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	<title>Romantisme Noir &#187; Littérature</title>
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		<title>Le Djinn, Graham Masterton</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Nov 2010 19:20:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Djinn est une histoire de jarre plutôt cruche, dont le héros n’est autre qu’Harry Erskine, le vrai-faux voyant du roman Manitou, écrit par Masterton deux ans plus tôt. Hélas, notre détective du paranormal semble frappé d’amnésie puisqu’il passe une partie du texte à douter de la puissance maléfique du djinn confiné dans une jarre, elle-même cloîtrée dans une tour... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/djinn_vignette.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-682" title="djinn_vignette" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/djinn_vignette.jpg" alt="" width="195" height="195" /></a>Le Djinn</em> est une histoire de jarre plutôt cruche, dont le héros n’est autre qu’Harry Erskine, le vrai-faux voyant du roman <em>Manitou</em>, écrit par Masterton deux ans plus tôt. Hélas, notre détective du paranormal semble frappé d’amnésie puisqu’il passe une partie du texte à douter de la puissance maléfique du djinn confiné dans une jarre, elle-même cloîtrée dans une tour,  enclavée dans une propriété isolée. Malgré ça, les protagonistes se questionnent sur l’étanchéité du dispositif. Autant prendre les devants. Ouvrira, ouvrira pas la porte de la tour est donc toute la question de ce roman qui s’essouffle à mi-parcours. En attendant, la nuit est pleine d’ombres. Est-ce tante Marjorie ? La gouvernante aussi moche que suspecte ? Tonton qui vient de s’arracher la peau du visage ? Ou encore Ali Baba, le magicien ayant originellement invoqué le djinn ?</p>
<p style="text-align: justify;">Plutôt que les 40 « voleurs de vie » promis dans le roman, un mauvais esprit trouverait au <em>Djinn</em> 40 pages en trop, même si les 40 viols de la bonne, pendant la dernière ligne droite, parviennent à faire entrouvrir un œil au lecteur.  Enfin ,  &#8211; pardon pour le spoiler &#8211; n&#8217;étant plus à un escamotage près, pour refermer son pot à djinn, Masterton nous gratifie d’un final à la Molière où chaque protagoniste se révèle être le descendant d’un personnage de la légende originelle dans laquelle il finit par retrouver avec plus ou moins de bonheur (plutôt moins) sa place.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extrait (début du roman) :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Une journée de mi-août, étouffante. Rassemblés au cimetière des Champs Paisibles dans nos costumes sombres trop épais, nos cols trop serrés et nos cravates noires, nous avions tout d&#8217;un bataillon de homards endimanchés frisant l&#8217;apoplexie. Au cinéma, les enterrements se déroulent toujours sous des trombes d&#8217;eau et des parapluies noirs. Les larmes se mêlent à la pluie. Si des larmes coulaient à cette cérémonie &#8211; je n&#8217;en remarquai pas &#8211; elles étaient intimement mêlées à une sueur dénuée de tout sentiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette assistance, le défunt était probablement la seule personne à l&#8217;aise. Il était allongé dans un coûteux cercueil de chêne verni clair, aux poignées artistiquement travaillées. Lis, roses et orchidées étaient massés sur le couvercle. Cela tenait davantage d&#8217;une exposition florale sans gaieté que d&#8217;un enterrement. En dépit de nos visages affligés, nous ne pensions tous qu&#8217;à ensevelir notre défunt en vitesse afin de nous hâter vers une autre sorte de bière&#8230; bien fraîche.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pasteur débita les paroles habituelles devant la tombe ouverte. La veuve se tamponna les yeux avec un petit mouchoir de dentelle. Le cercueil descendit dans le sol desséché. Mal à l&#8217;aise, nous jetâmes des poignées de terre sur le couvercle. Je jetai la mienne doucement, pour ne pas le déranger. Il était bien mieux là où il se trouvait ».</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Deuxième extrait (chapitre 8 ) :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Pendant un instant, je crus que les tentacules du djinn, allaient m&#8217;entourer et me brûler vif avec leurs morsures. Mais le visage recommença lentement à se dissoudre et le djinn s&#8217;éloigna de moi en glissant. En longues spirales pâles, presque caressantes, il roula à travers la pièce et se mit à envelopper Miss Johnson, agenouillée au milieu de flaques de son propre sang et secouée par une sorte de transe hystérique et démente.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière moi, Qualt me prit par l&#8217;épaule et me tira vers la porte. Mais l&#8217;un et l&#8217;autre avions les yeux rivés  sur le djinn s&#8217;enroulant en torsades compliquées autour de Miss Johnson. Elle leva la main et le caressa, puis blottit son visage contre lui, comme une femme se blottit contre son amant. Ses hanches prirent un rythme lent. Elle arracha les quelques lambeaux sanglants de tissu dont elle était encore couverte.</p>
<p style="text-align: justify;">Terrorisés, nous regardions le djinn l&#8217;entourer et commencer à se glisser entre ses cuisses écartées. Miss Johnson haletait, gémissait. Les tentacules huileux du djinn étaient pâles et musclés. De sa main intacte, elle ouvrit sa vulve pour permettre à l&#8217;hideux tentacule d&#8217;y pénétrer. Nous vîmes le djinn forcer des mètres d’ectoplasme dans le corps de Miss Johnson. Puis elle poussa un tel cri de douleur que nous nous retournâmes, malades d&#8217;impuissance écœurée ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/Djinn_couv.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-683" title="Djinn_couv" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/Djinn_couv.jpg" alt="" width="250" height="410" /></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Djinn</em> (titre original : <em>The djinn</em>), par Graham Masterton. Traduction française Marie Rosenthal. Pocket, 1992.</p>
</blockquote>
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		<title>Gerard de Nerval, par Le Tigre</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Sep 2010 13:07:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[News du Net & Ressources]]></category>

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		<description><![CDATA[1808. Gérard Labrunie naît. Il joue dans le clos de Nerval, un champ appartenant à son grand-père. A six ans, il tombe dans une rivière ; sa montre périt. Il danse avec une petite fille du hameau voisin, blonde, grande, grasse, belle. Il crie Racine est un polisson ! à la Comédie-Française et rime en -goth à la mode Wisigoths : escargoth, berlingoth, marigoth... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/09/Gerard_de_nerval1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-612" title="Gerard_de_nerval1" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/09/Gerard_de_nerval1-226x300.jpg" alt="" width="226" height="300" /></a>Je me permets d&#8217;emprunter cette brève et inspirée biographie de Gérard de Nerval au &laquo;&nbsp;curieux magazine curieux&nbsp;&raquo; <a href="http://www.le-tigre.net/" target="_blank">Le Tigre</a>. </em></p>
