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	<title>Romantisme Noir &#187; Films</title>
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		<title>Blood Sucking Freaks</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Nov 2010 16:37:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lorsqu’un ancien réalisateur de porno se lance dans le cinéma gore, il en résulte un sommet du sadomasochisme kitsch et un gros coup de ciseau de la censure. Bloodsucking freaks, qui a porté un temps le titre de Sardu : Master of the Screaming Virgins, fut distribué en France, grâce aux mystères de la traduction, sous le titre Incredible Torture Show... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/bloodsuckingfreaks06.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-668" title="bloodsuckingfreaks06" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/bloodsuckingfreaks06.jpg" alt="" width="207" height="207" /></a>Lorsqu’un ancien réalisateur de porno se lance dans le cinéma gore, il en résulte un sommet du sadomasochisme kitsch et un gros coup de ciseau de la censure. <em>Bloodsucking freaks</em>, qui a porté un temps le titre de <em>Sardu : Master of the Screaming Virgins</em>, fut distribué en France, grâce aux mystères de la traduction, sous le titre <em>Incredible Torture Show</em>. Mais cela n’eut lieu que quinze ans après son tournage. Lors de sa sortie sur les écrans américains en 1976 avec un classement X, les producteurs et son réalisateur Joel Reed, invitèrent en effet une association féministe à manifester contre le film dans le but de créer le scandale. La stratégie s’avéra trop efficace et <em>Bloodsucking freaks</em> fut retiré des salles. Ce n’est qu’au début des années 1980, que la maison de production Troma, spécialisée dans les séries B, en acquit les droits et parvint à le faire distribuer.</p>
<p style="text-align: justify;">Très inspiré des œuvres d’Herschell Gordon Lewis, particulièrement de son <em>Wizard of Gore</em>, le film retrace les péripéties de Maître Sardu et de son Théâtre du Macabre, un show sanglant dont les victimes sont de jeunes beautés très peu vêtues. Il est, pour cela, aidé par son fidèle serviteur, un nain nommé Ralphus qui lui prête main-forte pour kidnapper les jolies victimes que le maître s’empresse de charcuter à mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Un seul nuage flotte sur ce petit paradis du macabre : les critiques qui, avec leur habituel mauvais esprit, s’entêtent à trouver les mises en scène de Maître Sardu pathétiques. Notre sadique décide d’enlever un représentant de cette profession ainsi qu’une ballerine célèbre répondant au nom de Natascha pour injecter un peu de sang neuf dans ses créations&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/bloodsuckingfreaks05.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-669" title="bloodsuckingfreaks05" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/bloodsuckingfreaks05.jpg" alt="" width="522" height="148" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avec le théâtre de Maître Sardu, le cinéma gore renoue avec ses racines : le Grand Guignol. Durant soixante ans, sous la direction de gérants différents, furent en effet présentés dans le théâtre éponyme des drames horrifiques alternés de saynètes comiques qui firent de la scène du Grand Guignol, à Paris, l&#8217;une des attractions touristiques les plus populaires de la capitale jusque dans les années 60. Les metteurs en scène ne reculant devant aucun effet gore, une ancienne actrice raconte ainsi avoir été « <em>flagellée, coupée en tranches, passée au laminoir, ébouillantée, saignée, vitriolée, désossée, pendue, enterrée vivante… </em>».</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/bloodsuckingfreaks.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-670" title="bloodsuckingfreaks" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/11/bloodsuckingfreaks.jpg" alt="" width="304" height="434" /></a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Incredible Torture Show</em></strong><strong> (Blood Sucking Freaks), Joel M. Reed, 1976.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour la bande-annonce, c’est par ici : <a href="http://www.dailymotion.com/video/x8tp5h_bloodsucking-freaks-1976_shortfilms" target="_blank">Blood Sucking Freaks</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=808" target="_blank">La critique du film sur le site DevilDead</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>« Chemical Wedding », Crowley le méritait bien !</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Oct 2010 22:18:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce week-end je me suis offert « Chemical Wedding ». Imaginez un peu ! Je ne pouvais quand même pas passer à côté d’un film nous narrant la réincarnation de Crowley ! Surtout que l’on m’en avait tant rebattu les oreilles sur les forums. L’histoire débute en 1947 par la visite de deux étudiants (dont l’un s’appelle Symonds)... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/10/chemicalwedding02.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-653" title="chemicalwedding02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/10/chemicalwedding02-300x300.jpg" alt="" width="240" height="240" /></a>Ce week-end je me suis offert « Chemical Wedding ». Imaginez un peu ! Je ne pouvais quand même pas passer à côté d’un film nous narrant la réincarnation de Crowley ! Surtout que l’on m’en avait tant rebattu les oreilles sur les forums.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire débute en 1947 par la visite de deux étudiants (dont l’un s’appelle Symonds) au vieux mage Crowley. D’entrée de jeu, ce cher Aleister promet d’être terne. Ne parlons pas des propositions sodomaniaques à l’un des deux adolescents, mais rions déjà de la lecture d’une lettre envoyée par Parsons où celui-ci averti son mentor de son projet de réaliser le rituel de « l’Enfant Lune », ce qui à l’heur de mettre le « maître » hors de lui au point d’en piquer une crise cardiaque. Passons sur le fait que la scène se déroule dans la campagne ensoleillée du printemps ou de l’été, alors que Crowley est mort en décembre. Passons aussi sur le fait que l’œuvre de Babalon effectuée par Parsons et Hubbard eut lieu avant 1947. Passons aussi sur le physique du personnage qui est plus proche du Crowley dans la force de l’âge que de l’homme amaigri et affaibli de la septantaine. Mais, comme le dit Julian Doyle, ce film n’a pas pour but d’être une biographie filmique de la Grande Bête 666.</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire continue avec l’arrivée du professeur Mathers – un clin d’œil au Mathers de la Golden Dawn – qui doit superviser la mise en chantier d’un superordinateur de réalité virtuelle, le Z93 – rappel numérologique incongru que les thélémites apprécieront. On ne sait trop pourquoi, mais l’assistant de laboratoire, Victor Neumann, a infecté la machine avec un virus constitué par des éléments de la vie et des rituels de Crowley. Enfin si, on sait pourquoi, sans ce tour de hacker monomaniaque, pas de film.</p>
