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	<title>Romantisme Noir &#187; Anecdotes &amp; Légendes</title>
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		<title>The Ridges, l’asile hanté</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Oct 2010 20:25:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur une colline à l’est de la d'Athènes dans l’Ohio, trône l’un des derniers représentants encore intacts de ce que le siècle passé connaissait sous le nom de « bâtiments Kirkbride » : des hôpitaux psychiatriques luxueux, à l’architecture de châteaux et entourés de plusieurs hectares de parc. À l’origine de ces constructions se trouve un homme, le docteur Thomas... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/10/stain01.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-637" title="stain01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/10/stain01-300x300.jpg" alt="" width="192" height="192" /></a>Sur une colline à l’est de la d&#8217;Athènes dans l’Ohio, trône l’un des derniers représentants encore intacts de ce que le siècle passé connaissait sous le nom de « bâtiments  Kirkbride » : des hôpitaux psychiatriques luxueux, à l’architecture de châteaux et entourés de plusieurs hectares de parc.</p>
<p style="text-align: justify;">À l’origine de ces constructions se trouve un homme, le docteur Thomas Story Kirkbride, dont les travaux contribuèrent à améliorer le statut des malades mentaux en substituant à leur incarcération dans des conditions inhumaines, prise en charge qui prévalait jusque-là, l&#8217;innovation de la « thérapie mentale ». Il n’est certes pas le seul à cette époque à prétendre alerter le grand public sur le sort des exclus, à la même époque Dorothea Dix œuvre pour améliorer les conditions de vie des fous et des prisonniers, mais la dynamique de réforme de Kirkbride a l’avantage de s’étayer sur une théorie psychiatrique : selon lui, les psypathologies sont susceptibles d’être guéries par un environnement propice. Sous son influence, on va même concéder aux fous le droit à une vie privée &#8211; des chambres individuelles.</p>
<p style="text-align: justify;">L’expansion des grandes villes et la croissance démographique ayant proportionnellement entraîné celle des malades mentaux, « Le plan Kirkbride » trouve un accueil favorable sur le sol américain. Sous son influence, les différents États se prennent à partir de 1850 d’une frénésie de construction d’asiles ressemblant à des palaces, financés par les fonds publics fédéraux. Le premier chantiers a lieu dans le New Jersey. Le <em>Trenton Psychiatric Hospital</em> ouvre ses portes le 15 mai 1848.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’asile d’Athènes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1867, l&#8217;Assemblée législative de l&#8217;Ohio nomme à son tour une commission chargée de trouver un site favorable à la construction d’un asile de type Kirkbride dans le sud-est de l’État. C’est un terrain agricole de 150 hectares qui est choisi pour élever le bâtiment. La commission donne son accord et le chantier, confié à l’architecte Levi T. Scofield, débute en 1867 pour se terminer courant 1874 .</p>
<p style="text-align: justify;">Conformément au plan de construction Kirkbride, <em>The Athens Mental Health Center </em>comporte un bâtiment principal réservé à la partie administrative, et deux grandes ailes, l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes &#8211; ce qui est une nouveauté à l’époque. Les malades les plus « perturbés » sont confinés à l’extrémité des ailes, tandis que les plus sociables résident près des bâtiments administratifs.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">Comme la plupart des constructions Kirkbride, le bâtiment se trouve au sommet d&#8217;une colline. Voisin du campus principal de l&#8217;université d’Ohio, il est orienté vers le centre d’Athènes et fait face à la rivière Hocking. Ces institutions étant conçues pour fonctionner de manière autonome, les malades s’occupent de la culture des potagers, des exploitations porcines ou bovines, de l’entretien du parc et de la propriété. Selon le docteur Kirkbride, l’architecture du lieu, la beauté du cadre, l’air pur et le travail sont censés remplir un rôle thérapeutique.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="ngg-singlepic ngg-center" src="http://www.melmothia.net/wp-content/gallery/the-ridges/the-ridges-le-batiment-principal.jpg" alt="the-ridges-le-batiment-principal" width="542" height="354" /></p>
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</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><em>Les images ci-dessus sont extraites du site des archives de la Bibliothèque de l’Université d’Athènes </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>qui propose en ligne </em><a href="http://media.library.ohiou.edu/cdm4/results.php?CISOOP1=exact&amp;CISOFIELD1=locati&amp;CISOROOT=/archives&amp;CISOBOX1=Ridges&amp;CISOSTART=1,1" target="_blank"><em>ICI</em></a><em> de très belles photos d’époques.</em></p>
<p style="text-align: justify;">À son ouverture, l’asile abrite 544 patients. Ce nombre atteindra 1.600 en 1935, puis connaîtra un pic à 2.000 dans le milieu des années 50. Entre-temps le bel idéal de « thérapie mentale » a pris un coup dans les gencives. Moins de dix ans après la construction des premiers bâtiments Kirkbride, les conditions de vie des malades ont commencé à se dégrader, en raison notamment de la surpopulation :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Au début du siècle suivant, les hôpitaux d&#8217;État sont devenus des lieux où l&#8217;on entassait un nombre croissant de personnes que la société considérait comme indésirables, y compris les criminels, les pauvres, les homosexuels, les personnes aux points de vue religieux non conformes, les enfants non désirés, les vieux, les syphilitiques, les alcooliques et tous ceux qui indisposaient l&#8217;entourage… </em>» [1].</p>
<p style="text-align: justify;">Les bains d’eau glacé ou bouillante &#8211; selon l’humeur des médecins, les électrochocs et les différentes formes de lobotomie, sont appliqués avec d’autant plus de zèle qu’il s’agit moins de soigner les malades que de garantir une certaine tranquillité au personnel. Les luxueux hôpitaux Kirkbride censés guérir la folie par le « traitement moral » deviennent alors synonymes d’horreur. C&#8217;est l&#8217;époque glorieuse de la lobotomie trans-orbitale et autres joyeusetés. Durant la Seconde Guerre Mondiale, les choses s&#8217;aggravent encore puisque le personnel est réduit à son strict minimum et les patients entassés dans des cellules sont abandonnés sans soins médicaux, parfois sans nourriture.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis, à la fin des années 60, la mode de l’internement passe. La découverte de la thorazine, la camisole chimique, change de nouveau l’approche de la maladie mentale. Désormais la nouvelle drogue peut rendre les fous « sociables » , ce qui permet à l’État Fédéral et au gouvernement de conséquentes économies en faisant passer les malades du statut d’internés à celui de sans domicile fixe.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>À la fin des années 1960 et 1970, la Thorazine, ‘la camisole de force chimique’, a changé les soins de santé mentale. Les neuroleptiques, comme la Thorazine, ont des effets néfastes ainsi que de nombreux effets secondaires graves. Ils ont été plus tard identifiés par les dissidents politiques soviétiques comme l&#8217;une des pires tortures qu&#8217;ils aient subies dans les ‘centres psychiatriques’ où ils étaient internés. Rendant les patients dociles et obéissants, ils ont été largement utilisés dans le système de santé américain. Avec la propagation de cette pratique, la politique de désinstitutionnalisation prônée par le Président John F. Kennedy et la naissance d&#8217;associations de défense des droits des patients, on a abandonné l&#8217;hospitalisation traditionnelle : il ne s&#8217;agissait plus d&#8217;enfermer les patients pour le restant de leur vie, mais de changer leurs comportements pour qu&#8217;ils s&#8217;intègrent dans leur communauté […]. Les patients se sont retrouvés à la rue, sans soins, et le nombre de sans-abri est monté en flèche. Lors de la fermeture de l&#8217;hôpital d&#8217;État Byberry en 1986, trois patients se sont noyés dans le Schuylkill avant que le gouverneur de Pennsylvanie ne décide de ralentir le processus à un niveau gérable </em>» [2].</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’affaire Margaret Schilling</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1990, l’hôpital psychiatrique d’Athènes dont l’effectif est tombé à 300 patients déménage, et les anciens bâtiments sont cédés à l&#8217;université de l&#8217;Ohio située à deux pas du domaine. La plupart des constructions annexes sont rénovées, une partie du corps principal est dévolue Musée d&#8217;Art Kennedy, tandis que certains étages attendent encore d’être réhabilités.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre-temps, le lieu a changé de nom en 1984 pour « The Ridges » (les crêtes) et a attrapé une sale réputation. Sur l’humus de l’idéal Kirkbride ont en effet commencé à pousser en toute liberté des fantômes. Culture sur laquelle un fait-divers advenu une vingtaine d’années avant la fermeture de l’hôpital va jouer un rôle d’engrais particulièrement efficace.</p>
<p style="text-align: justify;">En décembre 1978, une patiente du nom de Margaret Schilling disparaît. Le personnel la recherche en vain durant six longues semaines. Puis, en janvier, son cadavre décomposé est retrouvé dans une partie inoccupée du bâtiment, au troisième étage. Si l’examen médical conclut à une crise cardiaque, peut-être favorisée par l’absence de chauffage dans cette zone désaffectée, l’histoire ne dit pas comment la patiente s’est retrouvée enfermée dans cette pièce excentrée.</p>
<p style="text-align: justify;">À ce premier mystère s’ajoute un détail macabre qui n’en finit plus de faire gloser les chasseurs de spectres : vingt ans plus tard, le sol de pierre conserve encore l’empreinte précise du cadavre de Margaret Schilling sous la forme d’une tache claire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.melmothia.net/wp-content/uploads/2009/09/The-Ridges-Stain.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2667" title="The Ridges Stain" src="http://www.melmothia.net/wp-content/uploads/2009/09/The-Ridges-Stain.jpg" alt="" width="300" height="418" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Image extraite du site <a href="http://www.livejournal.com/" target="_blank">Kirkbride Buildings</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Réelle hantise ou mauvaise conscience d’une société ayant maltraité ses malades, toujours est-il que de plus en plus de visiteurs se mettent à « voir des choses » dans l’asile, surtout les étudiants de l’Université dont le campus a intégré le bâtiment. Ce genre d’histoire faisant merveille à l’approche d’Halloween, le fait divers déjà morbide va rapidement s’enrichir de tout un folklore : une étudiante suicidée, des cimetières formant un pentagramme, un clocher hanté et même une équipe de basket-ball formée de spectres… Pour une liste exhaustive de ces histoires, je vous invite à visiter le site d’Andy Henderson, propriétaire et exploitant du site Web <a href="http://www.forgottenoh.com/" target="_blank">Forgotten Ohio</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Légendes urbaines</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La plus connue des légendes urbaines de The Ridges concerne une certaine Debbie ‘Ralph’ Southall, une étudiante que sa curiosité aurait poussée à se rendre seule, de nuit, dans la pièce où Margaret Schilling a trouvé la mort. Quelques jours plus tard, l’infortunée, poursuivie par le fantôme de l’internée, se serait suicidée, raconte-t-on dans les couloirs de la fac… Or, si les carabins de l’Ohio comme la plupart des sites internet se font écho de cette suite macabre, elle pose pour commencer un petit problème de date. Dans les archives de <em>The Post</em>, le journal local du campus et de la ville d’Athènes, il est bien question des expériences étranges d’une étudiante du nom de Debbie Southall qui, accompagnée de deux amis, aurait aperçu la nuit sur le campus une créature suspecte et vu des objets « bouger tout seuls » ; cependant, l’article qui date de 1978 relate des événements ayant eu lieu en 1975 et en 76, c’est-à-dire plus de deux ans avant le décès de l’infortunée Margaret Schilling. Par ailleurs, aucun suicide d’étudiant n’a été signalé à cette époque.