<p style="text-align: justify;">1808. Gérard Labrunie naît. Il joue dans le clos de Nerval, un champ appartenant à son grand-père. A six ans, il tombe dans une rivière ; sa montre périt. Il danse avec une petite fille du hameau voisin, blonde, grande, grasse, belle. Il crie <em>Racine est un polisson !</em> à la Comédie-Française et rime en -<em>goth</em> à la mode Wisigoths : <em>escargoth, berlingoth, marigoth, argoth, Victor Hugoth</em>&#8230; Dans son nouvel appartement parisien, ses amis peintres peignent qui une Bacchante tenant en laisse des tigres, qui un moine rouge lisant la Bible sur la hanche d’une femme nue. Nerval achète un splendide lit Renaissance <em>pour y coucher son imagination</em>, cependant que lui dort par terre. Nerval voyage dans les Flandres avec Théophile Gautier : il marche très vite, <em>comme une autruche, Gautier bien loin derrière en soufflant comme un dogue qui a avalé une fourchette en léchant un chaudron</em>. Nerval dit au soleil couchant : <em>Bonne nuit, mon vieux, à demain</em>. Entré chez un antiquaire avec 1200 francs, il en ressort avec 1000 francs de dettes, des meubles et une veste à la mode. Nerval raconte aux enfants d’Alexandre Dumas l’histoire du Roi des taupes. Nerval croise une énième blonde au nez aquilin et <em>au col de pigeon gros et gras</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">1841 : Première crise de folie. Nerval promène un homard vivant au bout d’un ruban bleu dans les jardins du Palais-Royal.</p>
<p style="text-align: justify;">1843 : Nerval voyage en Egypte. Il a emporté un appareil de daguerréotypie. Au Caire, Nerval s’achète un manteau en poil de chameau, une esclave javanaise de dix-huit ans et une basse-cour. Retour en Europe. Ayant coincé un pan de sa redingote dans les battants d’une porte cochère, Nerval fait semblant d’être adossé et de lire un petit agenda. Nerval préface <em>Les Ballons, histoire de la locomotion aérienne</em> de Félix Tournachon dit Nadar. Place du Carroussel à Paris, chaque matin, Nerval converse avec les perroquets des heures entières. Il leur apporte parfois des cerises. Le kakatoès, pour le remercier, prend une posture acrobatique.</p>
<p style="text-align: justify;">1853, l’année de la folie, Nerval se dit : <em>Je me dis : la nuit éternelle commence, et elle va être terrible. Que va-t-il arriver quand les hommes s’apercevront qu’il n’y a plus de soleil ? </em>Il confond un facteur avec Jean de Bourgogne. Observe les ébats de l’hippopotame du Jardin des Plantes, à qui il jette son chapeau en pâture. Mais Nerval voyage : <em>on ne me trouve pas fou en Allemagne</em>. De retour, lors d’un séjour volontaire à la clinique du docteur Blanche, il est torturé par les infirmiers. Nerval s’enfuit. S’habille en chemise dans le grand froid tonifiant, car <em>les Lapons ne sont jamais malades</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 24 janvier 1855, il écrit : <em>Ne m’attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche</em>. Nerval, quarante-sept ans, est retrouvé pendu dans une ruelle. Son squelette, exhumé en 1867 suite à l’expiration de la concession décennale de l’emplacement, fut replacé dans un cercueil d’enfant, au Père-Lachaise. On a oublié de graver son nom sur la tombe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Publié dans le numéro VIII (mars-avril 2008) du magazine <em>Le Tigre</em>. </strong><a href="http://www.le-tigre.net/" target="_blank"><strong>Visiter le site du magazine</strong></a><strong>.</strong></p>
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		<title>Effraction mentale, Joachim Körber</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 08:38:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Fraîchement débarqué d’Allemagne avec sa fille Amy, pour mener des recherches en parapsychologie dans un institut américain perdu au milieu du désert, le docteur Stefan Hellmann découvre qu’on lui caché des informations sur son prédécesseur, un certain Wentworth censé avoir démissionné...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/Effraction_couv02.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-559" title="Effraction_couv02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/Effraction_couv02-300x300.jpg" alt="" width="240" height="240" /></a>Fraîchement débarqué d’Allemagne avec sa fille Amy, pour mener des recherches en parapsychologie dans un institut américain perdu au milieu du désert, le docteur Stefan Hellmann découvre qu’on lui caché des informations sur son prédécesseur, un certain Wentworth censé avoir démissionné quelques semaines plus tôt. Il n’aura pas besoin de chercher longtemps ni très loin, puisqu’il retrouve quasiment illico le cadavre du type à la morgue, le cerveau grillé comme un chamallow.</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant que papa enquête, Amy rêve. D’un bel adolescent prisonnier dont elle tombe amoureuse. Problème : ne serait-ce pas un stratagème de la « bête », le monstre capable de tuer par télépathie enfermé au sous-sol de l’hôpital ?</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré quelques lourdeurs de style, peut-être dues à la traduction de l’allemand, <em>Effraction mentale</em> est un roman plutôt agréable à lire ; mais, comme dans nombre de textes du genre, une fois les pièces du puzzle assemblées, le dénouement chipote avec des rebondissements énervants. Le duo de héros, Stefan et sa collègue Jill, avec laquelle il noue l’incontournable histoire d’amour à la moitié du récit, se retrouve enfermé dans le centre avec des militaires très antipathiques aux trousses. Coucou, je t’ai désarmé, coucou tu ne me trouveras pas, ah, zut le flingue a encore changé de main&#8230; Après de longues pages où les personnages jouent aux chaises musicales sur la place du condamné, le shérif du coin, Amy, et le chien Wolf arrivent à la rescousse et l’action rebondit encore et encore.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extrait du chapitre 9 :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La cabine s&#8217;immobilisa. L&#8217;obscurité filtrait sous la rainure de la porte qui s&#8217;ouvrit sur des ténèbres impénétrables. La faible lueur du plafonnier de la cabine dessinait un demi-cercle de deux mètres à peine au-delà de la porte. Partagé entre l&#8217;envie de tout laisser tomber et celle d&#8217;élucider ce mystère, Hellman s&#8217;avança et tâtonna des deux côtés de la porte, à la recherche d&#8217;un interrupteur. Il ne trouva que le bouton d&#8217;appel de l&#8217;ascenseur.</p>
<p style="text-align: justify;">Il resta immobile, indécis. L&#8217;atmosphère était étouffante, comme si les masses de pierre et de sable qui entouraient le sous-sol faisaient pression sur les murs. Hellmann se rappela les paroles de Ramon. Il n’y a qu&#8217;un couloir qui conduit de l&#8217;ascenseur à la morgue. La porte est juste en face de l&#8217;ascenseur ; il suffit d&#8217;aller tout droit jusqu&#8217;à la porte suivante. On ne peut pas se perdre.</p>