<p style="text-align: justify;">Le professeur Haddo – un adepte de l’occultisme, franc-maçon falot dont le nom est une référence au Mage de Margaret Murray – accepte d’essayer la machine en douce afin d’entrer en contact avec « l’essence numérique » de Crowley. Mal lui en prend puisque le voilà illico possédé par l’esprit de celui-ci.</p>
<p style="text-align: justify;">À partir de là, le film part totalement en vrille, cumulant la méconnaissance la plus profonde de Crowley et le mauvais goût le plus beauf imaginable : Haddo-Crowley pisse sur ses étudiants en déclamant pompeusement un « pisser ou ne pas pisser, telle est la question », chie sur le bureau du recteur de l’université, sodomise une fille dans une boutique occulte afin de réveiller sa Kundalini ou encore cloue une pauvre call-girl sur une porte après lui avoir rasé le sexe ( !).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/10/Crowley12.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-655" title="Layout 1" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/10/Crowley12.jpg" alt="" width="257" height="381" /></a>Bref, une suite d’épisodes tout aussi inutiles que mal filmés, avec des dialogues de seconde zone qui font passer le pire des navets « Z » pour un chef-d’œuvre. D’ailleurs, si un occultiste dans la salle pouvait m’expliquer cette sombre histoire d’aiguille à la fin du film… Je n’ai pas capté non plus cette niaiserie d’univers parallèle où Al Gore gagne les élections contre Bush. Voudrait-on nous faire croire que Crowley est parmi nous et a permis à Bush de remporter la présidence ? Mais alors Obama serait-il le Christ rédempteur ayant dissipé les méphitiques influences crowleyennes ? On attendra « Chemical Wedding II, the return of the beast » pour le savoir, ou pas. On comprend mal, également, cette histoire de cheveux roux et de Femme Écarlate qui semble vouloir lancer le film sur les traces du <em>Da Vinci Code</em> version dark gotho-nawak.</p>
<p style="text-align: justify;">Là où Dickinson aurait pu brosser un portrait amusant, au vitriol de Crowley, il se contente de le mettre dans des situations les plus invraisemblables, comme lorsque Haddo-Crowley suit un homme dans les toilettes pour lui voler son horrible costume violet, ou bien lorsqu’il se masturbe sur des runes afin d’obliger Lia – la journaliste de l’université – à venir à lui pour le rituel final. Si ce film voulait répondre à la question « que ferait une personne possédée par l’esprit d’Aleister Crowley », il est à côté de la plaque et nous fait plutôt l’étalage de fantasmes refoulés que d’une véritable reconnaissance pour celui que Dickinson dit « admirer ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’impression, au final, est que Dickinson a filmé toutes les ignominies dans l’espoir de faire remarquer son film et de s’attirer les foudres des puritains. Pari raté, car même eux ont dû s’endormir pendant la projection. Le rituel que Crowley préside, vers la fin du film, tourne à l’orgie banale et n’apporte pas plus au film qu’à la libido des spectateurs : une scène d’urologie en pleine partouze ne choque plus personne aujourd’hui. Le film se termine dans une bouillie assez cryptique où univers parallèle, vampirisme par seringues interposées et usage de drogue se mêlent maladroitement. Mathers est l’enfant lune procréé par Parsons et Hubbard – youppie ! – sauvant le monde des horribles griffes de Crowley.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, je dois quand même reconnaître la qualité du jeu de Simmon Callow (« 4 mariages et 1 enterrement ») qui arrive à raviver certains moments du film. Sans lui, on ne tiendrait pas deux minutes.</p>
<p style="text-align: justify;">Que l’on me comprenne bien, je n’aime pas Crowley et je trouve qu’en fin de compte ce portrait maladroit et stupide, fût-il indirect, lui fait bonne justice. Mais, si le but est de nous faire rire alors, que ce film s’annonce pour ce qu’il est : un vaudeville ou un pastiche, une forme de sous Monty Python.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pire, sans doute, c’est que « Chemical Wedding » risque bien de confirmer, voire de renforcer, l’image distordue qu’ont habituellement les gens de Crowley. Après avoir vu ce film, je ne doute pas que ceux qui n’ont qu’une connaissance superficielle du personnage en ressortiront avec l’impression qu’il méritait bien le titre d’« homme le plus dépravé du 20e siècle ». Et cela me semble dommage. Dommage non seulement pour la vérité historique, mais aussi pour les 14 € que j’ai perdus dans l’achat de ce DVD.</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Spartakus FreeMann, février 2009 e.v.</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/10/chemicalwedding.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-656" title="chemicalwedding" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/10/chemicalwedding.jpg" alt="" width="387" height="500" /></a><br />
</strong></p>
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		<title>Screamers 2</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 09:05:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1995, sortait l’excellent Screamers, une adaptation de la nouvelle de Philip K. Dick « Second Variety ». L’extraction d’un minerai sur la planète Sirius 6B s’étant avérée nocive pour la santé des mineurs, ceux-ci font sécession et forment une coalition, l’Alliance, contre leurs employeurs (le NBE, Nouveau bloc économique). Le conflit dégénère en guerre civile, au cours de laquelle l’Alliance, formée de mineurs et de scientifiques... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-219" title="image5" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/04/image5-150x150.jpg" alt="image5" width="150" height="150" />En 1995, sortait l’excellent <em>Screamers</em> (en français, <em>Planète Hurlante)</em>, une adaptation de la nouvelle de Philip K. Dick « Second Variety ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’extraction d’un minerai sur la planète Sirius 6B s’étant avérée nocive pour la santé des mineurs, ceux-ci font sécession et forment une coalition, l’Alliance, contre leurs employeurs (le NBE, Nouveau bloc économique). Le conflit dégénère en guerre civile, au cours de laquelle l’Alliance, formée de mineurs et de scientifiques, invente  une arme redoutable : les screamers, des robots tueurs (et hurleurs) déchiquetant leurs victimes à la scie circulaire. Le NBE envoie un émissaire pour négocier la paix, mais les survivants de la planète Sirius 6B vont découvrir que les screamers ont muté…</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pour le petit résumé. Réalisé par Christian Duguay, d’après un scénario de Dan O Bannon et Miguel Tejada-Flores, <em>Screamers</em> est une oeuvre qui frôle la perfection (si l’on excepte les cinq dernières minutes très discutables). C’est donc avec fébrilité que j’ai découvert le second volet, <em>Screamers 2</em>, réalisé par Sheldon Wilson en 2009, dont le synopsis était prévisible : la planète n’abrite désormais plus qu’une poignée de survivants qui trouve le moyen d’envoyer un SOS à la terre. Une équipe de sauvetage est donc expédiée sur Sirius B6…</p>