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre phénomène que soulignent les chasseurs de fantômes locaux : cinq cimetières autour de The Ridges seraient disposés en pentagramme avec comme le centre le Wilson Hall, un bâtiment réputé particulièrement hanté :</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2654" title="Pentagramme01" src="http://www.melmothia.net/wp-content/uploads/2009/09/Pentagramme01.jpg" alt="Pentagramme01" width="256" height="234" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Image extraite de l&#8217;article </em><a href="http://www.thepost.ohiou.edu/main.asp?Search=1&amp;ArticleID=16045&amp;SectionID=17&amp;SubSectionID=35&amp;S=1" target="_blank"><em>The truth behind haunted Athens</em></a><em>, sur le site du journal The Post.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Mais, outre que le pentagramme en question est un peu tiré par la tangente, un coup d’œil aux points noirs sur le dessin signalant les cimetières disséminés dans la ville, permet de déduire qu’en s’appliquant un peu, on pourrait y trouver tous les polygones possibles et même la tête de Mickey.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le dessin ci-dessous, un blogueur s’essaie à toutes sortes de figures dignes du spirographe de mon enfance :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2655" title="Pentagramme02" src="http://www.melmothia.net/wp-content/uploads/2009/09/Pentagramme02.jpg" alt="Pentagramme02" width="250" height="217" /></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, l’un des cimetières de The Ridges aurait été déclaré « cimetière le plus hanté au monde » par la <em>British Society of Psychical Research</em>, peut-on lire un peu partout. Or, dans un article datant d’octobre 2000, Emily Patterson, une étudiante travaillant pour le Post, rapporte son entretien téléphonique avec le secrétaire de la BSPR.  Après avoir vérifié dans les archives de l’association, son interlocuteur lui a assuré que la <em>British Society of Psychical Research</em> n’avait jamais mené d’enquête sur l’hôpital psychiatrique d’Athènes et, a fortiori, n’avait jamais effectué une telle déclaration [3].</p>
<p style="text-align: justify;">Ce cimetière, à défaut de caution parapsychologique, présente cependant une curiosité qui attire l&#8217;attention : sur les pierres tombales, les noms sont remplacés par des numéros. Une légende locale veut que toute trace des malades enterrés dans ce lieu ait été effacée, ceux-ci étant décédés à la suite d’expériences médicales sauvages. En réalité, l’hôpital conserve sur microfilms les identités de chacun des résidents du cimetière, ces archives restant à disposition du public. En fin de compte, ce que les numéros sur les tombes nous disent, c’est que les patients, une fois morts, étaient presque aussi mal traités que lorsqu’ils étaient en vie.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2657" title="The Ridges Le Cimetière" src="http://www.melmothia.net/wp-content/uploads/2009/09/The-Ridges-Le-Cimetière.jpg" alt="The Ridges Le Cimetière" width="464" height="205" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Images extraites du site </em><a href="http://www.graveaddiction.com/2ridges.html" target="_blank"><em>Grave Addiction</em></a><em>.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La « tache »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À présent que nous avons fait le tour des principales légendes, revenons à notre tache. Si le soleil tombant par la large fenêtre de la pièce n’a pas suffi à réchauffer Margaret Schilling en ce mois de décembre 1978, il a par contre favorisé la dégradation de son corps et c’est un cadavre déjà très abîmé que découvre en janvier le personnel soignant. Ordre est donné de nettoyer la pièce, mais cette satanée souillure s’incruste, au point que vingt ans plus tard, elle est toujours là, sous la forme d&#8217;une décoloration locale du sol.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer cette anomalie, comme celle d’une éventuelle photographie en négatif du corps dans la pierre. Puis, l’année dernière, un chercheur en biochimie de l’université de l’Ohio a démontré qu’il fallait s’en remettre au phénomène très naturel de la décomposition des corps. Le but de Glen Jackson et de son équipe, en étudiant la tache de l’asile d’Athènes, était de déterminer si les enquêteurs judiciaires pouvaient parvenir à identifier la présence de restes humains dans un lieu exempt de trace d’ADN. En démontrant la présence d’acides gras dans le sol, Glen Jackson a pu conclure que la tache de l’hôpital d’Athènes avait bien été produite par la dégradation de tissus gras provenant de la décomposition d’un corps. L’article intitulé « Forensics tackles Athens lore », paru le 05 novembre 2008 dans The Athens News, peut être lu (en anglais) <a href="http://athensnews.com/component/content/article/1-local-news/23910-forensics-tackles-athens-lore" target="_blank">ICI</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Demeure néanmoins un détail problématique que la biochimie échoue à résoudre : la forme parfaite de la tache. Le nettoyage du sol après l’enlèvement du corps, nous dit Glen Jackson, aurait dû éparpiller les acides gras et rendre par conséquent la tâche informe. Or, ce n’est apparemment pas le cas. Alors, hantise ou négligence des femmes de ménage ?</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2665" title="Stain02" src="http://www.melmothia.net/wp-content/uploads/2009/09/Stain02.jpg" alt="Stain02" width="357" height="261" /></p>
<p style="text-align: center;">Image extraite du site <a href="http://www.livejournal.com/" target="_blank">Live Journal</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2009</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] &amp; [2]  Citations extraites de « <a href="http://www.un.org/french/pubs/chronique/2006/numero2/0206p38.htm" target="_blank">Grandeur et décadence des hôpitaux d’état </a>», par Matthew Murray, sur le site <em>Chroniques de l’ONU</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">[3] « <a href="http://www.thepost.ohiou.edu/archives3/oct00/102600/entertain2.html" target="_blank">The Ridges isn&#8217;t that scary</a> », par Tiffany Royal and Ben Roode, 26 octobre 2000, sur le site du journal <em>The Post</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelques sources :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un excellent site en anglais sur les constructions Kirkbride : <a href="http://www.kirkbridebuildings.com/index.html" target="_blank">Kirkbride Buildinds</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Un reportage sur The Rigdes a été effectué par TF1 dans le cadre de l’émission « 30 histoires Mystérieuses » et diffusé en octobre 2007. Il est disponible en ligne sur le site <em>Mystère-TV</em>, <a href="http://www.mystere-tv.com/la-tache-du-campus-d-athens-v216.html" target="_blank">ICI</a>. Il faut cependant savoir que pour sacrifier au sensationnel, ce reportage prête caution aux légendes urbaines évoquées plus haut.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Guide to Ohio University Ghosts &amp; Legends,</em> Craig Tremblay, Lulu.com, 2007.</p>
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		<title>George Augustus Selwyn, par Mario Praz</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/589/george-augustus-selwyn-par-mario-praz/</link>
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		<pubDate>Tue, 14 Sep 2010 19:41:30 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[Il paraît assuré que la flagellation sexuelle a été pratiquée en Angleterre plus fréquemment qu'ailleurs, si, toutefois, nous devons en croire Pisanus Fraxi et le docteur Dühren qui se sont particulièrement occupés de cette question. On pourrait en trouver la confirmation dans le fait que la littérature... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/09/silent_hill_pyramid_head.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-590" title="silent_hill_pyramid_head" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2010/09/silent_hill_pyramid_head-300x300.jpg" alt="" width="240" height="240" /></a>«  Il paraît assuré que la flagellation sexuelle a été pratiquée en Angleterre plus fréquemment qu&#8217;ailleurs, si, toutefois, nous devons en croire Pisanus Fraxi [1] et le docteur Dühren [2] qui se sont particulièrement occupés de cette question. On pourrait en trouver la confirmation dans le fait que la littérature sur le sujet est principalement de provenance anglo-saxonne. Le type de l&#8217;algolagnique anglais se précise de façon inoubliable vers la fin du XVIIIe siècle, avec George Augustus Selwyn (1719-1791), un des personnages les plus importants de la société sous George III, qui, dans quelques uns de ses aspects, semble presque anticiper Swinburne. Chez lui aussi une attraction morbide pout les spectacles sanglants allait de pair avec une tendresse prononcée pour les enfants.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">A une complète jouissance des plaisirs de la société, une bonne humeur imperturbable, une bonté de coeur et une tendresse passionnée pour les enfants, il unissait un intérêt morbide pour les détails des souffrances humaines et, en particulier, le goût d&#8217;assister aux exécutions capitales. Non seulement il était un fréquentateur assidu de telles scènes d&#8217;horreur, mais tous les détails du crime, l&#8217;histoire privée du malfaiteur, son attitude pendant le procès. en prison et sur l&#8217;échafaud, et son état d&#8217;âme à l&#8217;heure de sa mort et de sa dégradation, étaient pour Selwyn l&#8217;objet de l&#8217;intérêt le plus profond et le plus extraordinaire. Même les plus affreux détails relatifs à un suicide ou à un crime, l&#8217;examen du cadavre défiguré, la vue d&#8217;une connaissance dans un linceul, lui ont offert &#8211; paraît-il &#8211; un pénible et inexplicable plaisir&#8230; [3]</p>
<p style="text-align: justify;">Ce goût de Selwyn donna lieu à de très nombreuses anecdotes, dont la plupart nous sont rapportées par Horace Walpole dans sa correspondance. « George », dit Walpole entre autres, « ne pense à autre chose qu&#8217;à <em>la tête tranchée</em>… »*. A l&#8217;occasion de l&#8217;horrible supplice de Damiens, qui avait attenté à la vie de Louis XV, Selwyn se rendit à Paris exprès, le 5 janvier 1757, se mêla à la foule en habits très simples et, comme un Français qui avait remarqué son excitation lui demandait : « <em>Vous êtes bourreau ?</em> » il aurait répondu : « <em>Non, non, monsieur, je n&#8217;ai pas cet honneur : je ne suis qu&#8217;un amateur</em> ». Une version différente de cette anecdote est donnée par sir Nathaniel Wraxall [4] :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">L&#8217;excitation nerveuse de Selwyn et son anxieuse curiosité d&#8217;observer les effets de la dissolution physique chez les hommes, l&#8217;exposèrent non seulement au ridicule, mais aussi au blâme. On l&#8217;accusait de ne pas manquer une seule exécution capitale ; et parfois, pour éviter d&#8217;être remarqué, il se déguisait avec des vêtements féminins. On m&#8217;assure qu&#8217;en 1756 il alla spécialement à Paris pour assister aux derniers instants de Damiens&#8230; Alors que, dans la foule, il cherchait à s&#8217;approcher de l&#8217;échafaud, il fut d&#8217;abord repoussé par un des aides de justice ; mais Selwyn ayant informé celui-ci qu&#8217;il n&#8217;était venu de Londres que pour être présent au châtiment et à la mort de Damiens, le bourreau fit aussitôt écarter la foule en s&#8217;écriant : «  <em>Faites place pour monsieur, c&#8217;est un Anglais et un amateur </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Nul doute pour moi que cette anecdote soit à l&#8217;origine de la légende répandue en France de l&#8217;Anglais amateur d&#8217;exécutions capitales qui se développa pendant le Romantisme et fut relancée par les Goncourt. L&#8217;Anglais sadique de la <em>Faustin</em> d&#8217;Edmond de Goncourt s&#8217;appelle précisément George Selwyn. Le nom de ce sadique du XVIIIe siècle devait être bien connu des Goncourt qui étudièrent cette époque avec la passion que l&#8217;on sait [5].</p>