<p style="text-align: justify;">Hellmann inspira profondément et s&#8217;avança résolument dans les ténèbres. Il entendit le chuintement de la porte de l&#8217;ascenseur qui se refermait, le coupant du monde, irrévocablement. Il avait du mal à s&#8217;orienter dans le noir, mais s&#8217;efforçait de marcher en ligne droite pour ne pas manquer la porte d&#8217;en face. Au bout de dix pas, il se retourna. La petite lampe surmontant la port de l&#8217;ascenseur était son seul repère, étoile du Berger : vacillante dans un espace insondable. Il fit encore deux pas. La lueur disparut. Hellmann tendit les mains devant lui, craignant de se cogner dans la porte qui devait être en face de lui. Il sentait ses jambes se mouvoir, mais en l&#8217;absence de tout repère, il était dans l&#8217;incapacité de dire s&#8217;il avançait vraiment. Trente pas Trente-cinq. A quarante, sa main droite rencontra une surface de métal poli. Il l&#8217;effleura et finit par rencontrer une poignée.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la première fois, l&#8217;idée qu&#8217;il pouvait y avoir quelqu&#8217;un à la morgue lui traversa l&#8217;esprit. Comment expliquer sa présence? Mais dans ce cas, il y aurait sûrement eu de la lumière.</p>
<p style="text-align: justify;">Il abaissa la clenche, poussa la lourde porte. Elle donnait sur un autre couloir. De part et d&#8217;autre, des veilleuses de faible puissance jalonnaient les murs. Elles semblaient se rapprocher et se fondre au loin en une seule ligne lumineuse. Au bout d&#8217;une vingtaine de mètres, il arriva à une deuxième porte métallique. Laquée de blanc, elle se détachait comme un spectre dans la pénombre. Il distingua les lettres PATHOLOGIE – d’un noir profond, comme des trous gravés à l’acide dans une plaque d’émail.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/Effraction_couv.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-560" title="Effraction_couv" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/Effraction_couv.jpg" alt="" width="250" height="410" /></a></p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Titre original : <em>Wolf</em>, Joachim Körber. Traduction française par Odile Demange : <em>Effraction mentale</em>, Joachim Körber, 2002 (Pocket, 9286 &#8211; Collection Terreur).</p>
</blockquote>
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		<title>Pascal Blanchard</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/520/pascal-blanchard/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 11:14:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis son plus jeune âge , Pascal Blanchard entretient un lien particulier avec l’écriture, notamment la poésie. Aujourd’hui il diffuse une littérature différente et développe des thèmes trop peu représentés comme l’ésotérisme ou la superstition. Né à « Le Mans », il comprend l’importance de l’art scriptural... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/Blanchard001.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-523" title="Blanchard001" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/Blanchard001-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Depuis son plus jeune âge , Pascal Blanchard entretient un lien particulier avec l’écriture, notamment la poésie. Aujourd’hui il diffuse une littérature différente et développe des thèmes trop peu représentés comme l’ésotérisme ou la superstition.</p>
<p style="text-align: justify;">Né à « Le Mans », il comprend l’importance de l’art scriptural lorsque son premier poème est publié, il n’a alors que dix ans. Depuis, cette mise en forme des mots ne l’a jamais quitté. Il continuera son parcours en écrivant des articles et proses pour le fanzine d’une association étudiante et quelques proses ou contes pour enfants. C’est tardivement qu’il décide de présenter ses recueils.</p>
<p style="text-align: justify;">Après un parcours professionnel atypique, il joue les autodidactes. Tour à tour gendarme, représentant, tourneur ou agent de sécurité incendie, il décide finalement de mettre ses talents à disposition. Son style particulier est issu d’un mélange entre fiction et réalité, le tout saupoudré d’une ambiance dix-huitième siècle indissociable de ses histoires.</p>
<p style="text-align: justify;">Il se présente ainsi : « <em>Depuis mon plus jeune âge j’entretiens un lien particulier avec l’écriture et l’imagerie. Photographe et poète je fais en sorte de partager un peu de rêve ou de mystère. J’ai également partagé pendant quelques années le milieu des jeux de rôle où j’écrivais des scénarios. Plus tard je me suis consacré à la poésie et en parallèle j’ai développé mon propre style avec un univers gothique nuancé de romantisme noir ou caricaturé </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez vous procurer ses deux recueils en cliquant sur les liens :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.bod.fr/index.php?id=1786&amp;objk_id=235832" target="_blank"><strong><span style="color: #333399;">Le puits des âmes</span></strong></a><strong><span style="color: #333399;">.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Le puits des âmes » est un recueil de poèmes s’inscrivant dans une mouvance gothique et romantique. Il est également question de patrimoine ésotérique, d’histoires intimistes ou de noirceur stylisée. Le tout est raconté à travers des personnages anonymes baignés dans une atmosphère souvent tourmentée. Cette poésie est un espace dédié au surnaturel et aux superstitions de nos campagnes. Quelques poèmes abordent bien sûr des thèmes traditionnels afin d’opérer un contraste avec des sujets parfois sombres et métaphysiques. L’ensemble présente des sentiments extrêmes, des émotions et des tranches de vie de gens ordinaires. L’auteur tente d’amener le lecteur à réfléchir sur la part de réalité et d’irrationnel qui inondent notre environnement. Le but de cet ouvrage était de dresser une liste de ce que l’être humain est capable d’engendrer, le pire comme le meilleur.</em><a href="http://www.bod.fr/index.php?id=1786&amp;objk_id=235832"><br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-524" title="le puits des ames" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/le-puits-des-ames.jpg" alt="" width="159" height="252" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.paulo-ramand-editions.fr/detail_livre.php?recordID=121" target="_blank"><strong><span style="color: #333399;">Coeur de profane</span></strong></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il avait peur de parcourir les pages De son vieil ouvrage Qu’il croyait, doué de raison, Capable de composer seul ses oraisons. Chaque fois qu’il voulait consulter, Il prononçait diverses incantations, Afin de suivre une lecture sans exactions, Sans qu’il ne fasse un nouveau trépassé. Il déchira une à une les feuilles du livre, Et les jeta dans les eaux du fleuve. Simplement parce qu’il voulait survivre Et oublier au plus vite ces épreuves. Il fut pris d’un profond désespoir Lorsqu’il vit intact sur l’écritoire, Ce qu’il crut ne jamais revoir, Accablé, il attendit le soir.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.paulo-ramand-editions.fr/detail_livre.php?recordID=121"><img class="size-full wp-image-525 aligncenter" title="coeur de profane" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/coeur-de-profane.jpg" alt="" width="197" height="317" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extrait :</strong></p>