<p style="text-align: justify;">S’engager dans les traces d’un film réussi est un pari délicat. À défaut d’égaler la première mouture, on aurait pu espérer que <em>Screamers 2</em> évite l’enfilade de clichés et se retienne de succomber au syndrome de la séquelle tiédasse. Pour le dire autrement : il y avait un certain nombre d’erreurs à éviter facilement identifiables. <em>Screamers 2 </em>les aligne avec application, à deux exceptions près, certes, la bimbo à gros seins et le rigolard de service ; mais le reste y est : l’histoire d’amour neuneu, la nana belle mais forte hein, qui veut venger son père des petites bêtes qui déchiquettent, l’incontournable tribu d’humains retournés à l’état préhistorique ou post-apocalyptique (peaux de bêtes et arcs en os humains), le méchant militaire qui veut vendre les plans des screamers… etc. Jusqu’aux screamers eux-mêmes dont les mutations très inquiétantes dans leurs imitations mécaniques de l’humain lors du premier opus, se déclinent à présent en screamer-philosophe, screamer-pilote de vaisseau, screamer mannequin (ah non, ça c’est Barbie). L’histoire est plate, les personnages creux et les dialogues lamentables. Ce qui faisait les qualités du premier a été évacué dans le calibrage d’un produit vite-vu vite-oublié.</p>
<p style="text-align: justify;">J’en entends déjà arguer qu’il y a ‘de beaux meurtres quand même’ et que les paysages sont assez lissés. Oui, justement. Quelques belles scènes, c’est bien le problème, car je fatigue décidément du verre aux trois quarts vide cinématographique, des scénarios téléphonés, sans idée ni contenu, qui vous éjaculent trois images de synthèses sursaturées au nom desquelles on nous demande d’être indulgents. Par conséquent, pas besoin du bracelet magique qui permet d’échapper au radar des tueurs, si vous croisez <em>Screamers 2</em>, passez simplement votre chemin. Cela devrait suffire à vous préserver.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2009</strong></p>
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		<title>Dans l’espace, personne ne vous entendra rebondir….</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Nov 2008 11:21:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[John Carpenter est un réalisateur qui est tombé très tôt dans la marmite. Il a à peine 14 ans, lorsque le film Forbidden planet d’Howard Hawks le convainc de se lancer dans une carrière de metteur en scène. Grâce à la caméra super 8 familiale, il réalise avec quelques amis, des films aux titres évocateurs de « Revenge of the colossal beast » ou « Sorcerer from outer space »... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-86" title="dark_star01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/08/dark_star01-150x150.jpg" alt="dark_star01" width="150" height="150" />John Carpenter est un réalisateur qui est tombé très tôt dans la marmite. Il a à peine 14 ans, lorsque le film <em>Forbidden planet</em> d’Howard Hawks le convainc de se lancer dans une carrière de metteur en scène. Grâce à la caméra super 8 familiale, il réalise avec quelques amis, des films aux titres évocateurs de « Revenge of the colossal beast » ou « Sorcerer from outer space ».</p>
<p style="text-align: justify;">En 1968, il entre à la prestigieuse University of Southern California dont il ressort, quatre ans plus tard, un diplôme en poche. En guise de film de fin d’études, il a réalisé un court-métrage d’une quarantaine de minutes intitulé <em>Electric Dutchman</em>, en référence au célèbre bateau fantôme hantant la mer des Caraïbes.</p>
<p style="text-align: justify;">Retravaillé et prolongé pour devenir un film d’une heure et demie, grâce à la collaboration de son ami et collègue Dan O’Bannon, le « Hollandais électrique » change de titre pour devenir en 1974, <em>Dark Star</em>, son premier long métrage – affreusement titré en français <em>L’Étoile Noire</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Nettement moins connu qu’<em>Halloween</em> ou <em>The Thing</em>, <em>Dark Star </em>mérite pourtant le détour, ne serait-ce que pour son humour grinçant et une certaine finesse psychologique distillée sans avoir l’air d’y toucher.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film met en scène l’équipage d’un vaisseau spatial vétuste ayant pour mission de détruire les planètes « instables » encombrant le système solaire. Jusque-là tout va bien (du moins si l’on admet sans sourciller la notion de « planètes instables » dans laquelle il faut comprendre : qu’un gouvernement terrien a taxées de nuisibles, car elles pourraient compromettre une future colonisation de l’espace), mais exerçant cette activité depuis de longues années monotones, l’équipage désoeuvré a basculé lentement dans la dépression.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le Dark Star, les jours se suivent et se ressemblent. Depuis la mort de leur commandant, les quatre occupants du vaisseau tentent d’obtenir des instructions de la terre, mais comme celles-ci tardent décidément à venir, ils continuent en attendant de vaquer à leurs occupations monotones. En dehors des heures passées à réparer un vaisseau qui pourrit sur pieds, les membres de l’équipage s’occupent à des jeux de patience ou tiennent leur journal intime – on apprend à cette occasion que l’un des passagers est monté sur le vaisseau totalement par erreur. Quant au sergent Pinback – interprété par Dan O’Bannon, il  a adopté un extra-terrestre qui lui tient lieu d’animal de compagnie, une « chose » en forme de ballon de plage avec des griffes, qui se déplace en sautillant, provoquant diverses avaries dans le vaisseau et attaquant parfois un membre de l’équipage.