<p style="text-align: justify;">* En français dans le texte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Index Librorum Prohibitorum</em>, Londres, hors commerce, 1877, surtout pp. XL-XLI.</p>
<p style="text-align: justify;">[2]E. Dühren, <em>Das Geschlechtsleben in England</em>, II, Berlin, Lilienthal, 1903, p. 336 sqq, Die Flagellomanie.</p>
<p style="text-align: justify;">[3] J. H. Jesse, <em>George Selwyn and His Contemporaries</em>, Londres, Bentley, 1843, pp. 4-5.</p>
<p style="text-align: justify;">[4] Jesse, <em>op. cit</em>., p. 11. Casanova aussi raconte avoir accompli l&#8217;acte sexuel pendant l&#8217;exécution de Damiens.</p>
<p style="text-align: justify;">[5] On parle de Selwyn dans <em>Nocturnal Revels, or the History of King&#8217;s Place and other modern Nunneries</em>, By a Monk of the Order of St. Francis, Londres, Goadby, 1719 ; traduit en français comme <em>Les Sérails de Londres ou les Amusements Nocturnes</em>, Paris, chez Barba (1801).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait de l’ouvrage de Mario Praz, </strong><em><strong>La Chair, la Mort et le Diable : le romantisme noir</strong></em><strong>, Gallimard, 1998. P345-346.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Voir également sur ce site : <a href="http://www.romantisme-noir.net/13/erection-en-place-de-greve/" target="_blank">Erection en place de Grève</a></strong><strong>. </strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Erection en Place de Grève</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Aug 2009 14:06:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[Puisque désormais le Guiness des records, les Victoires de la Musique et même les Darwin-Awards sont devenus tellement ennuyeux, je propose que l’on instaure un prix spécial, le Kraft-Ebbing par exemple, venant récompenser les plus ravissantes perversions. Mon favori pour le trophée serait sans hésitation Georges Auguste Selwyn qui, non content d’être un vicieux, s’offrait le luxe d’être un homme d’esprit, de ceux dont on égrène les aphorismes en société... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-19" title="00d/28/frum/14726/f13x017" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/08/2695379-150x150.jpg" alt="00d/28/frum/14726/f13x017" width="150" height="150" />« <em>Le commandeur de pierre peut venir souper avec nous ; il peut nous tendre la main ! Nous la prendrons encore. Peut-être sera-ce lui qui aura froid. </em>»</p>
<p style="text-align: right;"><em>Le Convive des dernières fêtes</em>, A. Villiers de L&#8217;Isle Adam.</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque désormais le Guiness des records, les Victoires de la Musique et même les Darwin-Awards sont devenus tellement ennuyeux, je propose que l’on instaure un prix spécial, le Kraft-Ebbing par exemple, venant récompenser les plus ravissantes perversions.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon favori pour le trophée serait sans hésitation Georges Auguste Selwyn qui, non content d’être un vicieux, s’offrait le luxe d’être un homme d’esprit, de ceux dont on égrène les aphorismes en société pour draguer Pamela ou pour détourner l’attention de son hôte afin de vider discrètement le Cognac.</p>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;ayant pas sous la main l’intégrale de ses maximes pour vous en faire partager les qualités spirituelles, je vais donc plutôt vous parler de l’autre versant du bonhomme, ses érections. Mais sachez que les deux sont indissociables, Selwyn étant connu pour avoir répliqué à un bourreau qui lui demandait si lui-même était du métier : « <em>Oh non Monsieur, en aucun cas, je ne jouis de ce privilège. Je ne suis qu&#8217;un amateur</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’était, il me semble bien, à l’exécution de Damien en 1757 &amp; ce jour-là, le public en avait pour son argent. Brûlé en plusieurs endroits du corps, « tenaillé » &#8211; c&#8217;est-à-dire que l’on arrachait des morceaux de chair avant de verser de la poix sur les plaies, puis enfin écartelé, le condamné aurait souffert plus de quarante-cinq minutes avant d’expirer, jambes et bras arrachés, traînés sanguinolents sur le pavé de Paris par des chevaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il paraît que le bourreau – celui qui prit Selwyn pour l’un de ses collègues, fut particulièrement zélé cette fois-ci, mais peut-être l’avait-on payé, car les mauvaises langues du siècle prétendent que l’aristocrate anglais n’était pas un cas unique, qu’on louait fort cher des chambres aux fenêtres donnant sur la place de grève, où de riches bourgeois culbutaient des prostituées en levrette sur la rambarde des balcons pour profiter du spectacle.</p>
<p style="text-align: justify;">Selwyn, quant à lui, préférait se frayer un chemin dans la foule à coups de canne, pour être au plus près de son plaisir, mais s’il l’avait désiré, il aurait eu largement les moyens de s’offrir l’hôtel en entier. Membre du célèbre <em>Hellfire Club </em>de Dashwood, sorte de rotary pour riches débauchés, Georges Auguste Selwyn était membre du parlement et l’ami intime d’un autre riche débauché, Horace Walpole, l’auteur de l’un des premiers romans noirs sur le marché du livre, le très connu et très mauvais <em>Château d’Otrante</em>. La correspondance de Walpole sera d’ailleurs la principale source des aphorismes déjà évoqués – ceux servant à annexer Pamela ou le Cognac, et d’anecdotes plus ou moins piquantes de ce genre : un ami de Selwyn, Lord Holland, connaissant ses penchants nécrophiles, lui aurait un jour envoyé ce billet : « <em>Allez dire à M. Selwyn que je serais charmé de le voir si je suis encore vivant, et que s’il me trouve mort, ce sera sans doute lui qui sera charmé</em> ».</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-18 aligncenter" title="eso_selwyn01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/08/eso_selwyn01.jpg" alt="eso_selwyn01" width="144" height="223" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Georges Augustus Selwyn (1719-1791)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Dans un texte intitulé « Lycanthropie », José Giménez Corbatón le décrit en ces termes :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Ce maniaque est le représentant le plus indigne de l&#8217;interminable collection d&#8217;anglais qui, par je ne sais quelle étrange anomalie sanguine, prennent plaisir, et même du plaisir sexuel à assister aux tortures et aux exécutions. Selwyn aimait ces spectacles tout comme il aimait la tendre enfance, qui était également l&#8217;objet de ses regards lascifs. C&#8217;était un dépravé de la pire espèce. Courtois, sympathique, ayant beaucoup de conversation, généreux avec ses amis, toujours prêt à faire toutes sortes de faveurs, mais collectionneur d&#8217;horreurs. Non seulement il assistait aux exécutions, mais il poussait le vice jusqu&#8217;à connaître les détails les plus minimes de la vie du condamné. Il était attiré par le cadavre des suicidés ou des victimes d&#8217;un crime, et il aimait étudier attentivement le corps d&#8217;un mort qu&#8217;il aurait fréquenté de son vivant</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Comme attendu, la littérature s’emparera du personnage pour en faire un mythe, les frères Goncourt mettront en scène un Lord Selwyn sadique – mais qui doit sans doute plus au poète Swinburne qu’à notre enthousiaste des échafauds. Il inspirera également à Villiers de L’Isle Adam, l’un de ses contes intitulé <em>Le convive des dernières fêtes</em>. Il y est question d’un groupe d’amis qui font la rencontre en fin de beuverie d’un individu fort inquiétant, venu se payer une bonne tranche d’exécution dans la capitale. Les joyeux fêtards en ressortent tout dégrisés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>© Melmothia 2009</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Illustration : <em>Execution à Paris durant la Revolution française</em> (détail), par Hulton Archive/Getty Images. Extrait du site <a href="http://www.answers.com/" target="_blank">Answers.com</a>.</p>
</blockquote>
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		<title>Le Sanatorium de Waverly Hill</title>
		<link>http://www.romantisme-noir.net/143/le-sanatorium-de-waverly-hill/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 20:02:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[Au siècle dernier, on l’appelait la peste blanche et son palmarès était de 100 000 victimes par an. D’après les scientifiques, elle serait apparue voilà 3 millions d’années, en même temps que les premiers humains, et nous aurait talonnés jusqu’à l’invention des antibiotiques, croquant régulièrement dans la population sa quote-part de viande fraîche. Si sa forme pulmonaire est la plus connue, sous le vieux nom de « phtisie »... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-full wp-image-144" title="gre_images_sanatorium011-150x150" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/08/gre_images_sanatorium011-150x150.jpg" alt="gre_images_sanatorium011-150x150" width="150" height="150" />La bande à Bacille</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au siècle dernier, on l’appelait <em>la peste blanche</em> et son palmarès était de 100 000 victimes par an. D’après les scientifiques, elle serait apparue voilà 3 millions d’années, en même temps que les premiers humains, et nous aurait talonnés jusqu’à l’invention des antibiotiques, croquant régulièrement dans la population sa quote-part de viande fraîche. Si sa forme pulmonaire est la plus connue, sous le vieux nom de « phtisie », sachez qu’il en existe de délicieuses variantes osseuses ou cutanées. On connaît même une tuberculose urogénitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les temps les plus reculés, à défaut de médecine efficace, la prière demeure le recours commun. Une variante indienne dit : « <em>Ô Fièvre, avec ton frère la Consomption, avec ta sœur la Toux, va-t-en frapper les gens d’en dessous</em> » &#8211; ce qui est toujours sympa pour les voisins. Aux invocations à la vierge et aux saints, s’ajoutent durant le Moyen-Age des prescriptions plus ou moins engageantes : ingestion de broyat de poumon animal, confiture de cloporte, jus d’escargot, ou transfusion de lait de chèvre. La Renaissance opte pour le régime lacté, qui connaît un long succès malgré sa totale inefficacité, ainsi que pour un procédé à l’éthique discutable consistant à faire dormir une fraîche jeune fille à côté du malade ; par transfert dit-on, le tuberculeux guérit et la jeune fille dépérit.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes ces méthodes ne donnant que peu de résultats, les siècles suivants vont s’attacher à l’humeur du malade. La tuberculose, dit-on, est une affection de l’esprit. Tempérance, abstinence et longues marches dans la nature sont censées remonter le moral de ces victimes des « passions tristes ». Dans l’imaginaire romantique, la phtisie restera d’ailleurs associée à la mélancolie et nos auteurs du XIXe ne seront pas avares lyrisme pour vanter le charme des pâles et belles mourantes :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Son visage était amaigri et pâle ; ses yeux, coupés en amande, auraient peut-être jeté trop d’éclat, si une suavité extraordinaire n’eût éteint à demi ses regards en les faisant briller languissamment, comme un rayon de lumière s’adoucit en traversant le cristal de l’eau. Son caractère avait une sorte de raideur et d’impatience qui tenait à la force de ses sentiments et au mal intérieur qu’elle éprouvait</em> » (Chateaubriand, <em>Les Mémoires d’Outre-tombe</em>, 1848).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De l’air et du soleil</strong></p>