<p style="text-align: center;">LE SOURIRE DU PROFANE</p>
<p style="text-align: center;">Il arpente les allées, battant le pavé</p>
<p style="text-align: center;">Avec un regard envisageant le péché.</p>
<p style="text-align: center;">Marchant le long des cimetières,</p>
<p style="text-align: center;">Il ne laissait derrière lui qu’une ombre austère.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: center;">Il cherche la tombe qu’il ouvrira lentement</p>
<p style="text-align: center;">Afin de déposer un bouquet de roses noires</p>
<p style="text-align: center;">Sur un corps à l’écart du temps.</p>
<p style="text-align: center;">Puis il regarde son œuvre en attente de gloire.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: center;">Lorsque la nuit tombe, il devient chasseur.</p>
<p style="text-align: center;">Refusant la peur, il ne connaît que fascination,</p>
<p style="text-align: center;">Écarte la stèle avec cœur et ardeur</p>
<p style="text-align: center;">Et s’agenouille avec une certaine émotion.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: center;">Priant son dieu d’un mystérieux cantique</p>
<p style="text-align: center;">Il tente avec quelques outils, de percer le secret.</p>
<p style="text-align: center;">Il s’enivre de rites qu’il prétend initiatiques,</p>
<p style="text-align: center;">Profitant du plaisir renouveler après chaque méfait.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: center;">Il préfère les sépultures recouvertes de lierre</p>
<p style="text-align: center;">Et commet son acte avant que les roses ne fanent.</p>
<p style="text-align: center;">Chaque nuit il se dit pourtant que c’est la dernière,</p>
<p style="text-align: center;">A ce moment, l’on peut entrevoir le sourire du profane.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez également visiter son site de photographies dont est extraite l&#8217;illustration de l&#8217;article : <a href="http://blanchardphotographie.fr/index.html" target="_blank">Pascal Blanchard Photographies</a>, son blog photographique : <a href="http://pblanchard.blog4ever.com/blog/index-355507.html" target="_blank">le blog de Pascal Blanchard</a> &amp; son site de poésie <a href="http://blanchardpascalpoesie.perso.sfr.fr/" target="_blank">D&#8217;Encre et de Plume</a>.</p>
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		<title>L&#8217;enfant qui grognait, John Coyne</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 11:58:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Ces temps-ci, chaque fois que je commence un roman d’horreur, un bébé meurt de façon atroce dans les premières pages... Après une biche qui passait au mauvais endroit au mauvais moment, c’est le nourrisson d’une certaine Peggy Volt qui décède dans son berceau ; une bulle de sang accrochée à la narine de le petite Amy...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-509" title="Coyne02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/Coyne02-300x300.jpg" alt="Coyne02" width="194" height="194" />Ces temps-ci, chaque fois que je commence un roman d’horreur, un bébé meurt de façon atroce dans les premières pages&#8230; Après une biche qui passait au mauvais endroit au mauvais moment, c’est le nourrisson d’une certaine Peggy Volt qui décède dans son berceau ; une bulle de sang accrochée à la narine de le petite Amy et des traces de boue dans la cave sont les seuls indices dont disposeront les enquêteurs &#8211; un flic pas très futé assorti d’un journaliste qui se tapera assez rapidement l’héroïne -, avant que le légiste ne révèle qu’une cause inconnue a grillé l’hypothalamus du nourrisson.</p>
<p style="text-align: justify;">L’action se passe à Renaissance Village, un ensemble résidentiel taillé sur mesure pour des cadres de Washington, sur les terrains d’un fermier dont l’enfant unique, atteinte d’autisme, ne s’exprime qu’en poussant des cris – par contre, elle ne grogne pas, ce qui m’a beaucoup déçue&#8230; Le Dr Sarah Marks, l’une des résidente du nouveau village, mènera l’enquête tout en fricotant avec le journaliste &#8211; mais en fricotant avec prudence, les orgasmes involontaires et douloureux qui l’assaillent tendant à démontrer que quelqu’un en veut aussi à son hypothalamus. Serait-ce Cindy, la jeune autiste toujours dans les parages des meurtres ?&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’enfant qui grognait</em> est plutôt agréable à lire durant les 200 premières pages mais le virage malheureux des cinquante dernières (<em>attention : spoiler</em>) faisant intervenir le dieu Bel et des extra-terrestres agressifs fait nettement retomber la mayonnaise et c’est  lecteur en fin de compte très perplexe qui referme l’ouvrage.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extrait du chapitre 2</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Amy dormait paisiblement. Elle ne connaissait de la vie que quelques sensations simples. Le plaisir et la chaleur d&#8217;un câlin, les heures tranquilles du sommeil. On la nourrissait, on la changeait et on l&#8217;allongeait doucement dans son lit. Au delà de son berceau, le monde constituait un royaume inconnu perdu dans le brouillard. Elle ne connaissait que le contact et l&#8217;odeur d&#8217;une femme, une seule.</p>
<p style="text-align: justify;">Amy se réveilla brusquement. Ses yeux bleus ne savaient pas encore regarder et elle ne vit pas la silhouette cachée dans l&#8217;ombre, ne comprit pas ce qui la menaçait. Elle ne sentait qu&#8217;une étrange présence, et comme cela lui faisait peur, elle se mit immédiatement à pleurer. Mais sa voix fut étouffée et elle perdit conscience. Elle suffoquait. Une dernière secousse agita son petit corps qui se raidit contre le molleton du berceau. Une petite bulle de sang éclata dans sa narine et sa courte vie prit fin dans un instant d&#8217;incompréhensible souffrance. La douleur frappa comme une décharge électrique, et détruisit son cerveau.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses paupières se soulevèrent, comme celles d&#8217;une poupée, d&#8217;un simple jouet d&#8217;enfant. Peggy la trouva sur le côté, appuyée contre le bord du berceau, les yeux grands ouverts, le visage marqué par une mort violente. »</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Quatrième de couverture</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Prends garde à Bel.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Son œil est dans le soleil.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Renaissance Village, le nouvel ensemble résidentiel où les jeunes cadres de Washington retrouvent chaque soir l&#8217;air pur et leurs calmes demeures.</p>
