendre la Norvège aux vikings ? Extrait d&#8217;interview : « <em>Regardez le ciel, il est bleu, la mer est bleue, les fleurs sont bleues et mes yeux sont bleus. Au delà du ciel il y a les étoiles, c&#8217;est la sagesse éternelle (&#8230;) Tout commence par les yeux bleus. Si je regarde des personnes aux yeux marrons, c&#8217;est un peu comme si je regardais leur cul ; le marron c&#8217;est la couleur de la merde</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà scellée la destinée du BM. Il sera païen et raciste. Les interviews de musiciens qui suivent restent plus ou moins dans cette tonalité. Rien d&#8217;original dans les propos tenus. Passons.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le neuvième chapitre est tout entier consacré à l&#8217;étude de l&#8217;<em>Oskoreï</em>, la chasse sauvage ainsi qu&#8217;à l&#8217;analyse lacano-symbolique du prénom Varg (loup, criminel, etc.). Ces passages me laissent perplexe, les auteurs comparent les hordes de beuhmeus déferlant sur le monde avec l&#8217;armée des morts de ce cher Odin. Or cette image n&#8217;est pas spécifiquement scandinave mais plutôt un archétype universel, un cliché de la « sauvagerie », ce qui laisse songeur quant à la pertinence et aux buts de l&#8217;analyse : s&#8217;agit-il de lier ontologiquement l&#8217;imagerie du BM et le paganisme scandinave ?</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ouvrage présente ensuite le cas du meurtre commis par les membres du groupe Absurd que je ne vais pas détailler ici. Une fois de plus, le crime est dû à des motifs personnels et artificiellement rattaché au BM. S&#8217;ensuit un tour d&#8217;Europe des faits divers, quelques profanations par ci, assassinats par là, etc. La rigueur n&#8217;est plus de rigueur. On retrouve le bon vieil esprit tabloïd qui faisait presque défaut jusque là.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong>Wotan en emporte le vent</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">A la question « pourquoi avez-vous brûlé des églises ? », Vikernes répond : « <em>Fantoft (&#8230;) est construite sur un autel païen, c&#8217;est du blasphème. Il y a un cercle naturel là-bas et la croix a été mise par dessus (&#8230;). Voilà pourquoi il faut soutenir les incendies d&#8217;églises car quand une église brûle, on peut se dire &#8216;maintenant on va pouvoir aller explorer ce qu&#8217;il y avait dessous&#8217; </em>».  Et dire qu&#8217;on l&#8217;accuse de malveillance alors que sa seule préocupation est de soutenir le travail des archéologues. Ce que les gens sont médisants !</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui seraient tentés de suivre l&#8217;ami Vikernes sur ce terrain, précisons que les anciens Scandinaves n&#8217;avaient ni temple ni lieu de culte de ce genre, qu&#8217;ils ne connaissaient ni la prière, ni la contemplation et encore moins la méditation&#8230; Fantoft n&#8217;a donc rien remplacé du tout. Leur religion étant devenue extrêmement peu consistante, les Vikings &#8211; marchands par excellence, avaient pris l&#8217;habitude de se soumettre à la Prima Signatio (sorte de baptême au rabais) pour commercer avec les Etats chrétiens; ils connaissaient donc le christianisme avant même la conversion officielle des pays scandinaves. Conversion qui, contrairement à des mythes farouchement défendus par certains néo-païens, n&#8217;a pas été forcée mais librement consentie par les élites scandinaves pour des raisons à la fois économiques, sociales et politiques (voir les études de Régis Boyer à ce sujet).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;une des questions récurrentes de l&#8217;ouvrage : qu&#8217;est-ce qui, dans le contexte religieux norvégien a permis ou favorisé les passages à l&#8217;acte ? Trop de pression ? trop de sel ? pas assez de beurre ? encore un peu de lait ?  