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10 mars 2007 – 11 h 24 min | 2 Commentaires

En 1728 un philosophe du nom de Ranft rédige un ouvrage intitulé De masticatione mortuorum in tumulis pour répondre à cette question fondamentale : les morts mâchent-ils en faisant du bruit avec la bouche, et si oui, faut-il s’en inquiéter ? Voilà pour la grande interrogation de notre philosophe. En ce qui me concerne, ce serait plutôt « pourquoi les chaussettes vont toujours par trois ? »…

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The rime of the ancient mariner

Déposé par dans 11 février 2007 – 10 h 13 minPas de commentaire

mariner_shotEn l’an de grâce 1985, une boulette de papier jaillit du fond de la classe pour se loger entre les omoplates de mon professeur de français. Le vieux sage acariâtre fit volte face et fustigea le coupable idéal, autrement dit le métaleux de service, en lui demandant s’il voulait dispenser le cours à sa place. Pour riposter, j’aurais aimé avoir sur moi une photo de Steve Harris pour la lui agiter sous le nez en hurlant « Ça c’est un vrai prof ! ». Au travers de ses adaptations historiques, mythologiques ou littéraires, le bassiste d’Iron Maiden, a éveillé en moi, une soif inextinguible de curiosité qui m’a souvent incité à aller plus loin que le texte pour approfondir les thèmes abordés dans le répertoire du groupe. «The Rime of the Ancient Mariner» compte parmi ces morceaux qui invitent les amateurs à un embarquement immédiat pour une croisière infernale.

« Vous qui alliez passer sans me voir, posez votre noble ô céant sur les hauts bancs et écoutez la complainte du vieux marin. Du bois vermoulu surgira le loup de mer qui sans vergogne, plumera l’albatross de Baudelaire. Dans son arrogance, il oubliera l’adage «tempête au port, tanche chie en mer » pour laisser les vents intestins le porter vers l’est au mat. Honni sera le calme blanc qui sur les flots succèdera au tourment. En statues de sel il muera l’équipage pour couler le vaisseau croupissant au creux de cette page. »

Rassurez-vous, le texte original que l’on doit à Samuel Taylor Coleridge (1772-1834) est de bien meilleure facture que la parodie à laquelle je viens de me livrer. Le poète qui au demeurant ne mit jamais les pieds sur un bateau nous fait le récit de l’étrange rencontre entre les occupants d’un navire et le surpranaturel. Quittant le port au plus fort de la tempête et mettant le cap au sud en direction de l’antarctique, l’équipage voit soudain surgir un albatross devant la proue. L’oiseau majestueux les guide au travers d’un dédale de glace et tous reconnaissent en lui les augures d’une bénédiction divine. Tous, sauf le capitaine qui, pour une raison qui échappe au lecteur, dégaine son arbalette plus vite que l’ombre de Guillaume Tell pour occire le volatile inspiré.

Ce crime contre nature déclenchera la colère des esprits de la mer qui dès lors, ne cesseront de s’acharner contre le navire. Les vents qui jusqu’à cet instant l’avaient préservé du brouillard surplombant un champ de glace le poussèrent alors dans des eaux trop tranquilles pour être honnêtes.

Day after day, day after day,

We stuck, nor breath nor motion ;

As idle as a painted ship

Upon a painted ocean.

Water, water, everywhere,

And all the boards did shrink ;

Water, water, everywhere,

Nor any drop to drink.

La soif, la faim et la chaleur plombèrent l’atmosphère à bord et incitèrent ses occupants à se mutiner contre le capitaine. Pour implorer la grâce de Neptune, l’équipage attacha l’oiseau mort en guise de cravate autour du cou de celui qui faisait figure de Jonah. C’est alors que le navire croisa la route d’un vaisseau fantôme barré par une morte-vivante et un squelette. Une partie de dés s’engage entre ces deux protagonistes dont l’enjeu est le sort de l’équipage. La mort remporte le pactole à l’exception de la vie du capitaine qui, dans la peau d’un zombie, endurera des tourments plus cruels que le trépas. Un à un, il voit ses compagnons succomber et durant sept jours et sept nuits, il sera épié par les yeux des cadavres qui ne cesseront de l’accabler pour sa faute. Dans sa pénitence, il distingue dans les flots des créatures aquatiques dont il implore le pardon en leur prêtant un caractère divin. Dans leur miséricorde, elles investissent les défunts qui ressuscités regagnent le port, abandonnant derrière eux le capitaine. En expiation de ses péchés, il devra errer sur la terre pour raconter éternellement son histoire et inciter les imprudents au respect de la mer.

L’intégralité du poème qui a sombré dans le domaine public se trouve à cette latitude : ICI.

Et voici quelques unes des très belles illustrations de Gustave doré, extraites du site Artsy Craftsy sur lequel vous pouvez retrouver les 38 planches :

(à compléter)

Endemoniada, 2006.

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