<p style="text-align: justify;">De toutes les stratégies médicales plus ou moins heureuses mises au point pour traiter le fléau, celle qui résistât le mieux aux modes thérapeutiques fut l’exposition au grand air et au soleil, ordinairement considérée comme une condition nécessaire à l’amélioration de l’état des tuberculeux. À l’ère industrielle, le lait et les prières font donc place aux sanatoriums. Au début privés et donc réservés aux classes moyennes ou supérieures, il accèdent à la gratuité en 1892, consécutivement à la mise en place du premier système d’assurances contre la maladie par Bismarck.</p>
<p style="text-align: justify;">Le début du XXe siècle verra le grand essor de ces structures &#8211; 250 sont construits entre 1900 à 1950 sur le territoire français. Souvent bâtis face à la mer, à proximité de forêts de pins ou de sapins, ils sont spécialement conçus pour le traitement de la maladie, car en l’absence de traitement médicamenteux, le remède préconisé est la cure de soleil (héliothérapie) et d’air chargé de l’effluve des pins, ainsi que la mise en quarantaine pour endiguer les risques de contagion. De là, leur architecture particulière : de grandes baies vitrées, beaucoup de fenêtres, de la verdure &#8211; ou comment crever la tête dans les cimes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Waverly Hill</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ouvert en 1910, ce qui n’était au début qu’un petit hôpital destiné à accueillir une cinquantaine de patients dut s’agrandir d’année en année pour faire face à la propagation de la maladie, jusqu’à devenir le plus grand sanatorium d’Amérique, un établissement comptant plus de 400 salles réparties sur 5 étages et doté d’un équipement des plus modernes. S’étirant sur toute la colline, souvent comparé à une chauve-souris étendant ses ailes, le sanatorium de Waverly Hill, dans l’état du Kentucky, accueillit les tuberculeux de la région, auxquels s’ajoutèrent ensuite les soldats rentrés du front infectés par le bacille à la fin de la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, la tuberculose est la première cause de mortalité en Europe et en Amérique du Nord, devant les armes à feu et les accidents. Si un vaccin a bien été mis au point par Calmette et Guérin en 1921, il ne fonctionne de façon optimum que sur les enfants et ne suffit pas à juguler l’épidémie mondiale. Il faudra attendre la découverte des antibiotiques dans les années 50 pour envisager de parler de la peste blanche au passé.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-145" title="gre_images_sanatorium01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/08/gre_images_sanatorium01.jpg" alt="gre_images_sanatorium01" width="350" height="225" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Copyright © 2003, 2004 <a href="http://whsmemorial.tripod.com/index.html%20" target="_blank">Waverly Hills Memorial &amp; Historical Research Group</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Après cinquante ans d’activité, le Sanatorium de Waverly Hill sera transformé en 1961 en centre gériatrique, fermé à son tour en 1982 pour cause de mauvais traitements à l’égard des pensionnaires, laissant alors place à la légende. Car depuis, des rumeurs circulent ; les gardiens et les visiteurs auraient aperçu des ombres mouvantes, des visages aux fenêtres, entendu des chuchotements et vu quantité de ces fameux orbs (cercles lumineux apparaissant sur les photographies) qui plaisent tant aux chasseurs de spectres. À l’histoire du lieu, déjà sinistre, vont se mêler anecdotes et légendes urbaines, la difficulté étant, bien entendu, de démêler le vrai du faux, d’autant qu’un film d’horreur dont l’action se déroule dans le bâtiment, est récemment venu brouiller encore les pistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis la sortie de <em>Death Tunnel</em> en 2005, blogs et sites web recopient consciencieusement les mêmes erreurs, allant jusqu’à mélanger scènes du film et réalité supposément historique sous le label « histoire vraie ». On y apprend donc que plusieurs dizaines de milliers de personnes y seraient mortes, que les patients y servaient de cobayes à des expériences dignes de Mengele, qu’on évacuait les cadavres en les jetant dans un puits, etc. le tout saupoudré de supposées crises de folie du personnel et de quelques drames personnels. Car, comme il convient, le sanatorium a sa chambre maudite, la 502 où se serait pendue une infirmière en 1928 (et puis peut-être une autre).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le bout du tunnel ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est des fantômes, se faire une opinion est difficile, car chacun a sa version et s’y accroche. S’il est crédible de penser que des motivations commerciales (le site est très visité) puissent inciter les gardiens à tirer un peu sur l’élastique des apparitions spectrales, il est plus difficile de mettre en doute la parole de badauds passant simplement par là. Que ceux-ci aient été influencés par le passé et l’architecture particulièrement sinistres du bâtiment, ou qu’ils aient réellement vu quelque chose est impossible à déterminer. La question de la hantise reste donc suspendue.</p>
<p style="text-align: justify;">Par contre, certaines inexactitudes concernant l’histoire du lieu peuvent être corrigées. Ainsi, la majorité des articles sur le sujet affirme que 63 000 personnes seraient décédées à Waverly Hill. En réalité, ce chiffre, originellement dû à une erreur typographique, mais tellement séducteur que personne n’a envie d&#8217;en faire le deuil, doit être revu nettement à la baisse, 7 ou 8 000 étant un maximum d’après les historiens, un quota hélas normal pour cette pathologie. Ce n’est pas beaucoup plus gai, mais déjà moins spectaculaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre allégation erronée : des expériences sauvages auraient été effectuées sur les patients, les cadavres des malheureuses victimes étant ensuite évacués de nuit par le fameux « tunnel de la mort ». L’origine de cette légende urbaine, reprise dans le film de Philip Adrian Booth, est l’impressionnante « thoracoplastie » qui déclenche irrésistiblement des images de docteur fou armé d’une scie rouillée. Or, cette technique chirurgicale qui, bien que très invasive, était tout à fait légale et permit parfois de sauver des vies. Elle consiste en une ablation de plusieurs côtes destinée à provoquer un affaissement d&#8217;une zone du poumon pour priver le bacille de Koch d&#8217;oxygène. Ce n’est pas très appétissant, mais n’a rien à voir avec la thèse de la boucherie expérimentale reprise la bouche en cœur par la plupart des rédacteurs d’articles sur le net. Cette opération était effectuée avec l’accord du patient et s’avérait souvent celle de la dernière chance pour des malades que d’autres traitements avaient échoué à guérir.</p>
<p style="text-align: justify;">Idem pour le fameux passage souterrain. Le film <em>Death Tunnel</em> doit en effet son titre à une subtilité architecturale : un passage couvert courant du rez-de-chaussée de l’hôpital jusqu’au bas de la colline. D’une longueur d’environ 150 mètres, il servait en premier lieu de raccourci au personnel pour accéder au bâtiment, puis a été reconverti en sortie des artistes pour les cadavres. Il aurait été en effet mal venu, dans un établissement où beaucoup ignoraient s’ils allaient survivre, de faire défiler les cercueils par la porte principale. Plus couramment appelé « Body Chute » en raison de sa légère pente, le tunnel fera couler plus d’encre encore que les suicides d’infirmière ou les crises d’hystérie du personnel. Dans certaines versions, on peut même lire que les cadavres y étaient jetés ou entreposés, et qu’on les laissait faisander tranquillement à l’insu des malades (personne n’a évidemment songé que 63 000 corps pourrissants auraient pu chatouiller les sinus, même de tuberculeux).</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’en reste pas moins que l’endroit est absolument sinistre – personnellement, il me fout des frissons dans le dos -, qu’il a abrité plusieurs décennies de souffrance et que de nombreux témoins jurent avoir « vu des choses » dans les couloirs délabrés. À tel point que la vieille carcasse du sanatorium a fini par entrer en compétition avec la demeure d’Amityvillle pour le titre d’endroit le plus hanté du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le safari à l’ectoplasme tuberculeux vous tente, sachez qu’elle est désormais une propriété privée, inscrite dans les programmes d’excursion des « ghost tours » américains. Si vous préférez l’option pantoufles et chips, un reportage a été réalisé sur les lieux en 2006 par l’équipe de Ghost Hunters : « Spooked : The Ghosts of Waverly Hills Sanatorium ». Il est disponible sur le site <em>D</em><em>ailymotion</em> mais uniquement en anglais : <a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/sanatorium/video/x42qle_the-ghosts-of-the-waverly-hills-san_tech" target="_blank">ICI</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Et si vous voulez regarder les jolies photos pour planifier vos vacances, c’est juste en dessous :</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-146" title="gre_images_sanatorium03" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/08/gre_images_sanatorium03.jpg" alt="gre_images_sanatorium03" width="381" height="286" /><img class="aligncenter size-full wp-image-147" title="gre_images_sanatorium04" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/08/gre_images_sanatorium04.jpg" alt="gre_images_sanatorium04" width="512" height="204" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Images extraites du site <a href="http://www.coloradoparanormal.net/" target="_blank">ColoradoParanormal.net</a></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><img class="aligncenter size-full wp-image-148" title="gre_images_sanatorium02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2009/08/gre_images_sanatorium02.jpg" alt="gre_images_sanatorium02" width="537" height="134" /></em></p>
<p style="text-align: center;"><em>The Body chute. Source non précisée.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>©Melmothia 2009.</strong></p>
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		<title>Mignonne, allons voir si la prose&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Nov 2007 19:25:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>
		<category><![CDATA[Art Pictural]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1862, la belle Élisabeth Siddal, l’icône préraphaélite, décède d’une overdose de laudanum. Gabriel Rossetti, son peintre de mari, fou de chagrin d’autant qu’il était avec sa maîtresse pendant que sa femme agonisait, dépose dans le cercueil un recueil manuscrit de poèmes de son cru. Élisabeth est enterrée au Cimetière Highgate, un fort bel endroit, sauvage comme il faut, truffé de chapelles et de mausolées, sillonné d'allées bordées d’arbres... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-131" title="Siddal01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/11/Siddal01-150x150.jpg" alt="Siddal01" width="150" height="150" />En 1862, la belle Élisabeth Siddal, l’icône préraphaélite, décède d’une overdose de laudanum. Gabriel Rossetti, son peintre de mari, fou de chagrin d’autant qu’il était avec sa maîtresse pendant que sa femme agonisait, dépose dans le cercueil un recueil manuscrit de poèmes de son cru.</p>