<p style="text-align: justify;">Seule fausse note : Cindy, la fille d&#8217;un fermier voisin, qui erre par les rues ou se tapit dans les jardins. Jolie, oui, mais fermée et sourde à tout, et qui, à douze ans, n&#8217;émet que quelques cris rauques et sauvages. Atteinte d&#8217;autisme, pense le Dr Sara Marks. Les autres résidents, eux, s&#8217;inquiètent, ont peur, et bientôt &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La petite Amy, un mois, est retrouvée morte dans son berceau, comme foudroyée. Un autre meurtre d&#8217;enfant a lieu peu après : même attaque éclair et sans traces. A chaque fois, Sara découvre que Cindy rôdait non loin.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mystère demeure total et la panique gagne Renaissance Village &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-510" title="Coyne01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/03/Coyne01.jpg" alt="Coyne01" width="326" height="484" /></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Titre original : <em>The Searing</em>, John Coyne, 1980. Traduction française par Marie Hélène Dumas : <em>L&#8217;enfant qui grognait</em>, John Coyne, 1986 (J&#8217;ai Lu 2121). Illustration de couverture par Francis Phillips.</p>
</blockquote>
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		<title>Hourrah! hourrah ! la lune est claire !</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Nov 2008 12:03:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Poème suintant une délicieuse noirceur, la Ballade de Lénore d’August Bürger, écrite en 1773, a entre autres qualités, celle d’avoir été traduite en français par Nerval et pas qu’une fois puisqu'il s’y est recollé pour huit versions différentes. L'histoire se passe à la fin de la guerre de Sept ans, en 1763. Les soldats rentrent chez eux, chacun retrouve sa chacune, sauf Lénore qui attend en vain le beau Wilhelm. Mais pas de Whilem à l’horizon... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-109" title="gre_images_ballade02bis" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2008/11/gre_images_ballade02bis-150x150.jpg" alt="gre_images_ballade02bis" width="150" height="150" />La ballade de Lénore</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Poème suintant une délicieuse noirceur, la <em>Ballade de Lénore</em> d’August Bürger, écrite en 1773, a entre autres qualités, celle d’avoir été traduite en français par Nerval et pas qu’une fois puisqu&#8217;il s’y est recollé pour huit versions différentes.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire se passe à la fin de la guerre de Sept ans, en 1763. Les soldats rentrent chez eux, chacun retrouve sa chacune, sauf Lénore qui attend en vain le beau Wilhelm. Mais pas de Whilem à l’horizon. La nuit tombe et notre Lénore désespère. Elle se jette dans les bras de sa mère, pleure, crie, se roule par terre, demande à Dieu de lui ôter la vie, puis finit par blasphémer.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, il n’y a que dans ce genre de cas que le dieu chrétien n’est pas atteint de surdité. Durant la nuit, Wilhelm vient frapper à la fenêtre de Lénore et lui demande de le suivre, lui promettant qu’ils se marieront avant l&#8217;aube. Le fiancé est un peu pâle, mais notre Lénore ne se doute de rien. D’ailleurs, il lui tient un discours tout ce qu’il y a de rassurant :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vois la lune briller, petite,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La lune éclairera nos pas ;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous et les morts, nous allons vite,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Et bientôt nous serons là-bas.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Et les voilà partis. Ils chevauchent par vaux et monts, croisant en chemin des gens sympas qu’ils invitent à la noce : un pendu, quelques macchabés en décomposition, un curé avec un sale air. Lénore s’impatiente, mais ne s’inquiète pas outre mesure de ce fiancé qui lui parle autant des morts, alors que les prêtres qui chantent avec des voix de corbeaux et les spectres auraient sans doute dû lui mettre la puce à l’oreille.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Hourrah! hourrah ! la lune est claire,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les morts vont vite par le frais !</em></p>
<p style="text-align: justify;">A moins qu’elle ne soit pas dupe, comme ces femmes qui prétendent ne pas remarquer qu’on les séduit &#8211; oh, mais je ne l’avais pas vu venir celle-là ! On devine la suite, les morts sortant des tombeaux en fanfare, les noces maudites… Au final tout le monde est avalé par les entrailles de la terre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2007</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Image : <em>Lenore &#8211; Les morts vont vite</em>, Ary Scheffer, 1820 &#8211; 1825</p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		<title>Salles Obscures vs Night Flyer</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2007 11:36:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Si je me permets de mettre en relation des choux et des sardines, à savoir un roman écrit dans les années 80 par un spécialiste des séries B et un téléfilm adapté d’une nouvelle de King, c’est que les deux me touchent pareillement la corde sensible, celle qui vibre quelque part entre la canine et la jugulaire. Voilà deux œuvres qui traitent de vampirisme, dans une optique a priori différente mais dans lesquels mon esprit retors détecte... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-95" title="ailes-nuit01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/04/ailes-nuit01-150x150.jpg" alt="ailes-nuit01" width="150" height="150" />Si je me permets de mettre en relation des choux et des sardines, à savoir un roman écrit dans les années 80 par un spécialiste des séries B et un téléfilm adapté d’une nouvelle de King, c’est que les deux me touchent pareillement la corde sensible, celle qui vibre quelque part entre la canine et la jugulaire. Voilà deux œuvres qui traitent de vampirisme, dans une optique a priori différente mais dans lesquels mon esprit retors détecte une foultitude de points communs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le héros de <em>Nightflyer</em> est un paparazzi sur la pente descendante, prêt à vendre père et mère pour alimenter sa feuille charognarde. Entre « Elvis a été enlevé par les extraterrestres » et « une mère cannibale fait bouillir son bébé », notre journaliste s’offrirait bien le &#8216;Night Flyer&#8217;, un mystérieux aviateur qui se pose sur de petits aéroports et fait le plein – à tous les sens du terme, avant de repartir dans la nuit.