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-90" title="darkstar-beachball" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2008/11/darkstar-beachball.jpg" alt="darkstar-beachball" width="168" height="180" /></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ajouter à l’ambiance décidément festive, Talby le navigateur ne veut plus sortir du dôme, une bulle de deux mètres cube posée comme un fruit confit sur le toit du vaisseau. Et, tandis que l’ordinateur central commence à avoir des ratés, le matériel lui-même fait preuve d’étranges sautes d’humeur, puisque les bombes refusent désormais de faire leur boulot…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dark Star</em> est un film décalé, loufoque et sinistre, que la critique a qualifié d‘En attendant Godot spatial et qui file, sur le mode de l’humour noir, le thème du « mal des cachots » frappant tout groupe humain condamné à cohabiter en lieu clos.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la Bombe numéro 20 se rebelle, menaçant d’exploser dans le vaisseau, le commandant (congelé) conseille au Lieutenant Dolittle de discuter avec elle pour l’amener à s’interroger sur la nature de la réalité. S’ensuit un dialogue avec la bombe sur les mérites respectifs de la phénoménologie et de la métaphysique, au terme duquel elle accepte de suspendre son explosion le temps de réfléchir sérieusement à ces questions – mais pour combien de temps ?</p>
<p style="text-align: justify;">Des cosmonautes isolés, les ténèbres sans fin de l’espace, une présence étrangère… <em>Dark Star</em> n’a pas marqué l’histoire du cinéma, mais trois ans plus tard, Dan O’Bannon inspiré par le ballon à pattes rebondissant dans le vaisseau en perdition, signera un scénario mettant en scène des cosmonautes isolés confrontés à une présence hostile. Il décidera d’intituler son histoire : <em>Alien</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2008.</strong></p>
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		<title>La Maison des 1000 Morts</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jun 2008 11:08:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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		<description><![CDATA[Du sang ! de l’actiooon ! du suuuuuspens ! du sexe ! des larmes ! Des nymphomanes quinquagénaires ! des blondes armées d’une hache ! des savants fous morts-vivants ! Du gore et du latex ! Des rednecks maniaques du couteau !  Entrez entrez messieurs dames dans le repaire du clown psychopathe ! Et n’oubliez pas de goûter à notre poulet frit !... Une bande de jeunes s’arrête dans un relai routier tenu par un clown extraverti... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-80" title="devils_rejects" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2008/06/devils_rejects-150x150.jpg" alt="devils_rejects" width="150" height="150" />Du sang ! de l’actiooon ! du suuuuuspens ! du sexe ! des larmes ! Des nymphomanes quinquagénaires ! des blondes armées d’une hache ! des savants fous morts-vivants ! Du gore et du latex ! Des rednecks maniaques du couteau !  Entrez entrez messieurs dames dans le repaire du clown psychopathe ! Et n’oubliez pas de goûter à notre poulet frit !&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Une bande de jeunes s’arrête dans un relai routier tenu par un clown extraverti qui leur fait visiter son train fantôme et leur glisse en passant la légende locale, l’histoire du Docteur Satan, psychiatre dément pendu dans les environs (derrière les arbres, là-bas…) par la population fatiguée de retrouver des malaxés du cortex armés de tronçonneuses dans leurs salons. Les jeunes en vadrouille ont évidemment envie de voir ça de plus près et partent en quête de la potence. Un pneu éclate – pas de chance ou alors des clous, mais survient une blonde pulpeuse à couvre-chef de cow-boy qui leur propose le gite et le couvert. Et les voilà tombés dans un nid de redneck psychopathes…</p>
<p style="text-align: justify;">Premier long métrage du métalleux Rob Zombie, <em>La Maison des 1000 Morts</em> tient le pari risqué du montage passé à la moulinette façon vidéo-clip, du scénario en tiroirs et d’un visuel risque-tout oscillant entre gore, fétichisme &amp; fête foraine pourrissante. L’édifice tient comme un château de cartes, en se payant le luxe d’un crescendo. Chapeau bas pour la cascade. Car il faut avoir avalé quelques centaines de séries B, les avoir compris en profondeur et digérées, pour réaliser un tel patchwork sans se mélanger les coutures. <em>La maison des 1000 Morts</em> est par excellence un film de fan, ultra-référentiel, jonglant avec les styles et les audaces et qui, miracle, réussit brillamment son numéro d’équilibriste.</p>
<p style="text-align: justify;">L’aventure débute en 2001 lorsque les gérants de la New Line voient débarquer dans leur bureau monsieur R. Zombie en personne, un projet de film déjanté sous le bras. Étant donné la réputation du bonhomme et son expérience des clips vidéo qu’il réalise lui-même depuis plusieurs années, ils décident de lui faire confiance, d’autant que le budget qu’il réclame est fort modeste.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais sans doute qu’ils sous-estiment la créativité de leur interlocuteur, au point de lui foutre absolument la paix durant le tournage. Lorsqu’ils découvrent le résultat, et par la même occasion, comprennent que Rob zombie s’est torché le croupion avec le cahier des charges du studio qui préconisait un produit calibré tout public pour Halloween, les pontes de la New Line ont comme des vapeurs… Ils refusent de distribuer le film qui sera finalement récupéré par Lion Gate’s et sortira tamponné d’une interdiction au moins de 17 ans en 2003.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc un film d’auteur, loin du conformisme des studios hollywoodiens que propose <em>La Maison des 1000 Morts</em>. Et bien que Rob zombie ait négligé de mettre des gants pour manier la tronçonneuse, on peut quand même trouver ça beau. A condition évidemment d’être sensible à la poésie d’un slasher déjanté mettant en scène des pecnots sanguinaires, un savant fou mort-vivant looké fetish, des meurtres et des tortures en veux-tu en voilà, le tout orchestré par un clown maléfique…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2008</strong></p>
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		<title>Egout et des Couleurs</title>