Question qui reste sans réponse. Heureusement, parce qu&#8217;on oublie au fil des pages que le « phénomène social », malgré un effet de contagion, reste plutôt isolé. Trois couillons dans une échoppe qui ne savent pas quoi faire de leurs allumettes ne méritent pas une thèse de sociologie. Ensuite parce que si un jour un type trouve la formule miracle, l&#8217;équilibre parfait permettant d&#8217;éviter toute forme de débordement, c&#8217;est moi qui lui fais sauter la tête. Les auteurs se retiennent de proposer une conclusion préférant placer une envolée lyrique sur le feu. En ce qui me concerne, je préférerais quelque chose comme « fuck Vikernes » et vive le Black Metal libre !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-317" title="seigneurs_chaos_couv" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/08/seigneurs_chaos_couv.jpg" alt="seigneurs_chaos_couv" width="193" height="280" /></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Black metal satanique : les seigneurs du chaos</em> est la traduction francaise et l&#8217;édition revue et augmentée du livre original <em>Lord of Chaos : The Bloody Rise Of Satanic Metal Underground</em> écrit par Michael Moynihan et Didrik Søderlind. Sa traduction a été effectuée par Sylvia Rochonnat (de Camion Blanc). Editions Camion Blanc, 2003 (réédition de 1998)</p>
</blockquote>
<p><strong>© Melmothia 2007</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.romantisme-noir.net/314/les-seigneurs-du-chaos-par-michael-moynihan-didrik-soderlind/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Phantom of The Paradise</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/258/phantom-of-the-paradise/</link>
		<comments>http://www.romantisme-noir.net/258/phantom-of-the-paradise/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Aug 2006 12:43:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.romantisme-noir.net/?p=258</guid>
		<description><![CDATA[Je vous propose de découvrir les premières minutes d’un des rares films qui cristallise la naissance du Hard Rock en pénétrant dans la chambre noire où se cache l’œil impie de Brian De Palma. Alors sortez vos pattes d’eph et empruntez au besoin une chemise à col pointu dans la garde robe de Bernard-Henri Levy car nous allons nous replonger dans les seventies autour d’un sujet qui plaira à Cerbère,Je vous propose de découvrir... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-306" title="death_records" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2006/08/death_records-150x150.jpg" alt="death_records" width="150" height="150" />Je vous propose de découvrir les premières minutes d’un des rares films qui cristallise la naissance du Hard Rock en pénétrant dans la chambre noire où se cache l’œil impie de Brian De Palma. Alors sortez vos pattes d’eph et empruntez au besoin une chemise à col pointu dans la garde robe de Bernard-Henri Levy car nous allons nous replonger dans les seventies autour d’un sujet qui plaira à Cerbère, la célèbre pédale wah-wah qui fit roquer l’antre d’Hadès.</p>
<p style="text-align: justify;">L’action de <em>Phantom of the Paradise</em> se déroule au début des années soixante-dix dans les coulisses d’une discothèque que l’énigmatique Swan, 1m,12 les bras levés, dirige d’une main d’enfer. Perché sur des talonnettes à en faire pâlir de jalousie Prince, il est également à la tête de « Death Records », un label estampillé «H5N1» représentant un piaf moribond. Les «Fruits Juteux», le groupe phare dont Swan est le manager, a la banane mûre pour la ringardise et la gomina terne en cette période de transition entre le rock qui oscille des rotules et celui qui frétille de la queue en scandant « sex &amp; drugs &amp; éventuellement rock’n’roll».</p>
<p style="text-align: justify;">Pour redonner un second souffle à son business, il se met en quête d’un nouveau graal sonore pour le concert d’inauguration du temple qu’il veut ériger à la gloire du rock, le « Paradise ». Alors que les auditions semblent avoir révélé autant de talents que le casting de Star Academy et que déjà les balais s’affairent sur scène, Winslow Leach, un compositeur s’empare du piano et interprète le début d’une cantate dédiée à Faust. Swan succombe immédiatement au charme des paroles qui lui rappellent cette soirée mousse dans sa baignoire où il conclut jadis un pacse avec Mephistophélès en échange