<p style="text-align: justify;">Élisabeth est enterrée au Cimetière Highgate, un fort bel endroit, sauvage comme il faut, truffé de chapelles et de mausolées, sillonné d&#8217;allées bordées d’arbres, de tout un fouillis de végétation et de caveaux les jupes relevées pour montrer leurs cercueils. C’est beau, sombre, romantique.</p>
<p style="text-align: justify;">Le temps passe. Dix ans plus tard, le poète a un doute : et mon recueil ? Il se donne le temps de digérer le remords avant de demander une autorisation d’exhumer pour récupérer le texte. L’amour éternel c’est bien, la gloire, c’est encore mieux. Mais il ne tient pas à assister à la fête, il y envoie ses potes et attend fébrilement dans son canapé.</p>
<p style="text-align: justify;">À la lumière des lanternes, le cercueil est ouvert. Howell, son agent, récupère le livre, il racontera plus tard qu’il a dû couper les boucles d’Élisabeth pour dégager le manuscrit.</p>
<p style="text-align: justify;">À Rossetti qui demande dans quel état est sa belle, on répond intacte. Nickel. Propre comme un sou neuf, les joues roses, la chevelure abondante et peignée. Personne n’a envie de lui dire : pourrie. Et comme Stoker a eu l’idée d’y faire reposer Lucy et d’en faire un raccourci vers Carfax, le voilà mêlé à l’histoire. Désormais, c’est suivant son conseil que Rossetti est allé fracturer la tombe.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis tout pousse et ramifie dans cette histoire. Élisabeth a désormais les dents longues et les cheveux plus longs encore. En réalité ses boucles rousses devaient ressembler à des algues ou à un pull détricoté.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon les variantes, un pieu vient faire son office ou bien la corvée est laissée aux générations futures pour animer un peu l’endroit en attendant.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-132" title="gre_images_mignonne01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/11/gre_images_mignonne01.gif" alt="gre_images_mignonne01" width="300" height="221" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Ophélie</em> par John Everet Millais, 1852.</p>
<p style="text-align: center;"><em>Tableau pour lequel la belle Élisabeth a posé de longues heures dans une baignoire d&#8217;eau glacée.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Nouveau rebondissement dans les années soixante-dix : deux jeunes filles sont agressées, l&#8217;une d&#8217;elles est choquée et la voilà qui chaque nuit repart en trottinant vers un des caveaux du cimetière, les yeux révulsés et la bave aux lèvres. En général on l’arrête à temps -moi, j’aurais attendu pour voir.</p>
<p style="text-align: justify;">On se rappelle alors d’un vampire turc qu’on a dû laisser traîner dans un coin, par là. Le plus beau des mausolées, celui dont l’entrée ressemble à un temple ouvrant sur des profondeurs doit abriter quelque chose. En tout cas, il en a bien l’air.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, on exorcise, on ouvre les cercueils, on fouille les tombes. La police arrête le mage noir de service et le colle en taule pour l’exemple, pendant ce temps les autres continuent à enfoncer des pieux. Entre temps, on découvre deux rats morts auxquels on trouve l’air un peu pâle. Il y a un vampire c’est sûr, d’ailleurs bientôt c’est plus un cimetière, mais un équarrissage. Les animaux morts se multiplient, exsangues. On reparle des boucles rousses d’Élisabeth qui n’en finissent plus de pousser, un centimètre par semaine au moins. Le cimetière est fermé au public. Vlad IV aurait fait un crochet par là. Bathory aussi sans doute. Qui n’a pas fait son crochet par Highate ?</p>
<p style="text-align: justify;">En fin compte, la légende accouche d’un livre écrit par Sean Manchester. Comme quoi rien de tel que du texte pour enfanter du texte. Sur le recueil moisi de Rossetti viennent éclore quelques proses – mignonne, allons voir si la prose, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon certains, le vampire serait toujours là-bas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>© Melmothia 2006</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si voulez une version plus romantique et moins fantaisiste que la mienne, lisez <em>La fée de Chelsea</em>, sur le Blog <a href="http://captainbooks.blogspot.com/" target="_blank">Neverland</a>.</p>
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		<title>Médée</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Sep 2007 14:18:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[L’histoire de Médée ressemble davantage à une préquelle de Natural Born Killer qu’à une version archaïque du sirupeux Charmed. Le road-movie commence en Colchide, une contrée bordée à l’ouest par la mer noire et limitée au nord par la chaîne du Caucase, correspondant à peu près à la Géorgie d'aujourd'hui. Si l’on en croit l’Antiquité, c’est un nid à sorcières. Médée en est une. Fille du roi local, Éétès et d’une océanide du nom d’Idye...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-274" title="Mottez_médée01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/09/Mottez_médée01-150x150.jpg" alt="Mottez_médée01" width="150" height="150" />L’histoire de Médée ressemble davantage à une préquelle de <em>Natural Born Killer</em> qu’à une version archaïque du sirupeux <em>Charmed</em>. Le road-movie commence en Colchide, une contrée bordée à l’ouest par la mer noire et limitée au nord par la chaîne du Caucase, correspondant à peu près à la Géorgie d&#8217;aujourd&#8217;hui. Si l’on en croit l’Antiquité, c’est un nid à sorcières.</p>
<p style="text-align: justify;">Médée en est une. Fille du roi local, Éétès et d’une océanide du nom d’Idye, elle est également la nièce de Circée, autre modèle antique de douceur et de mansuétude féminine. Certaines traditions en font la fille d’Hécate, mais la plupart lui attribuent le rôle plus modeste de prétresse de la déesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Les ennuis commencent lorsqu’un beau jour, un navire débarque sur les côtes de Colchide plein de toute une cargaison d’argonautes. A leur tête, le beau et langoureux Jason en quète de la toison d’or. Dans les cales, rien que du beau monde : Héraclès, Pélée, Télamon, Augias, Castor et Pollux, Orphée etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Jason qui ne doute de rien et surtout n’a rien à perdre puisqu’il s’est fait éjecter de son futur trône thessalien par Pélias, se présente à la cour d’Eétès et réclame la toison. C’est à ce prix, lui a-t-on dit qu’il récupèrera son royaume. Tandis que le roi se casse la tête à trouver l’énigme insoluble ou l’épreuve dont le jeune effronté ne sortira que sous forme de steak haché, sa fille tombe amoureuse. Elle s’éprend du bellâtre pour le meilleur et surtout pour le pire, puisque son amour va la pousser à décliner toute une grammaire d’actes avec des rimes en –icides (fratricide, régicide, infanticide) auxquels ne manque qu’insecticide mais à ce sujet l’histoire ne dit rien.</p>
<p style="text-align: justify;">Après réflexion, le roi présente au héros le cahier des charges : en premier lieu, Jason devra atteler au même joug une paire de taureaux aux sabots d&#8217;airain, soufflant le feu par leurs naseaux, Voilà voilà… Bon, les taureaux, c’est fait… *feuillette* Ah oui, vous devrez aussi labourer un champ, semer les dents d&#8217;un dragon et tuer la moisson d&#8217;hommes armés qui en sortira *feuillette encore *… Je crois que c’est tout… *range le calepin et sourit* Pour la toison, vous verrez, c’est simple, vous suivez la route jusqu’au bois d’Arès, ensuite c’est au fond à droite. Vous pouvez pas vous tromper, elle est juste derrière le dragon. Vous pensez être rentré pour le dîner ?</p>
<p style="text-align: justify;">Médée va aider Jason à se sortir d’embarras. Sorcière émérite, elle fabrique un onguent pour le protéger des éternuements du taureau et lui conseille de jeter une pierre au milieu des hommes armés pour que ceux-là s’entretuent. Éétès, un peu contrarié de voir le héros revenir en un seul morceau, complote sa mort. Il faut dire que la situation est critique puisqu’un oracle a prédit la fin de son règne s’il perdait la toison. Par précaution, il a occis son beau-frère mais apparemment il s’est fourré le sceptre dans l’œil, la vraie menace venant juste de faire toc-toc à la porte, la toison d’or, c’est par où ?</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, il soupçonne sa fille d’y être pour quelque chose. Jason et Médée sentant le vent tourner, récupèrent la toison toujours grâce à Médée qui fabrique un filtre pour amollir le gros serpent insomniaque, et s’enfuient pendant la nuit. En guise de remerciement pour service rendus à l’héroïsme, il promet de l’épouser. Désormais, elle est le bras armé du héros mais Jason regarde ailleurs quand elle fait tomber des têtes. Plus tard, il lui dira « ah, mais je t’ai rien demandé, moi ! ».</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Hâtons-nous de prendre la fuite. […] Je vous donnerai moi-même la Toison, après avoir endormi le dragon qui veille à sa garde. Mais auparavant, ô étranger ! prends les dieux à témoin, devant les compagnons, des promesses que tu m&#8217;as faites, de peur qu&#8217;en quittant mon pays sans avoir des garants assurés de ta foi, je ne devienne un objet de mépris aux yeux de toutes les nations. Jason, transporté de joie en entendant ce discours, la releva doucement et la rassura en ces termes : J&#8217;en jure par Jupiter Olympien et par Junon qui préside à l&#8217;hymen, aussitôt que nous serons de retour en Grèce, les noeuds les plus sacrés nous uniront pour jamais l&#8217;un à l&#8217;autre. Il dit et lui donna la main pour gage de sa foi.</em> » (<em>L’expédition des Argonautes</em>, Apollonius, chant IV)</p>
<p style="text-align: justify;">Les bateaux du roi les poursuivent. Les Argonautes rament plus vite, <em>alleeeeez ! on se dépêche !</em> Jusqu’au moment où Médée réalise qu’ils vont pas s’en tirer comme ça. Pour retarder leurs poursuivants, elle joue donc au petit poucet avec son frère Absyrtos qu’elle découpe en morceaux et dissémine dans la mer. La ruse fonctionne. Youpi-youpi. Petite émotion lors du franchissement de Charybde et Scylla… Passera ? Passera pas ?&#8230;. Ça passe !</p>
<p style="text-align: justify;">Après une escale chez tata Circée, notre équipage atteint enfin les rives de la Thessalie. Jason compte bien reprendre le royaume de son père mais Pélias ergote. C’est à nouveau au porte-flingue du héros d’intervenir. Pour résoudre le dilemme, Médée invente la fondue corinthienne : elle persuade les Péliades qu’en coupant leur père en morceaux et en le plongeant dans un chaudron d’eau bouillante, il ressuscitera plus jeune et plus fort… ses filles se font avoir. Cependant, Pélias mort, le trône revient à son fils Acaste et voilà nos amoureux obligés de reprendre la route. Un coup d’épée dans le bouillon, donc.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre temps, ils se sont mariés mais le road-movie continue. Après la Thessalie et quelques péripéties, les voilà partis vers le sud, précisément l’île de Corinthe où ils squattent chez le roi Créon. Tout se passe relativement bien jusqu’au jour où Jason dit à Médée : <em>Alors, on a discuté avec Créon. Je vais épouser sa fille et hériter du trône, toi tu te casses. Ah, j’oubliais : je garde les gosses&#8230; Comment ça ingrat? Qui est ingrat ? Oh, mais c’que t’es agressiiive !</em></p>