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		<pubDate>Sat, 10 May 2008 10:56:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mieux que Weight Watcher! plus efficace qu’une bolognaise tournée ! Les films qui font sploash-beuark dans votre estomac!  Les quatre courts-métrages qui composent la série des Guinea Pigs du japonais Hideshi Hino sont homogènes en thématique, à défaut de l’être en qualité.  Sortis à la fin des années 90, à l’instar des mangas de ce dessinateur, ils n’ont pour ambition que de mettre en scène sévices, mises à mort et putréfaction... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-74" title="mim02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2008/05/mim02-150x150.jpg" alt="mim02" width="150" height="150" />Mieux que Weight Watcher! plus efficace qu’une bolognaise tournée ! Les films qui font sploash-beuark dans votre estomac!  Les quatre courts-métrages qui composent la série des <em>Guinea Pigs </em>du japonais Hideshi Hino sont homogènes en thématique, à défaut de l’être en qualité.  Sortis à la fin des années 90, à l’instar des mangas de ce dessinateur, ils n’ont pour ambition que de mettre en scène sévices, mises à mort et putréfaction. Des scénarios qui tiennent en une ligne donc. Une anecdote, ou plus probablement une légende urbaine, voudrait que Charlie Sheen, visionnant « <em>Flowers of flesh and blood</em> », le plus violent et le plus célèbre des quatre courts-métrages, ait cru se trouver en possession d’un vrai « snuff » et l’ait porté au F.B.I. qui a ouvert une enquête…</p>
<p style="text-align: justify;">Ennuyeux comme un roman de Sade me direz-vous ? Oui et non. D’abord parce qu’ils parviennent assez efficacement à vous faire régurgiter votre quatre heure, ensuite l’un de ces courts, le deuxième précisément, est arrivé à me toucher – comme quoi, avec un peu d’imagination on peut trouver de la poésie partout. L’histoire en est simple : un peintre trouve une sirène, il ramène chez lui et la regarde pourrir dans sa baignoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Le héros de « <em>Mermaid in a manhole</em> » fréquente assidûment les égouts. En voix off, il nous dit regretter son enfance où une vraie rivière avec des poissons et des libellules coulait par là. C’était beau à l’époque. Mais il faut bien s’adapter, à présent il a son content de gros vers gluants et de rats crevés, immondices variés, vieilles godasses et barils flottants. Entre deux poignées de lombrics, il découvre une sirène mal en point et se souvient qu’il l’a déjà aperçue, il y a fort longtemps, dans la rivière. Elle est très belle, douce et agonisante. Condamnée, elle lui demande de la peindre ; il la ramène chez elle et commence son portrait, tandis qu’elle faisande dans sa baignoire. </p>
<p style="text-align: justify;">Le pauvre fait ce qu’il peut, mais évidemment, le sang, les lombrics, le pus, tout ça dégouline plus promptement qu’il ne parvient à peindre ni écoper. La belle fébrile et avariée lui glisse entre les doigts – au sens propre (si je puis dire) comme figuré. Moment délicieux où il attaque les abcès au rasoir et constate qu’il en coule un pus de sept couleurs différentes. Il va d’ailleurs se servir de ce pus pour son tableau – c’est plus réaliste. Ensuite viennent les asticots. Des barils entiers de vers qui s’extirpent des bubons pour aller danser la gigue dans la baignoire. Splosh-blaeurk-spluish-spluish-floarp… Et notre pauvre peintre passe derrière pour nettoyer, mais ça suinte nettement plus vite qu’il ne joue de la serpillière.</p>
<p style="text-align: justify;">Durant vingt minutes, on assiste à la longue et cradingue agonie de la fille des flots. Régulièrement, le spectateur se dit « ça y est, elle est raide »… Et puis elle fait eark! et c’est reparti pour un tour. Les voisins pendant ce temps font ses poubelles et se scandalisent d’y trouver de gros bouts de poissons. Plus tard, ils y trouveront des tranches de sirène, car à défaut de finir sa toile, c’est elle que le peintre va finalement achever – à la hache.</p>
<p style="text-align: justify;">Un court profondément pessimiste auquel je m’entête à trouver de la beauté. Dans la quête dénaturée du héros, ses idéaux consumés, son deuil de toute chose. On peut y voir un pur défouloir gore, un pamphlet contre la pollution (jeter des ordures c’est mal, ça fait pourrir les sirènes) ou une parabole sur l’art qui échoue à faire tenir debout ce qui se délite et gangrène. Non-non, messieurs-dames, on ne peint pas, on n’écrit pas, en réalité on écope. Mais il ne faudrait surtout pas se faire d’illusions, l’entropie va plus vite que nous.</p>
<p style="text-align: justify;">Allez, faites passer la serpillière, ma sirène a des cloques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2008</strong></p>
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		<title>La malédiction des hommes chats, Gunther von Fritsch &amp; Robert Wise</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Aug 2007 10:15:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Autant vous le dire tout de suite, vous ne trouverez dans ce film ni malédiction, ni hommes chats, mais une petite fille solitaire dont les rêveries vont l’amener à flirter avec les fantômes. Amy est une petite blonde adorable et fragile, le genre d’enfant démodée qui écoute ses parents, dit « merci », « s’il vous plait », et s’émeut de voir une fleur pousser. D’ailleurs elle copine avec les papillons... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-239" title="Hommeschatsjpg" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/08/Hommeschatsjpg-150x150.jpg" alt="Hommeschatsjpg" width="150" height="150" />Autant vous le dire tout de suite, vous ne trouverez dans ce film ni malédiction, ni hommes chats, mais une petite fille solitaire dont les rêveries vont l’amener à flirter avec les fantômes.</p>
<p style="text-align: justify;">Amy est une petite blonde adorable et fragile, le genre d’enfant démodée qui écoute ses parents, dit « merci », « s’il vous plait », et s’émeut de voir une fleur pousser. D’ailleurs elle copine avec les papillons. Son institutrice et ses parents s’inquiètent de la voir se perdre dans des chimères, plutôt que d&#8217;avoir de vrais petits camarades en dur. Arrivée par hasard dans le jardin d’une maison voisine, quelqu’un l’appelle depuis une fenêtre, avant de lui lancer un mouchoir contenant une bague. Elle fera bientôt connaissance avec la propriétaire de la demeure, une certaine Madame Farren, ancienne comédienne vivant avec sa fille qu’elle traite en esclave et renie à longueur de journée. « C’est une bague magique » dira la vieille dame qui se prend d’affection pour la petite, puis elle se lance dans une narration théâtrale de l’histoire du cavalier sans tête. Comme ses parents désespèrent toujours de la voir seule, l’enfant invoque le pouvoir supposé de la bague et fait le vœu d’avoir une amie. Apparaît alors une femme à la beauté angélique qui ressemble étrangement à Irena, la première épouse décédée de son père…</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà que les chats du titre retombent sur leurs pattes, car Iréna n’est autre que la femme-panthère de <em>Cat people</em> même si le spectateur non averti n’y voit que du feu. Il faut dire qu’en 1943, Val Lewton et Jacques Tourneur ont sauvé la RKO agonisante grâce à l’énorme succès de leur premier film, <em>Cat people</em> (<em>La féline</em>) . Newton décide donc de tourner une suite et commande un film intitulé <em>Curse of the cat people</em>. Il réunit de nouveau l’équipe de <em>La féline</em> et engage le cinéaste allemand Gunther von Fritsch à la réalisation, mais celui-là travaille trop lentement au goût de la production, le film lui est retiré et finalement confié à Robert Wise, alors monteur à la RKO. <em>La Malédiction… </em>sera son premier film.</p>