d’un lifting éternel. Mais Winslow Leach avec ses culs de bouteilles et sa coupe de lévrier afghan a autant de sex appeal que l’humble scribouillard qui vous conte ce récit. Swan décide donc de se débarasser du compositeur et de s’approprier la partition de la cantate pour adapter la musique au goût du jour et surtout la faire interpréter par un groupe plus tendance. Pour faire valoir ses droits, Leach va jusqu’à se travestir en barbie-partouze pour approcher Swan, mais à chaque tentative il se fait expulser manu militari. Entre-temps, il s’est amouraché de Phoenix, une jeune chanteuse qui, pour interpréter une partie de la cantate vendra plus tard sa voix à Swan devenu VRP pour Mephisto. Le manager sans scrupule s’arrange pour qu’on trouve de la blanche dans les poches de l’auteur devenu encombrant, ce qui vaut à Leach le privilège d’aller chanter les portes du pénitencier à Sing-Sing.</p>
<p style="text-align: justify;">Leach, qui lors de son passage par la case prison a perdu ses dents, ses cheveux sans même toucher 10&#8217;000, parvient à s’évader et réapparait quelques temps avant l’ouverture officielle du Paradise avec l’intention de s’adonner aux joies du sabotage. Poursuivi par les vigiles, il glisse malencontreusement et finit la tête la première dans la presse à vinyls qui referme ses mâchoires sur son visage. Outre ses rides, le voilà désormais affublé de sillons à tel point que si un acupuncteur y plaçait une aiguille, ça ferait grammophone. Winslow Leach, défiguré et blessé par balles alors qu’il s’enfuit tombe dans le fleuve pour disparaître à jamais. Du moins sous cette identité là… Au Paradise, alors que les «Fruits Juteux» répètent le morceau emprunté à Leach et qu’ils interprèteront au gala d’ouverture, une ombre à la respiration asmatho-vadorienne se glisse dans les couloirs. De retour, Winslow Leach 2 s’empare d’une cape, d’un masque de métal représentant un oiseau et incarnera le «Phantom», une sorte de super résistant fetish qui terrorisera le Paradise.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pour la première demi-heure du film, je m’arrête là pour ne pas gâcher le suspens à ceux qui ne l’auraient pas encore vu.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Phantom of the Paradise</em>, un opéra rock sorti dans les salles en 1974, synthétise la rencontre cinématographique entre plusieurs mythes ou récits fantastiques. Dans la trame de ce film s’entrecroisent le <em>Faust</em> de Goethe, canevas autour duquel De Palma brode l’intrigue, mais aussi la fibre du <em>Fantôme de l’Opéra</em> de Gaston Leroux, le patchwork humain qu’est le <em>Frankenstein</em> créé par Mary Shelley ou encore le portrait de Dorian Gray brossé par la plume d’Oscar Wilde.</p>
<p style="text-align: justify;">Des Travellings circulaires aux panoramiques à 180°, des mouvements fluides de la caméra aux split-screens, de la violence exacerbée au voyeurisme, autant de marques de fabrique que De Palma réutilisera tout au long de sa carrière et qui rendent son style facilement identifiable.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec Paul Williams qui a composé la BO dans le rôle de Swan, William Finley dans celui de Winslow Leach sans oublier la sublime Jessica Harper qui interprète Phoenix et que Dario Argento rendra immortelle dans <em>Suspiria</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Endemoniada, 2006</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.romantisme-noir.net/258/phantom-of-the-paradise/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Goth, le romantisme noir, Patrick Eudeline</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/178/goth-le-romantisme-noir-patrick-eudeline/</link>
		<comments>http://www.romantisme-noir.net/178/goth-le-romantisme-noir-patrick-eudeline/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2006 20:54:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.romantisme-noir.net/?p=178</guid>