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà que notre journaliste qui court après le peut-être vampire et dont la maxime est « ne jamais écrire ce que l’on croit et ne jamais croire ce que l’on écrite », se met lui-même à croire. Jusqu’à succomber à la fascination, se prenant ainsi à l’hameçon qu’il réserve généralement aux lecteurs de son torchon : le désir de voir/savoir. « <em>Montre moi ton visage</em> », dit le paparazzi au monstre, ignorant qu’il réclame une épiphanie mortelle – mais on ne peut pas lui en vouloir, j’aurais fait pareil. Et ce que lui sert le vampire ne déparerait pas dans son journal. C’est décoratif comme tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Jamais un film, selon moi, n’a aussi bien joué avec la notion de « cliché ». Car du vampire on verra tout ce qu’on veut voir et finalement rien du tout, tantôt beau, tantôt affreux, séduisant ou repoussant, capé de rouge ou habillé en aviateur. Le vampire fait son show. Et le journaliste me direz-vous ? Bah, il ne s’en remet pas très bien.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Salles Obscures</em> est également une histoire d’image. Or l’image promet, mais l’image ne tient jamais. Dans le roman, elle plante ses crocs dans l’esprit du héros pour y placer un désir insatiable. Car il ne faut pas s’y tromper, même s’il mord à belles dents, le héros du roman n’est qu’un vampire par procuration. Le vrai vampire de l’histoire, c’est le film, un film de série B au titre ridicule de <em>Gorges perforées</em> qui fait naître chez les spectateurs d’insatiables désirs sensuels et vampiriques : «<em>Juste un film vu un après-midi à l’Eros, un vieux cinéma reconverti dans le X. Un film étrange qui, à première vue, n’avait rien de pornographique, où il ne se passait pas grand-chose, et dont je ne m’expliquais mal pourquoi il me fascinait autant</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Le reste du roman sera une quête du sens, la recherche du «comment je me suis fait avoir».  Et la réponse est simple. Comme le paparazzo de <em>Night Flyer</em>, le héros de<em> Salles Obscures </em>pourtant rôdé aux stratégies de la séduction visuelle puisqu’il travaille dans la publicité, tombe dans un piège dont il est connaît parfaitement les rouages : « <em>Peut-être était-ce la manière qu’avait le réalisateur de filmer le cou et la gorge de ses interprètes, ou ces ruptures soudaines d’images, comme si le projectionniste avait prélevé pour sa collection des extraits de certaines séquences ?</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Le voilà donc qui se met en quête de la copie originale. Comme dans toute bonne dialectique érotique, l’important n’étant pas ce que l’on montre, mais ce que l’on promet, ; ce qui fait courir les paparazzis et les fans de série B est simple comme Orphée se retournant pour voir Eurydice : l’idée qu’il y a quelque chose à voir au delà du masque.Or, petit problème : tout comme le monstre de Nightflyer n’est qu’une image toute puissante, les scènes coupées de Gorges Perforées n’ont jamais existé. Car il n’y a évidemment rien derrière le masque.</p>
<p><strong>Melmothia, 2007</strong></p>
<p><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-115" title="sallesobscures-300x250" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/04/sallesobscures-300x250.jpg" alt="sallesobscures-300x250" width="300" height="250" /><br />
</strong></p>
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		<title>The rime of the ancient mariner</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Feb 2007 08:13:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[En l’an de grâce 1985, une boulette de papier jaillit du fond de la classe pour se loger entre les omoplates de mon professeur de français. Le vieux sage acariâtre fit volte face et fustigea le coupable idéal, autrement dit le métaleux de service, en lui demandant s’il voulait dispenser le cours à sa place. Pour riposter, j’aurais aimé avoir sur moi une photo de Steve Harris pour la lui agiter sous le nez en hurlant « Ça c’est un vrai prof ! »...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-193" title="mariner_shot" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/02/mariner_shot-150x150.jpg" alt="mariner_shot" width="150" height="150" />En l’an de grâce 1985, une boulette de papier jaillit du fond de la classe pour se loger entre les omoplates de mon professeur de français. Le vieux sage acariâtre fit volte face et fustigea le coupable idéal, autrement dit le métaleux de service, en lui demandant s’il voulait dispenser le cours à sa place. Pour riposter, j’aurais aimé avoir sur moi une photo de Steve Harris pour la lui agiter sous le nez en hurlant « Ça c’est un vrai prof ! ». Au travers de ses adaptations historiques, mythologiques ou littéraires, le bassiste d’<em>Iron Maiden</em>, a éveillé en moi, une soif inextinguible de curiosité qui m’a souvent incité à aller plus loin que le texte pour approfondir les thèmes abordés dans le répertoire du groupe. «The Rime of the Ancient Mariner» compte parmi ces morceaux qui invitent les amateurs à un embarquement immédiat pour une croisière infernale.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Vous qui alliez passer sans me voir, posez votre noble ô céant sur les hauts bancs et écoutez la complainte du vieux marin. Du bois vermoulu surgira le loup de mer qui sans vergogne, plumera l’albatross de Baudelaire. Dans son arrogance, il oubliera l’adage «tempête au port, tanche chie en mer » pour laisser les vents intestins le porter vers l’est au mat. Honni sera le calme blanc qui sur les flots succèdera au tourment. En statues de sel il muera l’équipage pour couler le vaisseau croupissant au creux de cette page. </em>»</p>
<p style="text-align: justify;">Rassurez-vous, le texte original que l’on doit à Samuel Taylor Coleridge (1772-1834) est de bien meilleure facture que la parodie à laquelle je viens de me livrer. Le poète qui au demeurant ne mit jamais les pieds sur un bateau nous fait le récit de l’étrange rencontre entre les occupants d’un navire et le surpranaturel. Quittant le port au plus fort de la tempête et mettant le cap au sud en direction de l’antarctique, l’équipage voit soudain surgir un albatross devant la proue. L’oiseau majestueux les guide au travers d’un dédale de glace et tous reconnaissent en lui les augures d’une bénédiction divine. Tous, sauf le capitaine qui, pour une raison qui échappe au lecteur, dégaine son arbalette plus vite que l’ombre de Guillaume Tell pour occire le volatile inspiré.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce crime contre nature déclenchera la colère des esprits de la mer qui dès lors, ne cesseront de s’acharner contre le navire. Les vents qui jusqu’à cet instant l’avaient préservé du brouillard surplombant un champ de glace le poussèrent alors dans des eaux trop tranquilles pour être honnêtes.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Day after day, day after day,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>We stuck, nor breath nor motion ;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>As idle as a painted ship</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Upon a painted ocean.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Water, water, everywhere,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>And all the boards did shrink ;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Water, water, everywhere,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nor any drop to drink.</em></p>