<p style="text-align: justify;">En général, je déteste donner dans l’exégèse psychologique mais parfois l’occasion est trop belle : <em>La malédiction des hommes chats</em> nous rappelle que ce qu’on chasse par la porte revient généralement par la fenêtre. Les parents d’Amy mettent tellement d’énergie à oublier Iréna, à cacher ce drame comme un sale secret à l’enfant, qu’il n’est guère étonnant qu’elle mette le doigt directement dessus, les enfants entendant avec une acuité particulière ce qu’on essaie de leur taire. Les cadavres finissent toujours par ressortir des placards, c’est même leur vocation.</p>
<p>Et voilà ce qu&#8217;en dit le site <a href="http://www.dvdclassik.com/" target="_blank">Dvd Classik</a> : « <em>Les séquences où elle rencontre Irena dans le jardin sont somptueuses. L’ambiance fantastique y est puissante et pleine de poésie : la neige qui tombe, le vieil arbre ou les grilles en fer forgé plongent le public dans un monde de féerie créé par Darell […]. Quelques années plus tard le public retrouvera dans Night of the hunter (La nuit du chasseur, C. Laughton 1955) une ambiance relativement proche de celle qui hante le film de Wise. Aujourd’hui on peut voir en Tim Burton un des héritiers évident de ce style &laquo;&nbsp;Lewton&nbsp;&raquo; que certains qualifient de fantastico-gothique. </em>»</p>
<p><strong>Melmothia, 2007</strong></p>
<blockquote><p><em>La Malediction des hommes-chats</em> (The Curse of the Cat People), Réalisé par Robert Wise, &amp; Gunther von Fritsch, 1944. Avec : Simone Simon, Kent Smith, Jane Randolph, Julia Dean, Ann Carter. Scénario : DeWitt Bodeen.</p></blockquote>
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		<title>Recyclage</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Aug 2007 09:40:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[Le récupérateur de cadavres (1945) est l’un des premiers films de Robert Wise, le génial réalisateur de La Maison du Diable. L’histoire se passe à Édimbourg, au tout début du XIXe siècle. Le docteur MacFarlane, en manque de cadavres à disséquer, passe un contrat avec un pilleur de tombes, l’inquiétant Monsieur Gray, qui se fera illico criminel pour fournir au toubib davantage de corps. Le scénario adapte une nouvelle... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-60" title="wise001" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/08/wise001-150x150.jpg" alt="wise001" width="150" height="150" />Le récupérateur de cadavres</em> (1945) est l’un des premiers films de Robert Wise, le génial réalisateur de <em>La Maison du Diable</em>. L’histoire se passe à Édimbourg, au tout début du XIXe siècle. Le docteur MacFarlane, en manque de cadavres à disséquer, passe un contrat avec un pilleur de tombes, l’inquiétant Monsieur Gray, qui se fera illico criminel pour fournir au toubib davantage de corps.</p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario adapte une nouvelle de Robert Louis Stevenson<em> The Body Snatcher </em>(1884), elle-même directement inspiré d’un fait réel, l’affaire des « résurrectionnistes », qui fit scandale en son temps : En 1830 à Édimbourg, un médecin réputé, le docteur Knox, se fournissait en cadavres auprès de deux profanateurs de sépultures, Burke and Hare, qui se firent tueurs le jour où les dépouilles commencèrent à manquer.</p>
<p style="text-align: justify;">Marcel Schwob, dans ses <em>Vies imaginaires </em>(1896), en livre une version quelque peu romancée dont voici un extrait :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>M. Ha</em><em>re vivait dans un petit cabinet, au sixième étage d’une haute maison très peuplée d’Édimbourg. Un canapé, une grande caisse et quelques ustensiles de toilette, sans doute, en composaient presque tout le mobilier. Sur une petite table, une bouteille de whisky avec trois verres. De règle, M. Burke ne recevait qu’une personne à la fois, jamais la même. Sa façon était d’inviter un passant inconnu, à la nuit tombante. Il errait dans les rues pour examiner les visages qui lui donnaient de la curiosité. Quelquefois, il choisissait au hasard. Il s’adressait à l’étranger avec toute la politesse qu’aurait pu y mettre Haroun-Al-Raschid. L’étranger gravissait les six étages du galetas de M. Hare. On lui cédait le canapé ; on lui offrait du whisky d’Écosse à boire. M. Burke le questionnait sur les incidents les plus surprenants de son existence. C’était un écouteur insatiable que M. Burke. Le récit était toujours interrompu par M. Hare, avant le point du jour. La forme d’interruption de M. Hare était invariablement la même et très impérative. Pour interrompre le récit, M. Hare avait coutume de passer derrière le canapé et d’appliquer ses deux mains sur la bouche du conteur. Au même moment, M. Burke venait s’asseoir sur sa poitrine. Tous deux, en cette position, rêvaient, immobiles, à la fin de l’histoire qu’ils n’entendaient jamais.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[...] En ces premières années du siècle, les médecins étudiaient avec passion l’anatomie ; mais, à cause des principes de la religion, ils éprouvaient beaucoup de difficulté à se procurer des sujets pour les disséquer. M. Burke, en esprit éclairé, s’était rendu compte de cette lacune de la science. On ne sait comment il se lia avec un vénérable et savant praticien, le docteur Knox, qui professait à la faculté d’Édimbourg. Peut-être M. Burke avait-il suivi des cours publics, quoique sont imagination dût le faire incliner plutôt vers des goûts artistiques. Il est certain qu’il promit au docteur Knox de l’aider de son mieux. De son côté, le docteur Knox s’engagea à lui payer des peines. Le tarif allait en décroissant depuis les corps des jeunes gens jusqu’aux corps de vieillards. Ceux-ci intéressaient médiocrement le docteur Knox. C’était aussi l’avis de M. Burke – car d’ordinaire ils avaient moins d’imagination</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si <em>Le Récupérateur de cadavres</em> de Wise est la première adaptation cinématographique du texte de Stevenson, suivront des films comme <em>The Doctor and the devil</em> de Freddie Francis ou L<em>‘Impasse aux violences</em> de John Gilling.