La Maison des 1000 Morts
Du sang ! de l’actiooon ! du suuuuuspens ! du sexe ! des larmes ! Des nymphomanes quinquagénaires ! des blondes armées d’une hache ! des savants fous morts-vivants ! Du gore et du latex ! Des rednecks maniaques du couteau !
Entrez entrez messieurs dames dans le repaire du clown psychopathe ! Et n’oubliez pas de goûter à notre poulet frit !…
Une bande de jeunes s’arrête dans un relai routier tenu par un clown extraverti qui leur fait visiter son train fantôme et leur glisse en passant la légende locale, l’histoire du Docteur Satan, psychiatre dément pendu dans les environs (derrière les arbres, là-bas…) par la population fatiguée de retrouver des malaxés du cortex armés de tronçonneuses dans leurs salons. Les jeunes en vadrouille ont évidemment envie de voir ça de plus près et partent en quête de la potence. Un pneu éclate – pas de chance ou alors des clous, mais survient une blonde pulpeuse à couvre-chef de cow-boy qui leur propose le gite et le couvert. Et les voilà tombés dans un nid de redneck psychopathes…
Premier long métrage du métalleux Rob Zombie, La Maison des 1000 Morts tient le pari risqué du montage passé à la moulinette façon vidéo-clip, du scénario en tiroirs et d’un visuel risque-tout oscillant entre gore, fétichisme & fête foraine pourrissante. L’édifice tient comme un château de cartes, en se payant le luxe d’un crescendo. Chapeau bas pour la cascade. Car il faut avoir avalé quelques centaines de séries B, les avoir compris en profondeur et digérées, pour réaliser un tel patchwork sans se mélanger les coutures. La maison des 1000 Morts est par excellence un film de fan, ultra-référentiel, jonglant avec les styles et les audaces et qui, miracle, réussit brillamment son numéro d’équilibriste.
L’aventure débute en 2001 lorsque les gérants de la New Line voient débarquer dans leur bureau monsieur R. Zombie en personne, un projet de film déjanté sous le bras. Étant donné la réputation du bonhomme et son expérience des clips vidéo qu’il réalise lui-même depuis plusieurs années, ils décident de lui faire confiance, d’autant que le budget qu’il réclame est fort modeste.
Mais sans doute qu’ils sous-estiment la créativité de leur interlocuteur, au point de lui foutre absolument la paix durant le tournage. Lorsqu’ils découvrent le résultat, et par la même occasion, comprennent que Rob zombie s’est torché le croupion avec le cahier des charges du studio qui préconisait un produit calibré tout public pour Halloween, les pontes de la New Line ont comme des vapeurs… Ils refusent de distribuer le film qui sera finalement récupéré par Lion Gate’s et sortira tamponné d’une interdiction au moins de 17 ans en 2003.
C’est donc un film d’auteur, loin du conformisme des studios hollywoodiens que propose La Maison des 1000 Morts. Et bien que Rob zombie ait négligé de mettre des gants pour manier la tronçonneuse, on peut quand même trouver ça beau. A condition évidemment d’être sensible à la poésie d’un slasher déjanté mettant en scène des pecnots sanguinaires, un savant fou mort-vivant looké fetish, des meurtres et des tortures en veux-tu en voilà, le tout orchestré par un clown maléfique…
Melmothia, 2008