		<description><![CDATA[Abondamment illustré, sorti dans un format qui permet de le recycler en plateau repas, Goth, le romantisme noir se pose d’emblée dans la catégorie livre d’art, pourtant il s’y trouve des articles et, une fois qu’on l’a feuilleté façon catalogue d’expo, on peut toujours les lire. On s’aperçoit alors que le meilleur y côtoie le pire. Du côté du meilleur, « Batcave, les années folles », signé Isabelle Chelley... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-181" title="Eudeline01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2006/08/Eudeline01-150x150.jpg" alt="Eudeline01" width="150" height="150" />Abondamment illustré, sorti dans un format qui permet de le recycler en plateau repas, <em>Goth, le romantisme noir </em>se pose d’emblée dans la catégorie livre d’art, pourtant il s’y trouve des articles et, une fois qu’on l’a feuilleté façon catalogue d’expo, on peut toujours les lire. On s’aperçoit alors que le meilleur y côtoie le pire.</p>
<p style="text-align: justify;">Du côté du meilleur, « Batcave, les années folles », signé Isabelle Chelley propose un résumé intelligent et efficace de l’émergence et de l’évolution du genre. Du suicide de Ian Curtis à la réécriture actuelle du genre par les fetishs et les électros, la journaliste soulève quelques lièvres essentiels comme l’évolution des réactions médiatiques, une décennie pour que les journaleux passent des ricanements à l’alarmisme, ou la récupération improbable de la littérature romantique par des musiciens dont originellement : « <em>le point commun le plus marquant […] n’est pas purement musical mais tient dans le fait qu’ils s’habillent tous en noir, une façon de se distinguer des adeptes colorés, souriants et pailletés du disco</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Même chose pour l’article d’Aliz Tale, « Les goths aujourd’hui », bien documenté et agréable à lire. Ces deux-là sont d’ailleurs agréablement complémentaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Moins réussi, celui où Eudeline se perd en conjectures. A vouloir ratisser large, le voilà occupé à ne pas dire grand chose. Dommage, moi qui avais tellement aimé, à rebours des opinions gotheuses communes, ses interventions radiophoniques et télévisuelles&#8230; Mais après tout, Eudeline, c’est l’homme qui a dit à la radio en parlant des suicidées d’Ivry que, <em>grâce au gothique, elles étaient tombées moins vite</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Après le générateur aléatoire de poésie goth, je suggère de créer le générateur aléatoire d’articles de Bourre : <em>Non, Baudelaire n’est pas mort. Son âme spectrale plane sur les antimondes sauvages où l’armada du diable dans un ricanement explosif brandit la dague rituelle des maudits, là où Gilles de Retz et le Comte de Monte Cristo se baignent dans la lune indomptée près du démon Lilith, dans l’aura vénéneuse et orgiaque du rock’n’roll… </em>Bon d’accord, c’est pas encore très clair, mais c’est la version démo.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre temps, Thierry « le boucanier » nous a raconté une soirée chez les SM, Laurence Romance nous a fait partager sa crise d’adolescence, et Stéphane Heuzé a tenté de nous faire peur en nous résumant <em>Frankenstein</em> et <em>Inferno</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Inégal est définitivement l’adjectif convenant à un ouvrage qui se clôt sur un petit article bien juteux comme on les apprécie dans toutes les minorités qui lavent plus blanc. Dans le monde merveilleux et sucré des dark bisounours où tout le monde paie ses impôts et reste poli avec la concierge, on a compris que, pour mieux s’en débarrasser, il fallait passer le flambeau de l’abjection à quelqu’un d’autre. Comme toujours le Black Metal va jouer son rôle de bouc émissaire. Cinq pages grand format pour dire qu’on ne veut pas de ça chez nous, que les beuhmeus, c’est rien que des sataniques qui brûlent des églises, qu’ils sont sales, malpolis et transmettent des maladies. En guise d’argument, on nous ressort l’épouvantail Vikernes. Mais que fait la police ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>© Melmothia, 2006</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-182" title="cri_Eudeline01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2006/08/cri_Eudeline01.gif" alt="cri_Eudeline01" width="137" height="220" /></strong></p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Goth, le romantisme noir</em>. Par Patrick Eudeline. Editions Scali, 2005</p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.romantisme-noir.net/178/goth-le-romantisme-noir-patrick-eudeline/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Gothic, La Culture des Ténèbres, Gavin Baddeley</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/324/gothic-la-culture-des-tenebres-gavin-baddeley/</link>