<p style="text-align: justify;">Notre sorcière quelque peu agacée ne va pas se contenter de déclamer son émoi en longues tirades rapportées par Euripide et Sénèque tandis que sa servante lui court derrière en répétant « on se calme! on se calme ! ». Elle annonce : « j&#8217;irai où me conduira la colère » (<em>Héroides</em>, Ovide, Epître XII). Et, en effet, elle y va. Menacée de mort si elle n’évacue pas le royaume illico, en raison du sang qui lui dégouline des mains jusqu’entre les doigts de pieds, Médée parvient à négocier un délai d’une journée. Simulant l’adoucissement, oh mais non, poussin, ça ne me dérange pas que tu me répudies et que tu me foutes dehors, comment as-tu pu croire ça?, elle fait apporter des cadeaux à Creüse, la future épouse, une couronne d’or et un voile qui déclenchent chez la princesse une forme de combustion spontanée contagieuse puisque son père le roi y passe aussi :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>La couronne d&#8217;or posée sur les boucles de sa chevelure, à la clarté d&#8217;un miroir elle arrange sa coiffure, souriant à l&#8217;image inanimée de sa personne. [...] Mais ensuite apparut un affreux spectacle : elle change de couleur ; le corps incliné, elle recule, tremblant de tous ses membres, et à peine a-t-elle le temps de choir sur son siège pour ne pas tomber à terre. Une vieille servante [...] pousse une clameur de prière ; mais elle lui voit à la bouche venir une écume blanche, ses prunelles se révulser, le sang se retirer de son corps.[...] Elle se lève de son fauteuil, elle s&#8217;enfuit toute en feu, secouant sa chevelure de côté et d&#8217;autre pour rejeter la couronne; mais l&#8217;or restait soudé inébranlablement, et plus elle secouait ses cheveux, plus la flamme redoublait d&#8217;éclat. Elle tombe enfin sur le sol, succombant à son mal et [...] méconnaissable : on ne distinguait plus ni la forme de ses yeux, ni la beauté de son visage ; le sang, du sommet de sa tête, dégouttait confondu avec la flamme; et de ses os, pareilles aux larmes du pin, sous l&#8217;invisible dent du poison les chairs se détachaient, affreuse vision ! [...] Or le malheureux père, en son ignorance de la catastrophe, soudain entre dans l&#8217;appartement et se jette sur la morte. [...] Quand il eut mis fin à ses plaintes et à ses sanglots, il voulut redresser son vieux corps. Mais comme un lierre aux rameaux du laurier, il restait pris au léger voile, et ce fut une lutte affreuse : il cherchait à se remettre sur pied et elle, en sens inverse, le retenait. Tirait-il avec violence ? ses vieilles chairs s&#8217;arrachaient de ses os. Enfin il y renonça et rendit l&#8217;âme.</em>» (<em>Médée</em>, Euripide, v.1156-1220)</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà Jason bien embêté, son hyménée est parti en cendres, mais il n’a pas encore tout perdu… Médée va y remédier. Avant de s’enfuir, pour éliminer sa descendance, elle égorge ses propres enfants.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-275" title="Mottez_medee02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/09/Mottez_medee02.jpeg" alt="Mottez_medee02" width="303" height="419" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un char tiré par des dragons plus loin, Médée reprend son errance. Elle arrive à Athènes, chez le roi Égée qui lui offre l’hospitalité en échange d’un filtre lui permettant avoir une descendance. Ces deux-là se font des poupouilles, jusqu’au retour du fils qu’on croyait mort, Thésée qui fait valoir son droit au trône contre Médos l’enfant que Médée vient justement de mettre au monde. N’étant plus à un crime prêt, notre sorcière prépare un cocktail de son cru parfumé à l’aconit pour Thésée mais sa ruse est découverte. Elle s’enfuit une nouvelle fois&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Selon les versions elle retourne en Colchide, bouclant ainsi la boucle de sa tournée internationale, ou atterrit dans les bras d’Achille une fois téléportée aux Champs Elysées.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Médée, mal plus grand que la mer </em>» écrira Sénèque. (<em>Médée</em>, 362).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>© Melmothia 2007</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Illustration : <em>Médée</em>, Victor Mottez. Domaine Public.</p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		<title>Transfigurations</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2007 08:59:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[La mer a une fâcheuse tendance à avaler ce qui s’essaie à flotter dessus. Parfois elle recrache les coquilles. Certains bâtiment disparaissent des années durant pour ressurgir dans un écrin de brume ou au grand soleil, transfigurés par l’entropie. Les marins donnent un joli nom à ces épaves livrées au caprice des courants. Ils les appellent derelicts. Un beau jour d’août 1775, quelque part au nord du pacifique, la vigie du baleinier Herald... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-434" title="ghostship02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/05/ghostship02-150x150.jpg" alt="ghostship02" width="150" height="150" />La mer a une fâcheuse tendance à avaler ce qui s’essaie à flotter dessus. Parfois elle recrache les coquilles. Certains bâtiment disparaissent des années durant pour ressurgir dans un écrin de brume ou au grand soleil, transfigurés par l’entropie. Les marins donnent un joli nom à ces épaves livrées au caprice des courants. Ils les appellent <em>derelicts</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Un beau jour d’août 1775, quelque part au nord du pacifique, la vigie du baleinier Herald signale un voilier blanc qui brille étrangement dans la lumière, au point qu’on le dirait pris dans une gangue de cristal.</p>
<p style="text-align: justify;">En s’approchant, les marins distinguent sur la coque un nom à demi-effacé mais toujours lisible : <em>Octavius</em>. Parti d’Angleterre en 1761 pour gagner l’Asie, le navire a emprunté à l’aller la classique route de l’est, mais au retour le capitaine décide de tenter le passage par les îles canadiennes. Autrement dit par la fameuse route du nord-ouest. Voilà plus de deux siècles que des expéditions sillonnent les eaux à la recherche d&#8217;une voie commerciale pour atteindre le Pacifique, puisqu’on sait désormais que l’Amérique du nord bouche l’accès vers l’Orient. Mais jusqu’ici personne n’a découvert comment franchir l’archipel.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, l’Octavius scintille… Lorsque les hommes de l’Herald montent à bord, ils découvrent que tout y est recouvert d’une fine pellicule de glace. Si l’Octavius brille comme un diamant dans le soleil, c’est que tout y a gelé. Une trentaine de cadavres imputréfiés loge dans l’épave, dont le capitaine à son bureau, une plume encore à la main, pétrifié : « <em>Le capitaine était assis, la tête penchée en avant. Ses mains reposaient sur la table. Une plume à écrire se trouvait près des doigts de la droite. Une mince couche de moisissure verte couvrait le visage, voilait les yeux, mais autrement le corps était parfaitement conservé. <span style="font-style: normal;"><em>Le journal de bord était sur la table. Warren [Le capitaine] le prit, le remit à un de ses hommes, et passa à la cabine suivante. Sur la couchette gisait le corps d’une femme. Contrairement à celle du capitaine, sa figure demeurait intacte et gardait toute l’apparence de la vie. Elle appuyait la tête sur un coude et semblait regarder quelque chose au moment de la mort </em>» [1].</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Superstitieux, les marins demandent à leur capitaine de retourner à bord de l’Herald. Quelques heures plus tard l’épave de l’Octavius disparaît à la vue de la vigie. Personne ne la reverra plus.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-435" title="gre_images_derelict01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/05/gre_images_derelict01.gif" alt="gre_images_derelict01" width="400" height="240" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Ghost Ship</em> par Ado Ceric &#8211; <a href="http://www.adoceric.com/imgs.php?path=Ghost-Ship.jpg&amp;name=%27Ghost%20Ship%27&amp;nr=1&amp;p=i" target="_blank">Cliquez ici pour la voir en grand format sur le site de l&#8217;auteur</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le journal de bord, encore aujourd’hui conservé dans les archives du registar Of Shipping à Londres, s’arrête en 1762, sur cette note : « <em>Le fils du capitaine est mort ce matin et sa femme dit ne plus sentir le terrible froid. Les autres souffrent toujours horriblement </em>», ce qui signifie que lorsque les hommes de l’Herald le découvrent, le bateau sillonne le Pacifique dans son écrin givré depuis déjà quinze ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Techniquement, l’Octavius est le premier navire à avoir trouvé et franchi avec succès cette fameuse voie du nord-ouest, à ce détail près : il l’a fait avec un équipage de cadavres.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre derelict à la cargaison pittoresque et au relooking marin : le <em>Marlborough</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vapeur anglais Johnson navigue au large des côtes chilienne lorsqu’il croise la route erratique d’un trois mats à la coque et aux voiles d’un joli vert d’eau. Comme personne ne répond aux appels, un canot est mis à l’eau : « <em>Le commandant […] constata avec stupéfaction que les voiles de celui-ci étaient vertes, les agrès étaient verts, vert le pont et vertes les superstructures, comme si, par une sorte de mimétisme, le trois-mâts avait pris la couleur de la mer. Il était vert parce que couvert de moisissures. Sur le pont, un pont pourri qui cédait sous les pas, on découvrit des squelettes qui portaient encore des vêtements. Et à la poupe, en lettres aux moulures effritées, mais encore visibles, on lisait : Marlborough, Glasgow </em>» [2].</p>
<p style="text-align: justify;">Une vingtaine de squelettes en haillons sont découverts à bord, dont l’un tient encore la barre du bateau fantôme, dix reposent dans le poste d’équipage et six sur la passerelle. L’enquète révèle que le Marlborough a quitté Littleton en Nouvelle Zélande, en janvier 1890, soit vingt trois ans plus tôt avec une cargaison de laine et de viande de mouton congelée. Bien qu’aperçu plusieurs fois dans le détroit de Magellan et objet de recherches menées en avril 1890, le bateau n’arriva jamais à bon port et ne fut pas retrouvé avant 1913.</p>
<p style="text-align: justify;">Les causes de la tragédie demeurent toujours un mystère, de même que l’installation de la jolie moisissure verte partout sur le bateau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia 2007</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Les vrais mystères de la mer</em>, Vincent Gaddis, éditions France-Empire, 1977.</p>
<p style="text-align: justify;">[2] Citation extraite du site <a href="http://cnc.virtuelle.ca/vaisseaufantome/" target="_blank">Le Vaisseau Fantôme</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">**</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L’histoire était trop belle ;  je me suis quelque peu laissée happée au romantisme du navire de glace. Je n’ai pas encore le loisir de vérifier ces infos, mais voilà les précisions que j’ai obtenues sur un Forum par Thorfin (merci à lui). Quiconque pourra m’en dire plus ou me communiquer des sources, sera le bienvenu : </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-style: normal;">« En fait, l’Octavius, qui était un navire de commerce très certainement pillé par des pirates et qui aurait été vu croiser près des caraïbes la dernière fois vers 1763, n’est mentionné nulle part dans le journal de bord du Hérald (qui n’a jamais été retrouvé et pour cause).</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">D’après les journaux du port de commerce de Yarmouth, un certain Randall McDonald serait arrivé avec sa femme vers 1790 à Yarmouth. Il fut répertorié plus tard comme commandant d’un baleinier de 200 tonneaux construit en 1811 baptisé le Yarmouth Herald. Le navire quitta le port 6 mois plus tard, et on ne le revit plus pendant plus d’un an. Il fut certainement perdu en mer ou attaqué par des pirates au large de la côte nord-ouest du Canada où il était parti pêcher.</p>
