Exposition permanente – Musée Gustave Moreau
J’ai eu la chance – merci à Fanny, de visiter en 2005, le Musée Gustave Moreau à Paris. Contrairement à nos craintes, il était quasiment vide. Constat déplorable si l’on considère que pendant ce temps des touristes faisaient trois heures de queue pour photographier la Joconde avec leur portable, mais la solitude dans un musée est un luxe sur lequel il serait stupide de cracher.
Le musée Moreau présente près de mille tableaux, esquisses, dessins, crayonnages, explique le dépliant, et c’est vrai qu’en entrant là-dedans on a un peu l’impression que tout ça va vous dégringoler sur la tête; les images se côtoient à la limite du chevauchement, dans les recoins, derrière les escaliers, en haut, en bas, dans des boîtes… Précisément, le musée est sur trois étages, le premier offre un aperçu des appartements. Les deux autres sont tapissés de peintures. Si vous voulez tout voir, apprêtez-vous par conséquent à faire une chasse aux œufs de Pâques.
Un vertige plus loin, on commence à prendre ses repères, on grimpe le colimaçon qui mène tout là-haut et on s’efforce regarder les toiles qui jalonnent l’ascension sans avoir les yeux qui croisent.
Jusque-là, je ne connaissais ce père du symbolisme que par l’intermédiaire de reproductions dans des ouvrages d’art, je me trimbalais donc mentalement ce qu’on raconte communément sur lui : son goût des belles Salomé – pour ne pas écrire autre chose qui commence tout pareil -, son sens du détail, les ors et toute la quincaillerie, des frous-frous, du luxe, bref de l’art déco.
En réalité, ses peintures ne ressemblent pas du tout à l’image qu’on peut s’en faire. Seul tableau qui fasse coller Moreau à l’idée qu’on a de Moreau : Jupiter et Sémélé. Quant au reste, la diversité des styles et des techniques l’emporte sur les a priori, du pur classicisme à des compositions quasiment abstraites, en passant par des tableaux que ne renierait pas un impressionniste.
Un dernier conseil : faites gaffe au colimaçon, il est fourbe.
Melmothia, 2005