		<comments>http://www.romantisme-noir.net/324/gothic-la-culture-des-tenebres-gavin-baddeley/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 11 Jun 2005 21:42:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.romantisme-noir.net/?p=324</guid>
		<description><![CDATA[Commençons par le début : l'introduction. On y découvre tout un tas de choses notamment une étonnante filiation entre les batcaves et les wisigoths, ostrogoths et autres peuples se terminant en -go. L'auteur a apparemment épluché l’Encyclopedia Universalis et décidé de nous en faire profiter : l’architecture gothique, la culture médiéval, les danses macabres, les dandys, Burke,  le roman gothique... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-332" title="GothicBaddeley01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2005/06/GothicBaddeley01-150x150.jpg" alt="GothicBaddeley01" width="150" height="150" />Commençons par le début : l&#8217;introduction.<em> <span style="font-style: normal;">On y découvre tout un tas de choses notamment une étonnante filiation entre les batcaves et les wisigoths, ostrogoths et autres peuples se terminant en -go. L&#8217;auteur a apparemment épluché l’<em>Encyclopedia Universalis</em> et décidé de nous en faire profiter : l’architecture gothique, la culture médiéval, les danses macabres, les dandys, Burke,  le roman gothique, tout y passe &#8211; là où je suis tout à fait d’accord avec Baddeley, c’est que Walpole est absolument imbuvable. Lui-même affirme « <em>j’ai écrit le château d’Otrante en deux mois </em>». Voilà, on comprend mieux. Arrivé à la moitié de l&#8217;intro, on remercie le ciel que le terme gothique n&#8217;ait pas été davantage employé sans quoi on aurait droit à des recettes de cuisine et pourquoi pas une bestiole : le </span>gothique<span style="font-style: normal;">, petit mammifère des caraibes, etc. photos à l’appui. En passant, on apprécierait que le monsieur sorte la main de son slip en écrivant parce que ça se voit, « <em>L’innocence et la vertu sont le parchemin vierge sur lequel les sceaux du péché s’inscrivent en larges arabesques rouges comme le sang et noires comme la nuit </em>», fallait l’écrire celle-là, et surtout fallait oser la signer. Mais au moins, ça change de Paul Aries, Baddeley aime son sujet, et j’avoue, j’ai une certaine tendresse pour les auteurs qui rédigent en érection.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce que le gothique doit au romantisme, à Sade, au décadentisme n’est pas un scoop mais j&#8217;en viens à m&#8217;interroger sur la pertinence des définitions foncièrement référentielles. Le goth est ainsi parce que Huysmans, parce que Blake et parce que Poe, c&#8217;est bien joli et ça donne du goût au potage mais il faudrait peut-être questionner cette manie de la filiation. Goethe a failli s&#8217;étrangler quand on l&#8217;a traité de précurseur des romantiques, je me demande la tête que ferait Shakespeare si on lui disait que son oeuvre a tracé la voie à Siouxie and the Banshees.  