<p style="text-align: justify;">La soif, la faim et la chaleur plombèrent l’atmosphère à bord et incitèrent ses occupants à se mutiner contre le capitaine. Pour implorer la grâce de Neptune, l’équipage attacha l’oiseau mort en guise de cravate autour du cou de celui qui faisait figure de Jonah. C’est alors que le navire croisa la route d’un vaisseau fantôme barré par une morte-vivante et un squelette. Une partie de dés s’engage entre ces deux protagonistes dont l’enjeu est le sort de l’équipage. La mort remporte le pactole à l’exception de la vie du capitaine qui, dans la peau d’un zombie, endurera des tourments plus cruels que le trépas. Un à un, il voit ses compagnons succomber et durant sept jours et sept nuits, il sera épié par les yeux des cadavres qui ne cesseront de l’accabler pour sa faute. Dans sa pénitence, il distingue dans les flots des créatures aquatiques dont il implore le pardon en leur prêtant un caractère divin. Dans leur miséricorde, elles investissent les défunts qui ressuscités regagnent le port, abandonnant derrière eux le capitaine. En expiation de ses péchés, il devra errer sur la terre pour raconter éternellement son histoire et inciter les imprudents au respect de la mer.</p>
<p style="text-align: justify;">L’intégralité du poème qui a sombré dans le domaine public se trouve à cette latitude : <a href="http://darkwing.uoregon.edu/%7Erbear/ballads.html#THE%20RIME%20" target="_blank">ICI</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voici quelques unes des très belles illustrations de Gustave doré, extraites du site Artsy Craftsy sur lequel vous pouvez retrouver les 38 planches :</p>
<p style="text-align: justify;">(à compléter)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Endemoniada, 2006.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Nous verrons si l&#8217;Enfer n&#8217;est pas le Ciel&#8230;</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/161/nous-verrons-si-l-enfer-nest-pas-le-ciel/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2006 20:31:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Au cours de l’été 1866, le jeune Guy de Maupassant, alors âgé de 14 ans, se promène sur la plage d’Etretat lorsqu’il entend des appels au secours. Comme tous les ans, il est venu passer des vacances avec sa famille dans la maison des Verguies. Lorsqu’il ne drague pas dans les villages alentour, il participe au sauvetage des imprudents pris dans les courants de la baie d’Etretat. Ce jour-là, la pêche est bonne... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-165" title="swinburne" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2006/02/swinburne-150x150.jpg" alt="swinburne" width="150" height="150" />Au cours de l’été 1866, le jeune Guy de Maupassant, alors âgé de 14 ans, se promène sur la plage d’Etretat lorsqu’il entend des appels au secours. Comme tous les ans, il est venu passer des vacances avec sa famille dans la maison des Verguies. Lorsqu’il ne drague pas dans les villages alentour, il participe au sauvetage des imprudents pris dans les courants de la baie d’Etretat. Ce jour-là, la pêche est bonne. C’est un poète à moitié suffoqué qu’on ramène sur la rive : Algernon Swinburne.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’homme est connu dans les environs, c’est moins en tant que poète qu’en tant qu’original. A Etretat, il demeure chez son ami Powell avec lequel il entretient des rapports plus qu’ambigus dans une maison rebaptisée « chaumière Dolmancé » en référence à Sade. Les villageois disent qu’on y entend des cris la nuit, que les habitants cohabitent avec une guenon et ont des mœurs fort bizarres&#8230; Et pour une fois la <em>vox populi</em> n’a pas complètement tort.</p>
<p style="text-align: justify;">Algernon Swinburne est un poète dont la réputation littéraire s’appuie sur le scandale. Évidemment, ce n’est pas ça qui fait un artiste, mais ça peut faire un mythe. De lui on a tout dit, surtout ses tendances homosexuelles et sadomasochistes &#8211; ce qui n’était aucunement des compliments à l’époque. On l’a également soupçonné d’inceste sinon effectif du moins fantasmé parce qu’il aimait trop sa mère, dit-on. « <em>Incapable d’aimer, ou de haïr, une autre femme qu’elle, le poète ne put jamais entretenir avec les femmes que des relations imaginaires</em> », commente un critique qui l’a bien connu apparemment, même si un siècle les sépare.</p>
<p style="text-align: justify;">Né dans une famille aristocratique, notre poète passe sa jeunesse dans l&#8217;île de White où son père possède un domaine. Il y prend goût aux paysages romantiques et aux ballades populaires. Quelques années plus tard, au collège d’Eton, on le flagelle et il trouve ça sympa. Il en fera d’ailleurs une description par le menu dans <em>Lesbia Brandon</em>, roman où il vante les délices de la souffrance et du plaisir mêlés et à propos duquel, les critiques parleront de « décadentisme onirique » &#8211; si quelqu’un me trouve la définition, je suis preneuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant qu’il a tous les vices, il ne lui manque plus que de devenir écrivain.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-166" title="gre_images_swinburne01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2006/02/gre_images_swinburne01.gif" alt="gre_images_swinburne01" width="220" height="295" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>La Vénus à la fourrure de Leopolod von Sacher-Masoch</em>. Frontispice pour l&#8217;édition de 1902</p>
<p style="text-align: center;">Image extraite du site <em>BiblioCuriosa</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1856, il entre à Oxford où il se lie d’amitié avec Rossetti (le même qui a fait déterrer sa femme pour récupérer ses poèmes) et une poignée d’autres préraphaélites tels que William Holman Hunt et John Everett Millais (celui qui a fait poser la femme de Rossetti dans une baignoire d’eau froide pour <a href="http://www.romantisme-noir.net/128/mignonne-allons-voir-si-la-prose/" target="_blank">peindre son Ophélie</a>). Swinburne copine avec tout ce beau monde, quitte Oxford sans diplôme, mais avec une tragédie « néo-élisabéthaine » sous le bras, Rosamond, dont il dira qu’elle est une mise par écrit des toiles de Rossetti. Toutes ses oeuvres ou presque sont d’ailleurs sous influence, celle de Shakespeare, celle d’Hugo, celle de Sade et bien évidemment celle de la peinture préraphaélite. Après la mort d’Elisabeht Siddal en 1862, il emménage avec le peintre. Troublé par ses penchants, Rossetti veut lui mettre une femme dans les pattes. Il lui présente l&#8217;écuyère de cirque Adah Menken qui commentera ainsi son fiasco : « <em>Je n&#8217;arrive pas à lui faire comprendre que cela ne sert à rien de mordre</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Désormais Swinburne se consacre tout entier à la