<p style="text-align: justify;">Il réapparut un an après dans le port de Yarmouth, mouilla à quelques encablures des quais, affala sa mature, et disparut la même nuit. La légende se propagea vite dans les bars et autres de ce petit port de commerce qui avait perdu avec ce navire une quarantaine de ses jeunes marins, le commandant devant atteindre lui tout juste 40 ans (ce qui est déjà sacrément honorable pour un marin encore en activité à l’époque). Les nombreuses femmes scrutant le port eurent vite fait d’alerter tout le voisinage qu’un de leurs navires tant attendus avait rebroussé chemin.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’était en cette période pas rare que les bateaux accusant des dettes au retour de voyage disparaissent à la décision collective de l’équipage qui pouvait à peine être payé.</p>
<p style="text-align: justify;">La rumeur se fit sentir et on répertoria à peu près pendant 60 ans tous les ans un témoignage au moins de cette apparition, la dernière étant enregistrée en 1872, dix ans après la publication pour la première fois de cette histoire dans le « Yarmouth Light », le journal local.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Yarmouth Herald n’a jamais été retrouvé et a très certainement sombré lors de sa première pêche, victime de malfaçons ou tout simplement d’une faute de manœuvre, ce qui arrivait régulièrement avec des navires neufs.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette histoire est connue chez les marins d’Europe pour être une des plus anciennes concernant les vaisseaux fantômes, mais de l’avis des marins de Yarmouth où j’ai pris ma dernière cuite il y a 4 ans, tout cela n’a été qu’une légende inventée afin de faire revenir vers cette place commerciale les navires qui faisaient désormais escale plus facilement dans la baie de Portsmouth au sud-ouest de l’Angleterre parce qu’elle offrait un meilleur abri et une meilleure capacité de stockage aux navires. C’est aussi là bas que la Royale Navy venait d’agrandir un de ses trois principaux ports miliaires, ce qui était aussi une garantie supplémentaire de sécurité du fret.</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant le Herald, la tradition orale aurait perpétué cette histoire pendant 50 ans avant la première impression de cette histoire, le journal de Yarmouth étant le premier à l’avoir réellement relaté en première page à l’occasion de son anniversaire en 1862 ».</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Illustration extraite du site <a href="http://www.neosurrealismart.com/" target="_blank">Neosurrealismart.com</a>.</p>
</blockquote>
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		<title>The rime of the ancient mariner</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Feb 2007 08:13:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[En l’an de grâce 1985, une boulette de papier jaillit du fond de la classe pour se loger entre les omoplates de mon professeur de français. Le vieux sage acariâtre fit volte face et fustigea le coupable idéal, autrement dit le métaleux de service, en lui demandant s’il voulait dispenser le cours à sa place. Pour riposter, j’aurais aimé avoir sur moi une photo de Steve Harris pour la lui agiter sous le nez en hurlant « Ça c’est un vrai prof ! »...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-193" title="mariner_shot" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/02/mariner_shot-150x150.jpg" alt="mariner_shot" width="150" height="150" />En l’an de grâce 1985, une boulette de papier jaillit du fond de la classe pour se loger entre les omoplates de mon professeur de français. Le vieux sage acariâtre fit volte face et fustigea le coupable idéal, autrement dit le métaleux de service, en lui demandant s’il voulait dispenser le cours à sa place. Pour riposter, j’aurais aimé avoir sur moi une photo de Steve Harris pour la lui agiter sous le nez en hurlant « Ça c’est un vrai prof ! ». Au travers de ses adaptations historiques, mythologiques ou littéraires, le bassiste d’<em>Iron Maiden</em>, a éveillé en moi, une soif inextinguible de curiosité qui m’a souvent incité à aller plus loin que le texte pour approfondir les thèmes abordés dans le répertoire du groupe. «The Rime of the Ancient Mariner» compte parmi ces morceaux qui invitent les amateurs à un embarquement immédiat pour une croisière infernale.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Vous qui alliez passer sans me voir, posez votre noble ô céant sur les hauts bancs et écoutez la complainte du vieux marin. Du bois vermoulu surgira le loup de mer qui sans vergogne, plumera l’albatross de Baudelaire. Dans son arrogance, il oubliera l’adage «tempête au port, tanche chie en mer » pour laisser les vents intestins le porter vers l’est au mat. Honni sera le calme blanc qui sur les flots succèdera au tourment. En statues de sel il muera l’équipage pour couler le vaisseau croupissant au creux de cette page. </em>»</p>
<p style="text-align: justify;">Rassurez-vous, le texte original que l’on doit à Samuel Taylor Coleridge (1772-1834) est de bien meilleure facture que la parodie à laquelle je viens de me livrer. Le poète qui au demeurant ne mit jamais les pieds sur un bateau nous fait le récit de l’étrange rencontre entre les occupants d’un navire et le surpranaturel. Quittant le port au plus fort de la tempête et mettant le cap au sud en direction de l’antarctique, l’équipage voit soudain surgir un albatross devant la proue. L’oiseau majestueux les guide au travers d’un dédale de glace et tous reconnaissent en lui les augures d’une bénédiction divine. Tous, sauf le capitaine qui, pour une raison qui échappe au lecteur, dégaine son arbalette plus vite que l’ombre de Guillaume Tell pour occire le volatile inspiré.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce crime contre nature déclenchera la colère des esprits de la mer qui dès lors, ne cesseront de s’acharner contre le navire. Les vents qui jusqu’à cet instant l’avaient préservé du brouillard surplombant un champ de glace le poussèrent alors dans des eaux trop tranquilles pour être honnêtes.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Day after day, day after day,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>We stuck, nor breath nor motion ;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>As idle as a painted ship</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Upon a painted ocean.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Water, water, everywhere,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>And all the boards did shrink ;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Water, water, everywhere,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nor any drop to drink.</em></p>
<p style="text-align: justify;">La soif, la faim et la chaleur plombèrent l’atmosphère à bord et incitèrent ses occupants à se mutiner contre le capitaine. Pour implorer la grâce de Neptune, l’équipage attacha l’oiseau mort en guise de cravate autour du cou de celui qui faisait figure de Jonah. C’est alors que le navire croisa la route d’un vaisseau fantôme barré par une morte-vivante et un squelette. Une partie de dés s’engage entre ces deux protagonistes dont l’enjeu est le sort de l’équipage. La mort remporte le pactole à l’exception de la vie du capitaine qui, dans la peau d’un zombie, endurera des tourments plus cruels que le trépas. Un à un, il voit ses compagnons succomber et durant sept jours et sept nuits, il sera épié par les yeux des cadavres qui ne cesseront de l’accabler pour sa faute. Dans sa pénitence, il distingue dans les flots des créatures aquatiques dont il implore le pardon en leur prêtant un caractère divin. Dans leur miséricorde, elles investissent les défunts qui ressuscités regagnent le port, abandonnant derrière eux le capitaine. En expiation de ses péchés, il devra errer sur la terre pour raconter éternellement son histoire et inciter les imprudents au respect de la mer.</p>
<p style="text-align: justify;">L’intégralité du poème qui a sombré dans le domaine public se trouve à cette latitude : <a href="http://darkwing.uoregon.edu/%7Erbear/ballads.html#THE%20RIME%20" target="_blank">ICI</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voici quelques unes des très belles illustrations de Gustave doré, extraites du site Artsy Craftsy sur lequel vous pouvez retrouver les 38 planches :</p>
<p style="text-align: justify;">(à compléter)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Endemoniada, 2006.</strong></p>
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		<title>Un fou dans une Camisole Dorée</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Feb 2007 20:10:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la nuit du 13 juin 1886, les truites du lac de Starnberg sont dérangées par des gens qui cherchent leur roi. Les berges ont déjà été passées au peigne fin, on a bien retrouvé son manteau mais le roi n’était pas dedans. En désespoir de cause, on drague le lac. C’est ennuyeux d’égarer son roi, même s’il a été destitué et déclaré fou, on s’y était quand même attaché. Enfin, à force de fouiller les eaux, on remonte deux cadavres : celui de Louis II... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-155" title="Ludwig_II;_Bavaria_Rex" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/02/Ludwig_II_Bavaria_Rex-150x150.jpg" alt="Ludwig_II;_Bavaria_Rex" width="150" height="150" />Dans la nuit du 13 juin 1886, les truites du lac de Starnberg sont dérangées par des gens qui cherchent leur roi. Les berges ont déjà été passées au peigne fin, on a bien retrouvé son manteau mais le roi n’était pas dedans. En désespoir de cause, on drague le lac. C’est ennuyeux d’égarer son roi, même s’il a été destitué et déclaré fou, on s’y était quand même attaché.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, à force de fouiller les eaux, on remonte deux cadavres : celui de Louis II et celui de son psychiatre. Si la découverte permet aux truites de retrouver à peu près leur tranquillité, ce n’est pas le cas pour les historiens. Quelques heures avant sa mort, le roi partait en promenade dans le parc avec le docteur Von Gudden. On sait que les deux hommes se sont battus sur la rive avant d’entrer dans l’eau, mais la suite est un mystère qui fera couler beaucoup d’encre : suicide, meurtre, noyade accidentelle?</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous voulez mon avis, c’est encore un coup des chimères.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 10 juin 1864, Maximilien II, à peine âgé de 53 ans, décède des suites d’une maladie mystérieuse. La couronne atterrit sur la tête du jeune Louis, son fils qui compte alors 18 printemps. Le règne de Louis II de Bavière commence. Mal préparé aux responsabilités qui lui dégringolent dessus, il rêve pourtant d’être un monarque exemplaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est précisément ça le problème: il rêve. Ses modèles flottent quelque part dans une nébuleuse imaginaire, macédoine de lectures de Schiller, de Goethe, de tableaux et de musique, le roi rêve du Graal, de Lohengrin, de légendes et de Walhalla.</p>
<p style="text-align: justify;">A 16 ans, il découvre Wagner ce qui n’arrange pas les choses: Voilà l’incarnation sonore de ses songes. Il n’aura de cesse dès lors de rencontrer l’artiste, lui mettant finalement le grappin dessus après l’avoir fait chercher jusqu’en Autriche par son conseiller. Il le ramène chez lui, l’entoure d’or et de précautions. Wagner deviendra son idole, son ami et sa muse. Louis II fera des pieds et des mains pour que l’œuvre wagnérienne éclate au grand jour, créant un festival à Bayreuth dédié au compositeur, le soutenant envers et contre tout, même si ça jase sacrément car le roi ne s’occupe guère de son royaume.</p>