Cela dit, ce n&#8217;est pas non plus faux. Le terme gothique, quand on y réfléchit, a toutes les chances de venir en ligne droite de l’imaginaire romantique avec sa manie d&#8217;aller à rebours. C’est la même réaction qui quelques années plus tôt poussait déjà Walpole et ses amis à plonger la tête dans des souterrains éclairés à la bougie. Il faut dire que Voltaire et La Mettrie, vu de près, ça fait pas envie. Alors, on se réclame du rêve, de la passion par opposition à la raison, on brandit la gratuité contre le progrès et le culte de l’utile. Il est évident que les goths contemporains participent de ce même regard en arrière. Ce qui n’a jamais cessé de me laisser perplexe : on louche quand même vers un époque et des gens qui louchaient vers une autre époque en se disant que c’était mieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Chapitre III nous livre plein de nouveaux détails croustillants sur les meutres d’Ed Gein (C’est fou le potentiel de détails croustillants des meutres d’Ed Gein) et sur la vie de Lovecraft qui était semble-t-il encore plus abîmé que je ne le pensais &#8211; et pourtant je lui octroyais une belle marge.  Tout cela est fort intéressant même si on ne voit toujours pas le rapport avec le sujet principal. A moins que ce ne soit une sorte de réponse à « mais que lisent les gothiques ? ». En passant, Baddeley nous rappelle que bien injuste est le sort envers cette pauvre Anne Rice dont le talent littéraire n’est pas reconnu à sa juste valeur ! On a dit de cette brave femme qu’elle écrivait de la pornographie. En ce qui me concerne, je reprends volontiers cette critique au sens large ; elle n’a pas enrichi un mythe, elle l’a défloré, pour ne pas dire qu’elle lui a mis les tripes à l’air. De l’érotisme en demi-teinte et ambivalent qui flottait dans les histoires de vampires du XIXe, elle nous a fait un sitcom avec chanteur de boys band, quelque chose de lisse, prêt à la consommation plein de frou-frous et de morsures propres (il est beau mon vampire, il est blond, il sent bon le tombeau frais). Après le gros plan sur les canines à la Hammer et le zoom sur les couilles à la Rice, il va lui rester quoi à montrer à ce pauvre mythe ? En tirant un peu sur l’idée et pour faire un lien que Baddeley néglige, on pourrait penser que le même effeuillage est à l’œuvre chez les goths, depuis dix ans, on croise beaucoup moins de dentelles que de sous-vêtements dans les soirées. D’un érotisme implicite à un érotisme affiché, ou pour ainsi dire, des préliminaires à l&#8217;acte&#8230; or, on sait où tout ça mène, à un moment donné ou un autre, à la débandade. </p>
<p style="text-align: justify;">Le Chapitre suivant nous raconte le gothique à la télé et à la radio. « Quelle peut être l’importance du tube cathodique dans un culture qui idolâtre le passé, se languit d’une époque éclairée à la bougie », héhéhé, se questionne l’auteur en une pirouette rhétorique qui me laisse rêveuse. De <em>The Crow</em> à l’<em>Exorciste</em> en passant par <em>Buffy</em> et la F<em>amille Addams</em>, Gavin Baddeley nous offre un panorama du cinéma fantastique sans jamais se poser une seule fois le problème du « genre ». Evidemment le point commun entre tous ces objets jetés dans le chaudron, le <em>gothisme</em>, réel ou supposé, ne se laisse pas saisir facilement, mais à défaut d’une définition, Baddeley aurait pu tenter une approche, ou expliquer en quoi la démarche était délicate, plutôt que de nous offrir un catalogue. Or, en général, les choses se déploien ainsi : au commencement se trouve l’œuvre, quelque chose qui se constitue déjà par filiations et/ou par oppositions, en regardant vers le passé et/ou l’avant-garde (ce qui revient au même) qui a donc une vague parenté par ci par là, les yeux de mamies et les cheveux du tonton tout en ne ressemblant vraiment à personne. Cependant, l’œuvre est rarement isolée, elle éclôt dans l’air du temps, au milieu d’œuvres cousines qui partagent avec elle certains goûts et certaines humeurs. Lorsqu’on dispose de suffisamment d’œuvres pour faire un bouquet, les critiques se mettent à compter les pétales, mesurer les tiges, et finissent par appeler ça un « genre » bien qu’entre temps aient éclôt des formes mutantes qui ressemblent à leur mère mais ne sont pas tout à fait les mêmes. On peut passer des heures ainsi à se demander qui fera ou ne fera pas joli dans le vase. Les littéraires y excellent.  Entre temps, les géniteurs de la première oeuvre ont eux-mêmes évolué et fait pousser de nouvelles oeuvres qui ont modifié le <em>genre</em>. Ce qui n&#8217;empêche personne de continuer à assembler les fleurs par ressemblances de plus en plus vagues, etc. A la fin, on sent bien qu’il y a un air de famille mais on ne sait plus trop bien quoi. </p>