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puisqu’on est dans le recyclage, Jack Finney, quant à lui, récupérera le titre du texte, <em>The body Snatcher</em> pour intituler son premier roman dans lequel des graines extra-terrestres prennent possession des corps humains. Plus vraiment de rapport avec notre fait divers donc, mais l’ouvrage, non content d’être un best-seller, donnera lieu à quatre adaptations cinématographiques dont le très bon <em>L’Invasion des profanateurs </em>de Philip Kaufman avec Donald Sutherland.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au film de Wise, il est excellent comme tout ce qui est passé par le savoir-faire de ce metteur en scène. Le récupérateur de cadavres ne se limite pas aux aspects racoleurs du fait divers ni à cette vieille valse de l’éthique et de la science. Au fur et à mesure de l’intrigue, se tissent et se détissent les rapports complexes entre les personnages et le manichéisme apparent se désagrège. Ne demeurent à la fin que des monstres ou des victimes sous le coup de ce vieil adage : l’enfer est pavé de bonnes intentions. Il faut dire que <em>Le</em> <em>Récupérateur</em> est produit par Val Lewton dont la devise était «L’inquiétude plutôt que la peur».</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dans la nouvelle de Stevenson, la clef des problèmes est à rechercher dans le passé – mais c’est un inconvénient prévisible lorsqu’on triture du faisandé que d’avoir une longueur de retard. Le secret qui lie les deux héros et les enferme dans une culpabilité gluante, va contaminer les bonnes résolutions pour les faire tourner en vinaigre… Alors qu’adviendra-t-il de la fillette paralysée que le docteur Macfarlane consent à opérer malgré ses hésitations et ses faiblesses ? Et de sa mère qui se remet toute entière entre les mains du bon docteur ? L’assistant intercède ; Gray, présenté jusque-là comme le mal incarné (« c’est le diable », dira la maîtresse du toubib, une servante que celui-là est trop lâche pour épouser) pousse MacFarlane à l’opération…. Empathie ? Machiavélisme ? Les intentions des protagonistes restent en demi-teinte malgré les aveux et les explications. Un étau se resserre autour de nos héros qui traînent décidément trop de casseroles, tandis que du bien naît le mal et réciproquement. Une autre forme en somme, métaphysique cette fois, de recyclage.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2007.</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Titre original : The Body Snatcher, Robert Wise, 1945</p>
<p style="text-align: justify;">Scénario : Philip MacDonald, Carlos Keith, d’après une nouvelle de Robert Louis Stevenson</p>
<p style="text-align: justify;">Avec Boris Karloff (John Gray), Bela Lugosi (Joseph), Hery Daniell (Dr. MacFarlane), Edith Atwater (Meg Camden)</p>
</blockquote>
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		<title>Salles Obscures vs Night Flyer</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2007 11:36:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Si je me permets de mettre en relation des choux et des sardines, à savoir un roman écrit dans les années 80 par un spécialiste des séries B et un téléfilm adapté d’une nouvelle de King, c’est que les deux me touchent pareillement la corde sensible, celle qui vibre quelque part entre la canine et la jugulaire. Voilà deux œuvres qui traitent de vampirisme, dans une optique a priori différente mais dans lesquels mon esprit retors détecte... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-95" title="ailes-nuit01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/04/ailes-nuit01-150x150.jpg" alt="ailes-nuit01" width="150" height="150" />Si je me permets de mettre en relation des choux et des sardines, à savoir un roman écrit dans les années 80 par un spécialiste des séries B et un téléfilm adapté d’une nouvelle de King, c’est que les deux me touchent pareillement la corde sensible, celle qui vibre quelque part entre la canine et la jugulaire. Voilà deux œuvres qui traitent de vampirisme, dans une optique a priori différente mais dans lesquels mon esprit retors détecte une foultitude de points communs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le héros de <em>Nightflyer</em> est un paparazzi sur la pente descendante, prêt à vendre père et mère pour alimenter sa feuille charognarde. Entre « Elvis a été enlevé par les extraterrestres » et « une mère cannibale fait bouillir son bébé », notre journaliste s’offrirait bien le &#8216;Night Flyer&#8217;, un mystérieux aviateur qui se pose sur de petits aéroports et fait le plein – à tous les sens du terme, avant de repartir dans la nuit.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà que notre journaliste qui court après le peut-être vampire et dont la maxime est « ne jamais écrire ce que l’on croit et ne jamais croire ce que l’on écrite », se met lui-même à croire. Jusqu’à succomber à la fascination, se prenant ainsi à l’hameçon qu’il réserve généralement aux lecteurs de son torchon : le désir de voir/savoir. « <em>Montre moi ton visage</em> », dit le paparazzi au monstre, ignorant qu’il réclame une épiphanie mortelle – mais on ne peut pas lui en vouloir, j’aurais fait pareil. Et ce que lui sert le vampire ne déparerait pas dans son journal. C’est décoratif comme tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Jamais un film, selon moi, n’a aussi bien joué avec la notion de « cliché ». Car du vampire on verra tout ce qu’on veut voir et finalement rien du tout, tantôt beau, tantôt affreux, séduisant ou repoussant, capé de rouge ou habillé en aviateur. Le vampire fait son show. Et le journaliste me direz-vous ? Bah, il ne s’en remet pas très bien.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Salles Obscures</em> est également une histoire d’image. Or l’image promet, mais l’image ne tient jamais. Dans le roman, elle plante ses crocs dans l’esprit du héros pour y placer un désir insatiable. Car il ne faut pas s’y tromper, même s’il mord à belles dents, le héros du roman n’est qu’un vampire par procuration. Le vrai vampire de l’histoire, c’est le film, un film de série B au titre ridicule de <em>Gorges perforées</em> qui fait naître chez les spectateurs d’insatiables désirs sensuels et vampiriques : «<em>Juste un film vu un après-midi à l’Eros, un vieux cinéma reconverti dans le X. Un film étrange qui, à première vue, n’avait rien de pornographique, où il ne se passait pas grand-chose, et dont je ne m’expliquais mal pourquoi il me fascinait autant</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Le reste du roman sera une quête du sens, la recherche du «comment je me suis fait avoir».  Et la réponse est simple. Comme le paparazzo de <em>Night Flyer</em>, le héros de<em> Salles Obscures </em>pourtant rôdé aux stratégies de la séduction visuelle puisqu’il travaille dans la publicité, tombe dans un piège dont il est connaît parfaitement les rouages : « <em>Peut-être était-ce la manière qu’avait le réalisateur de filmer le cou et la gorge de ses interprètes, ou ces ruptures soudaines d’images, comme si le projectionniste avait prélevé pour sa collection des extraits de certaines séquences ?</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Le voilà donc qui se met en quête de la copie originale. Comme dans toute bonne dialectique érotique, l’important n’étant pas ce que l’on montre, mais ce que l’on promet, ; ce qui fait courir les paparazzis et les fans de série B est simple comme Orphée se retournant pour voir Eurydice : l’idée qu’il y a quelque chose à voir au delà du masque.Or, petit problème : tout comme le monstre de Nightflyer n’est qu’une image toute puissante, les scènes coupées de Gorges Perforées n’ont jamais existé. Car il n’y a évidemment rien derrière le masque.</p>