<p style="text-align: justify;">En Bavière, la révolution industrielle vient de débuter, la société en pleine mutation réclame des réformes. Pendant ce temps, Louis II fait aménager des jardins sur le toit de son palais à Munich, engage des comédiens pour lui jouer des pièces privées, et dessine des châteaux fantastiques, mélange de moyen âge rêvé et de modernité. Son peuple ne l’intéresse pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Les femmes non plus. En 1867, il se fiance avec sa cousine Sophie de Bavière mais le mariage sera à plusieurs reprises reporté, puis finalement annulé en octobre de la même année.</p>
<p style="text-align: justify;">Son truc, à Louis, c’est les châteaux. Il en dessine, en construit, en rêve la nuit. Déjà enfant, à la compagnie des hommes, il préférait celle de la nature et des héros d’antan, fasciné par les fresques murales du château de Hohenschwangau où sont représentées les grandes sagas mythiques. Le futur roi passe déjà beaucoup de temps seul, en longues promenades dans les forêts et vallées des alentours. Adulte, il fera tout pour rester en immersion dans son monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si Louis II est un idéaliste qui se rêve héros de légendes, chevalier, sauveur de la veuve et de l’orphelin, ce Don Quichotte prussien s’arrête à l’emballage. Des Gestes de l’ancien temps, il ne retient que le decorum. Il faudra exhumer un vieux terme d’origine possiblement yiddish pour qualifier son art. Si Louis II ne s’illustre pas dans des actes de bravoure, par contre il invente involontairement le « kitsch ».</p>
<p style="text-align: justify;">1870: La Bavière est sommée de se ranger aux côtés de la Prusse dans la guerre contre la France. Louis est désolé mais qui n’a guère le choix, signe l’alliance, puis retourne dans ses rêves.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour se consoler il lance la construction d’un « Versailles Bavarois » à la gloire de Louis XIV, fait donner des représentations théâtrales ou musicales pour lui seul, construire des châteaux pour son seul usage. De la même façon, il fait bâtir une chapelle pour assister seul à la messe, car Louis II est très croyant, ce qui est gênant puisqu’il est également homosexuel. Il s’en confie naïvement dans des lettres, pensant que le secret sera bien gardé. Mais ses conseillers le savent. Beaucoup de gens le savent. Ils s’en serviront contre lui. D’ailleurs le roi est déjà son propre ennemi, son éducation est incompatible avec ses penchants. Rongé par la culpabilité, il se renferme de plus en plus sur lui-même, s’isole.</p>
<p style="text-align: justify;">Lors des repas, il ordonne de disposer devant lui d&#8217;énormes bouquets qui le cachent des convives, demande à l&#8217;orchestre de jouer aussi fort que possible pour couvrir les conversations. Désormais, il vit la nuit, volets fermés, et passe tout son temps à dessiner des plans.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque la Bavière devient allemande, le roi quitte Munich pour s’installer dans les montagnes, au château de Linderhof, et s’enfermer définitivement dans la solitude. Il passe beaucoup de temps dans sa grotte de Vénus, une construction artificielles dotée de sophistications techniques, de jeux de lumières compliqués pour faire vivre les chimères :</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-156" title="gre_images_fou01" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/02/gre_images_fou01.gif" alt="gre_images_fou01" width="252" height="297" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Grotte de Vénus – Château de Linderhof. <span style="font-style: normal;">Image extraite du site <a href="http://travel.webshots.com/" target="_blank">TravelShot</a></span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Le roi aime y aller sur sa « barque » pour songer en écoutant du Wagner joué pour lui par un orchestre dissimulé derrière les rochers.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est désormais ruiné et continue à s’endetter pour poursuivre ses constructions. A sa mort, Louis II laissera derrière lui toute une collection de plans et de dessins destinés à construire d’autres châteaux de conte de fées.</p>
<p style="text-align: justify;">Las de ses excentricités, son gouvernement fomente un coup d’état. Pour cela, on fait appel à un psychiatre, un dénommé Von Gutten, directeur de l’asile psychiatrique de Munich pour qu’il rédige et valide un rapport sur la santé mentale de Louis. A Munich, on prépare la régence, pendant qu’une commission d’aliénistes se met en route.</p>
<p style="text-align: justify;">Un siècle plus tard, le château de Neuschwanstein où le roi est arrêté en 1886 avant d’être transporté à Berg, servira de modèle au château de la belle au bois dormant de Walt Disney. Hommage au rêve diront certains, nouvelle fausse note wagnérienne diront les médisants.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-157" title="gre_images_fou02" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2007/02/gre_images_fou02.gif" alt="gre_images_fou02" width="400" height="217" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Château de Neuschwanstein</em>. Image extraite du site <a href="http://www.planete-aventure.net/wiki/index.php/Accueil" target="_blank">Planete-aventure</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 12 juin 1886, le roi est interné dans le château de Berg, au bord du lac de Starnberg. L’endroit est transformé en prison. Des barreaux sont installés aux fenêtres, des judas percés dans les portes. Louis II, destitué est placé sous tutelle et sous haute surveillance mais il ne restera pas longtemps dans sa cage. Le lendemain, le roi ainsi que son médecin sont retrouvés morts.</p>
<p style="text-align: justify;">Le décès de Louis II fera beaucoup de bruit. Les truites s’en souviennent encore.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Melmothia, 2007</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Illustration : <em>Louis II de Bavière,</em> auteur inconnu. Domaine Public.</p>
</blockquote>
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		<title>Le Projet Bière Witch</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jun 2006 12:44:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes & Légendes]]></category>

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		<description><![CDATA[Février 2003. Aux abords du château de Gruyères, les touristes japonais ont cédé la place aux flocons de neige qui virevoltent au gré de la bise glaciale. Comme à l’accoutumée, après une longue journée de travail, je me réfugie dans les entrailles du bar Giger. A ma gauche, H.R. disserte devant son thé sur les déboires que connait son rejeton d’Alien emmêlé dans les dreadlocks des Prédators. De l’autre côté du zinc, Jeannot, le tenancier...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-300" title="The_Lancashire_Witches_10" src="http://www.romantisme-noir.net/wp-content/uploads/2006/06/The_Lancashire_Witches_10-150x150.jpg" alt="The_Lancashire_Witches_10" width="150" height="150" />Février 2003. Aux abords du château de Gruyères, les touristes japonais ont cédé la place aux flocons de neige qui virevoltent au gré de la bise glaciale. Comme à l’accoutumée, après une longue journée de travail, je me réfugie dans les entrailles du bar Giger. A ma gauche, H.R. disserte devant son thé sur les déboires que connait son rejeton d’<em>Alien</em> emmêlé dans les dreadlocks des Prédators. De l’autre côté du zinc, Jeannot, le tenancier, ne va pas tarder à évoquer l’existence d’un Dieu qui s’adresse souvent à lui dès qu’il a atteint un taux d’alcoolémie suffisant. Soudain, le téléphone céleste sonne, Jeannot a une idée.</p>
<p style="text-align: justify;">- Dis donc le vieux (c’est le surnom affectueux donné à Giger), tu ne crois pas qu’on devrait mettre au point un cocktail dédié à ta créature ?</p>
<p style="text-align: justify;">- Fais ce que tu veux, moi à part l’eau minérale et le thé, j’y connais pas grand chose, répond le vieux avec un accent suisse-allemand à couper à l’athamé.</p>
<p style="text-align: justify;">- Et toi Démon (c’est moi), t’en penses quoi ?</p>
<p style="text-align: justify;">- J’en dis que ça peut être un produit dérivé intéressant à condition qu’en termes de marketing tu lui trouves un nom porteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Silence. Jeannot reprend.</p>
<p style="text-align: justify;">- D’accord… Et en français ça veux dire quoi ?</p>
<p style="text-align: justify;">- Ça veut dire : Sors les bouteilles, pose les sur le bar, on va voir ce qu’on peut faire.</p>
<p style="text-align: justify;">Jeannot s’exécute et au terme de savants mélanges alambiqués d’absinthe, de sirop de menthe et d’un alcool typique de la région, nous tenons dans nos mains le prototype de ce que nous appellerons « le sang d’alien ».</p>
<p style="text-align: justify;">Je regarde jeannot d’un air de dire « santé et surtout bonne chance ». Alors que le verre se rapproche dangereusement de nos gosiers, Giger intervient :</p>
<p style="text-align: justify;">- Stop, Jeannot, pose ta clope, ton truc est sûrement inflammable, tu vas finir comme la Catillon !</p>
<p style="text-align: justify;">… La Catillon, c’était la première fois ce jour-là que j’entendais prononcer ce sobriquet.</p>
<p style="text-align: justify;">De son vrai nom Catherine Repond, elle fut l’une des dernières sorcières à être brûlée vive en Europe le 17 septembre 1731 à l’âge de 68 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Extrait du <em>Site de la commune de Villargiroud</em> relatant son procès et sa fin tragique :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Durant les premiers interrogatoires qui se déroulèrent devant la cour baillivale en juin et juillet 1731, elle fut d’abord soumise à la simple corde, c’est-à-dire « élevée comme de coutume, d’autant qu’elle a assez bon corps pour soutenir la question ». Ensuite, elle subira l’élévation au demi-quintal, puis au quintal, avouant alors s’être donnée au diable et avoir participé plusieurs fois au sabbat. Elle fut finalement incarcérée à la «Tour des sorcières » dite aussi «Mauvaise-Tour. Interrogée à 8 reprises par ces Messieurs de la Chambre criminelle et subissant encore les pires atrocités, elle fut condamnée à mort le 15 septembre 1731 et brûlée vive le même jour près des potences au Guintzet </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, lorsque précédé par ma gueule de bois et mon haleine de coyote. j’ouvre la porte de mon bureau, je constate que mon apprentie est déjà arrivée.</p>
<p style="text-align: justify;">- Qu’est-ce-qui vous arrive ? vous avez pas l’air frais, me lance Mélanie avec un regard inquisiteur.</p>
<p style="text-align: justify;">- Oh, ce n’est rien, on encore passé la nuit à refaire le monde avec le vieux et Jeannot. La Catillon, ça vous dit quelque chose ?</p>
<p style="text-align: justify;">- Bien sûr, tout le monde connaît son histoire ! Le mercredi, je suis des cours avec l’une de ses descendante, elle s’appelle aussi Catherine Repond d’ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Un rendez-vous est pris au cours duquel l’héritière de la Catillon me raconte en détail ce que lui a transmis sa famille au sujet de son illustre aïeule. Au terme de son récit, je lui ai demandé si, de son côté, elle « pratiquait » également. Elle a souri et m’a répondu par énigme :</p>
<p style="text-align: justify;">- Comme on dit, on choisit ses amis, pas sa famille. Je suis tombée dans le chaudron étant petite ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Endemoniada 2006</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Illustration : <em>The Ride Through the Murky Air</em>, par John Gilbert, 1848. Domaine Public.</p>
</blockquote>
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