L’enfant qui grognait, John Coyne
Ces temps-ci, chaque fois que je commence un roman d’horreur, un bébé meurt de façon atroce dans les premières pages… Après une biche qui passait au mauvais endroit au mauvais moment, c’est le nourrisson d’une certaine Peggy Volt qui décède dans son berceau ; une bulle de sang accrochée à la narine de le petite Amy et des traces de boue dans la cave sont les seuls indices dont disposeront les enquêteurs – un flic pas très futé assorti d’un journaliste qui se tapera assez rapidement l’héroïne -, avant que le légiste ne révèle qu’une cause inconnue a grillé l’hypothalamus du nourrisson.
L’action se passe à Renaissance Village, un ensemble résidentiel taillé sur mesure pour des cadres de Washington, sur les terrains d’un fermier dont l’enfant unique, atteinte d’autisme, ne s’exprime qu’en poussant des cris – par contre, elle ne grogne pas, ce qui m’a beaucoup déçue… Le Dr Sarah Marks, l’une des résidente du nouveau village, mènera l’enquête tout en fricotant avec le journaliste – mais en fricotant avec prudence, les orgasmes involontaires et douloureux qui l’assaillent tendant à démontrer que quelqu’un en veut aussi à son hypothalamus. Serait-ce Cindy, la jeune autiste toujours dans les parages des meurtres ?…
L’enfant qui grognait est plutôt agréable à lire durant les 200 premières pages mais le virage malheureux des cinquante dernières (attention : spoiler) faisant intervenir le dieu Bel et des extra-terrestres agressifs fait nettement retomber la mayonnaise et c’est lecteur en fin de compte très perplexe qui referme l’ouvrage.
Extrait du chapitre 2
« Amy dormait paisiblement. Elle ne connaissait de la vie que quelques sensations simples. Le plaisir et la chaleur d’un câlin, les heures tranquilles du sommeil. On la nourrissait, on la changeait et on l’allongeait doucement dans son lit. Au delà de son berceau, le monde constituait un royaume inconnu perdu dans le brouillard. Elle ne connaissait que le contact et l’odeur d’une femme, une seule.
Amy se réveilla brusquement. Ses yeux bleus ne savaient pas encore regarder et elle ne vit pas la silhouette cachée dans l’ombre, ne comprit pas ce qui la menaçait. Elle ne sentait qu’une étrange présence, et comme cela lui faisait peur, elle se mit immédiatement à pleurer. Mais sa voix fut étouffée et elle perdit conscience. Elle suffoquait. Une dernière secousse agita son petit corps qui se raidit contre le molleton du berceau. Une petite bulle de sang éclata dans sa narine et sa courte vie prit fin dans un instant d’incompréhensible souffrance. La douleur frappa comme une décharge électrique, et détruisit son cerveau.
Ses paupières se soulevèrent, comme celles d’une poupée, d’un simple jouet d’enfant. Peggy la trouva sur le côté, appuyée contre le bord du berceau, les yeux grands ouverts, le visage marqué par une mort violente. »
Quatrième de couverture
Prends garde à Bel.
Son œil est dans le soleil.
Renaissance Village, le nouvel ensemble résidentiel où les jeunes cadres de Washington retrouvent chaque soir l’air pur et leurs calmes demeures.
Seule fausse note : Cindy, la fille d’un fermier voisin, qui erre par les rues ou se tapit dans les jardins. Jolie, oui, mais fermée et sourde à tout, et qui, à douze ans, n’émet que quelques cris rauques et sauvages. Atteinte d’autisme, pense le Dr Sara Marks. Les autres résidents, eux, s’inquiètent, ont peur, et bientôt …
La petite Amy, un mois, est retrouvée morte dans son berceau, comme foudroyée. Un autre meurtre d’enfant a lieu peu après : même attaque éclair et sans traces. A chaque fois, Sara découvre que Cindy rôdait non loin.
Le mystère demeure total et la panique gagne Renaissance Village …

Titre original : The Searing, John Coyne, 1980. Traduction française par Marie Hélène Dumas : L’enfant qui grognait, John Coyne, 1986 (J’ai Lu 2121). Illustration de couverture par Francis Phillips.