littérature. Quelques œuvres plus loin (dont des critiques où il prend la défense de William Black, Victor Hugo et Baudelaire), il sort un recueil intitulé <em>Poèmes et Ballades (</em>1866) qui lui vaudra quelques admirations, fera bander les décadentistes très à la mode durant la deuxième moitié du siècle et lui coûtera une mise au pilori. Trop sensuel dit la critique. Ou plutôt elle dit précisément : païen, impie, blasphématoire érotico-pervers, inadmissible. Maupassant écrira à ce propos : « <em>La critique se fâcha. La critique anglaise, étroite, haineuse dans sa pudeur de vieille méthodiste qui veut des jupes à la nudité des images et des vers, comme on en pourrait vouloir aux jambes de bois des chaises</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Et tout de suite un extrait du sympathique <em>Dolores</em>. Le texte étant extrèmement long (55 huitains), je ne vous sers que le début et la fin pour la mise en bouche :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tes paupières froides qui cèlent comme un joyau</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tes yeux durs qui ne se font tendres que pour une seule heure</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tes opulents membres blancs, et ta cruelle</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Bouche rouge, telle une fleur vénéneuse.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Quand ils seront passés avec leurs gloires Que restera-t-il,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ô mystique et sombre Dolores Notre Dame de Peine ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[…] Qu&#8217;avons nous besoin de craindre outre mesure,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>De faire ta louange avec des voix peureuses,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ô maîtresse et mère du plaisir,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Seul être aussi réel que la mort ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous changerons comme tout ce que nous chérissons,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous nous fanerons comme tout se fana avant nous,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Comme l&#8217;écume sur l&#8217;eau nous périrons</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Comme le sable sur le rivage.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous saurons ce que les ténèbres nous cachent,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Si la fosse est profonde ou non</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Et nos pères d&#8217;antan, et nos amantes, nous saurons qu&#8217;ils dorment ou non.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous verrons si l&#8217;enfer n&#8217;est pas le ciel,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous apprendrons si l&#8217;ivraie n&#8217;est pas le froment</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Et tes joies soixante-dix fois sept</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Notre Dame de Peine.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Poèmes et Ballades de Swinburne</em>, traduit par G. Mourey.</p>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre en considérant les penchants de Swinburne pour la débauche et l’alcool, notre maudit tient le coup longtemps, jusqu’à 73 ans. La grippe finira par l’avoir en1909.</p>
<p style="text-align: justify;">L’oeuvre de Swinburne est aujourd’hui plutôt mal connue, mais il faut reconnaître que si le mythe est fascinant, sa production l’est parfois, parfois pas&#8230; Ses commentateurs par contre sont des gens drôlement amusants. Certains se contentent de s’écraser sur le mur de l’emphase malvenue : « <em>Elfe sulfureux, angoissé, provocateur, adorant la fustigation des vagues et celle d’un maître, panthéiste reniant les dieux, poète alliant romantisme ténébreux et visions morbides</em> » écrit Claude-Michel Cluny dans le magazine Lire. D’autres brodent sans fin sur les mœurs du personnage, tandis qu’Oscar Wilde dira de Swinburne qu’il n&#8217;était qu&#8217;« <em>un vantard en matière de vice, qui a fait tout ce qu&#8217;il pouvait pour convaincre le monde de son homosexualité et de sa bestialité alors qu&#8217;il n&#8217;est ni homosexuel ni bestial</em> ». Ou comment faire des croche-pattes à la concurrence dans la course aux perversions.</p>
<p style="text-align: justify;">Edmond de Goncourt s’inspirera du poète dans <em>La Fausta</em> pour camper le personnage de Georges Selwyn, sadique fervent amateur de fillettes (bien que cette figure doive sans doute autant à un Swinburne transfiguré par le regard de Maupassant qu’au célèbre et impayable <a href="http://www.romantisme-noir.net/13/erection-en-place-de-greve/" target="_blank">Georges Augustus Selwyn</a>). Enfin, Gaston Bachelard s’y est collera à son tour dans L’eau et les rêves ; après avoir longuement disserté sur le masochisme, il nous invente un « Complexe de Swinburne ».</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à Maupassant, il restera fidèle à la fascination que lui a inspirée le poète. Car le jour de la noyade, après avoir craché quelques litres d’eau de mer et un tapis d’algues, Swinburne l’a invité à dîner et lui a ouvert la porte de son univers : « <em>Pendant tout le déjeuner, on parla d&#8217;art, de littérature et d&#8217;humanité, raconte l’écrivain, et les opinions de ces deux amis jetaient sur les choses une espèce de lueur troublante, macabre, car ils avaient une manière de voir et de comprendre qui me les montrait comme deux visionnaires malades, ivres de poésie perverse et magique. Des ossements traînaient sur des tables, parmi eux une main d&#8217;écorché, celle d&#8217;un parricide, paraît-il, dont le sang et les muscles séchés restaient collés sur les os blancs</em> » [1]. Cette main, Maupassant se la verra offrir ou se la procurera. Elle sera le sujet de son premier conte fantastique, paru dix ans plus tard : <em>La Main d&#8217;écorché </em>(1875). Et voilà comment on fait pousser de la littérature. Du moins je me plais à le penser, car qui n’aurait pas bâti des songes littéraires pour toute une vie après avoir passé une soirée entre Swinburne et son amant dans la chaumière Dolmancé, en compagnie d’un singe savant et d’une main de cadavre ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>© Melmothia 2006</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] Guy de Maupassant, « Notes sur Algernon Charles Swinburne », Préface du recueil <em>Poèmes et Ballades</em> par A. C. Swinburne, traduction de Gabriel Mourey, Paris, A. Savine, 1891.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines oeuvres de Swinburne, dont le recueil Poems and Ballads peuvent être dégustés en ligne : <a href="http://www.letrs.indiana.edu/swinburne/contents.html" target="_blank">The Swinburne Project</a>.</p>
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<p style="text-align: justify;">Illustration : <em>Algernon Swinburne</em>, portrait par Rossetti. Domaine Public.</p>
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