<p><strong>Melmothia, 2007</strong></p>
<p><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-115" title="sallesobscures-300x250" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/04/sallesobscures-300x250.jpg" alt="sallesobscures-300x250" width="300" height="250" /><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Phantom of The Paradise</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Aug 2006 12:43:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-306" title="death_records" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2006/08/death_records-150x150.jpg" alt="death_records" width="150" height="150" />Je vous propose de découvrir les premières minutes d’un des rares films qui cristallise la naissance du Hard Rock en pénétrant dans la chambre noire où se cache l’œil impie de Brian De Palma. Alors sortez vos pattes d’eph et empruntez au besoin une chemise à col pointu dans la garde robe de Bernard-Henri Levy car nous allons nous replonger dans les seventies autour d’un sujet qui plaira à Cerbère, la célèbre pédale wah-wah qui fit roquer l’antre d’Hadès.</p>
<p style="text-align: justify;">L’action de <em>Phantom of the Paradise</em> se déroule au début des années soixante-dix dans les coulisses d’une discothèque que l’énigmatique Swan, 1m,12 les bras levés, dirige d’une main d’enfer. Perché sur des talonnettes à en faire pâlir de jalousie Prince, il est également à la tête de « Death Records », un label estampillé «H5N1» représentant un piaf moribond. Les «Fruits Juteux», le groupe phare dont Swan est le manager, a la banane mûre pour la ringardise et la gomina terne en cette période de transition entre le rock qui oscille des rotules et celui qui frétille de la queue en scandant « sex &amp; drugs &amp; éventuellement rock’n’roll».</p>
<p style="text-align: justify;">Pour redonner un second souffle à son business, il se met en quête d’un nouveau graal sonore pour le concert d’inauguration du temple qu’il veut ériger à la gloire du rock, le « Paradise ». Alors que les auditions semblent avoir révélé autant de talents que le casting de Star Academy et que déjà les balais s’affairent sur scène, Winslow Leach, un compositeur s’empare du piano et interprète le début d’une cantate dédiée à Faust. Swan succombe immédiatement au charme des paroles qui lui rappellent cette soirée mousse dans sa baignoire où il conclut jadis un pacse avec Mephistophélès en échange d’un lifting éternel. Mais Winslow Leach avec ses culs de bouteilles et sa coupe de lévrier afghan a autant de sex appeal que l’humble scribouillard qui vous conte ce récit. Swan décide donc de se débarasser du compositeur et de s’approprier la partition de la cantate pour adapter la musique au goût du jour et surtout la faire interpréter par un groupe plus tendance. Pour faire valoir ses droits, Leach va jusqu’à se travestir en barbie-partouze pour approcher Swan, mais à chaque tentative il se fait expulser manu militari. Entre-temps, il s’est amouraché de Phoenix, une jeune chanteuse qui, pour interpréter une partie de la cantate vendra plus tard sa voix à Swan devenu VRP pour Mephisto. Le manager sans scrupule s’arrange pour qu’on trouve de la blanche dans les poches de l’auteur devenu encombrant, ce qui vaut à Leach le privilège d’aller chanter les portes du pénitencier à Sing-Sing.</p>
<p style="text-align: justify;">Leach, qui lors de son passage par la case prison a perdu ses dents, ses cheveux sans même toucher 10&#8217;000, parvient à s’évader et réapparait quelques temps avant l’ouverture officielle du Paradise avec l’intention de s’adonner aux joies du sabotage. Poursuivi par les vigiles, il glisse malencontreusement et finit la tête la première dans la presse à vinyls qui referme ses mâchoires sur son visage. Outre ses rides, le voilà désormais affublé de sillons à tel point que si un acupuncteur y plaçait une aiguille, ça ferait grammophone. Winslow Leach, défiguré et blessé par balles alors qu’il s’enfuit tombe dans le fleuve pour disparaître à jamais. Du moins sous cette identité là… Au Paradise, alors que les «Fruits Juteux» répètent le morceau emprunté à Leach et qu’ils interprèteront au gala d’ouverture, une ombre à la respiration asmatho-vadorienne se glisse dans les couloirs. De retour, Winslow Leach 2 s’empare d’une cape, d’un masque de métal représentant un oiseau et incarnera le «Phantom», une sorte de super résistant fetish qui terrorisera le Paradise.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pour la première demi-heure du film, je m’arrête là pour ne pas gâcher le suspens à ceux qui ne l’auraient pas encore vu.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Phantom of the Paradise</em>, un opéra rock sorti dans les salles en 1974, synthétise la rencontre cinématographique entre plusieurs mythes ou récits fantastiques. Dans la trame de ce film s’entrecroisent le <em>Faust</em> de Goethe, canevas autour duquel De Palma brode l’intrigue, mais aussi la fibre du <em>Fantôme de l’Opéra</em> de Gaston Leroux, le patchwork humain qu’est le <em>Frankenstein</em> créé par Mary Shelley ou encore le portrait de Dorian Gray brossé par la plume d’Oscar Wilde.</p>
<p style="text-align: justify;">Des Travellings circulaires aux panoramiques à 180°, des mouvements fluides de la caméra aux split-screens, de la violence exacerbée au voyeurisme, autant de marques de fabrique que De Palma réutilisera tout au long de sa carrière et qui rendent son style facilement identifiable.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec Paul Williams qui a composé la BO dans le rôle de Swan, William Finley dans celui de Winslow Leach sans oublier la sublime Jessica Harper qui interprète Phoenix et que Dario Argento rendra immortelle dans <em>Suspiria</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Endemoniada, 2006</strong></p>
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