<p style="text-align: justify;">Voilà, je vous ai fait la version bucolique de la problématique des genres. Comment on s’en sort, me direz-vous ? Ben on s’en sort pas. Un genre est quelque chose de mal défini et de poreux ; d’ailleurs quand on a fini d’empaqueter le bouquet, arrive la jeune génération qui crache sur tout ça, va ramasser un poignée de graines un siècle ou deux en arrière, déclare que c’est tout neuf et renouvelle à peu près le paysage.  Dans cette perspective, Baddeley n’a pas tout à fait tort de nous montrer son joli herbier à condition d’en expliquer la nécessité et les limites, ce qu’il ne fait pas.  </p>
<p style="text-align: justify;">On arrive finalement à la musique. Epluchage en règle des fondateurs du mouvement. Mais, comment ça, les fondateurs du mouvement ? On nous a dit deux chapitres plus haut que c’étaient Walpole et Radcliffe… ? Non, j’ai pas bien compris ? Ah, c’était pas le même gothique ! Moi qui étais persuadée que Baudelaire avait piqué les new rocks d’Edgar Poe. Zut alors ! Je me suis mélangée les ostrogoths. D’accord je suis un tantinet médisante mais au bout d’un moment, on a l’impression que « goth » fonctionne un peu comme « schtroumpf ». Concernant l’émergence du genre musical, le couplet sur les inspirateurs des inspirateurs ne nous sera pas épargné : Jim Morrisson, les Cramps et Alice Cooper font un tour de piste. Et puis, nous voilà à l’ère moderne, pas la meilleure si on regarde les photos, ma préférée restant la femme en bottes, masque et corset panthère avec un collier de chien de la p. 260, le sommet du bon goût mais c’est connu : le graou-graou c’est toujours classe. Pour Baddeley, le gothisme actuel se définit par le tryptique : vampirisme/fétichisme/néo-paganisme. Donc vous avez bien compris ? Il faut danser dans les bois déguisées en saucisses, mesdemoiselles, comme ça le vampire romantique, dépressif et blafard, à défaut de sang, il aura au moins son boudin.  </p>
<p style="text-align: justify;">La conclusion de l&#8217;ouvrage nous révèle que  :  «<em>Dans notre culture nivelée par le bas, le gothique reste le seul culte jeune pouvant se vanter de posséder une tradition littéraire et artistique qui lui soit propre ; il a survécu aux pièges du sybaritisme qui menacent la jeunesse et s&#8217;est transformé en un mode de vie et une esthétique viables. Il ne s&#8217;est pas contenté de tolérer la diversité sociale et la déviance, il les a célébrées longtemps avant que la mode n&#8217;ait rendu de telles attitudes populaires. Notre monde grisâtre devient de plus en plus homogène et mercantile, alors que le goth exalte l&#8217;ésotérique et l&#8217;exceptionnel. Sa légèreté, sa théâtralité et son amour de l&#8217;occulte en font un affront direct à la culture consumériste engourdie et à la rigide éthique du travail. À ceux qui avancent que porter un intérêt au sexe et à la mort est un peu inquiétant, je riposte que ne pas éprouver de fascination pour ces deux sujets, l&#8217;érotisme célébrant la vie et le destin inévitable qui est notre lot commun, est encore bien plus inquiétant. Que peut-il exister de plus captivant que la zone où ces deux forces opposées de l&#8217;existence entrent en collision ?</em>» Vous voulez mon avis ? Je pense plutôt qu&#8217;<em>o</em><em>n est une bande d&#8217;imbéciles, Idéal simplifié… la lala…   </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>© Melmothia 2006</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-333" title="GothicBaddeley02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2005/06/GothicBaddeley02.jpg" alt="GothicBaddeley02" width="224" height="282" /></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Gothic, La culture des ténèbres</em>, Gavin Baddeley, Editions Denoël X-treme (Traduction française 2004) </p></blockquote>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.romantisme-noir.net/324/gothic-la-culture-des-tenebres-gavin-baddeley/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

